Monsieur Guillaume

Financement participatif : Il y en a quelques kilos en trop, j'vous les laisse ?

Financement participatif : Il y en a quelques kilos en trop, j'vous les laisse ?

Il n'aura finalement pas fallu si longtemps que ça pour que le financement participatif passe du stade larvaire à celui d'imago bicéphale, légèrement monstrueux... et protéiforme... continuant d'étonner, dévoreur d'argent à l'appétit aussi grand que la production de kilos-plastique qu'il dégueule dans les ludothèques des joueurs. Et regarder cette entité "se développer" conduit à des observations surprenantes, certainement logiques, peut-être même triviales, mais rendant la mise en pratique un brin schizophrénique.

► Un premier débat sur le lien KS / Boutique datant déjà de plus d'un an

(et riche à ce titre pour voir ce qui a déjà évolué)

► un papotache sur le KS vu de l'autre côté du miroir

 

Démarrage rapide !

Petit tour d'horizon, et pour en avoir déjà débattu un certain nombre de fois y compris en TTTV, du financement participatif, qui ouvre un spectre très large à analyser pour qui s'y intéresse :

- Des moyens financiers pré-campagne : Ici on part du "petit" projet sorti de nulle part et n'ayant pas d'autre moyen de voir le jour, pour des raisons diverses et variées qui mériteraient également qu'on s'y arrête, maladroit parfois dans sa forme et sa manière de communiquer. Quoi qu'il en soit, un projet "artisanal" au mieux, seul ou à deux ou trois potes, souvent passionné et parfois complètement lunaire. A l'autre bout du spectre, la bonne "grosse" campagne publicitaire d'un projet parfaitement huilé et marketé, top communication 42.0, dont la production est parfois quasiment déjà payée (par des campagnes précédentes même), qui permet de zapper plusieurs intermédiaires à la fois pour rentabiliser financièrement le process tout autant que pour proposer un projet démesuré autrement, géré par une équipe constituée et expérimentée. Attention, tout ceci ne présumant en rien ni de la qualité ludique intrinsèque du projet présenté ni des intentions réelles des porteurs de projet.

 

Tric Trac

- La gestion temporelle : Dans tout ce spectre, s'ajoute la stratégie temporelle, avec des changements de paradigmes induits par la maîtrise des moyens de communications et les préparations en amont de la campagne (cf premier point). Des campagnes courtes, pour gérer voir zapper le ventre creux après l'excitation du départ et celle de la fin, prévue pour être en apothéose, en même temps que renforcer l'aspect du "je ne peux pas rater ça" pour décider les acheteurs potentiels (ou les gogos, tout dépend donc du projet et du point de vue). Ou bien des campagnes plus longues pour permettre de bien activer tous les réseaux sociaux, lancer le bouche-à-oreille lorsque ça n'a pas déjà été fait pendant les semaines, mois, années précédents par des ambassadeurs, passionnés qui croient aux jeux et rêvent d'un all-in.

De plus, comme dans le BTP, l'usage veut qu'il y ait un planning prévisionnel et que ce dernier soit une moyenne entre ce que le client peut entendre et ce qui va réellement (imprévisible en totalité par essence) se passer. Ce n'est pas un problème, c'est un fait : on ne peut prédire l'avenir, mais comme la vérité n'est pas vendeuse, il faut temporiser (gestion temporelle, c'est bien ça) et ajouter 1D10 mois, si pas plus à la date de livraison. Bien sûr, le délai de livraison estimé et le retard final contribueront à "l'image de marque" du porteur de projet, si importante, et qui les colle, à la gorge parfois, ensuite.

 

Tric Trac

- Consommation et désintermédiation : Ajoutons-y la gestion du matériel. L'aspect "campagne" où l'on découvre des dizaines d'add-ons et de strechgoals (paliers) à atteindre, exclusifs ou non. Avec du Early Bird pour remercier ceux qui permettent de lancer la campagne mais sans trop d'exclusivité pour ne pas perdre ceux qui ont raté le départ et qui ne "pledgeront pas puisqu'ils n'ont pas tout" ; Un palier de financementqui va du réel à l'artificiel parfois savamment calculé pour pouvoir annoncer "fondé en 32 secondes" (miroir, mon beau miroir...), des frais de port sur lesquels on s'arrache, entre les réels mais dissuasifs jusqu'aux frais de port dont le poids financier est réparti ailleurs alors qu'il est bien réel... ce qui donne des mauvaises habitudes aux "consom'acteurs" qui n'actent plus rien quand à la réaliste du rapport poids/volumes/ prix de la logistique. Du seul niveau de pledge mais avec possibilité de faire son marché avec les add-ons remplaçant les trente-six niveaux différents impossible à s'y retrouver sans compter la logistique derrière pour bien dispatcher tout ça... et aussi, du chrome !! Du chrome dans tout ça pour renforcer l'aspect du "maintenant ou jamais" mâtiné d'un peu de "vous serez très spécial avec cet objet unique partagé par 8273 autres acheteurs" en saupoudrant d'un brin de "si j'en prends deux, ça pourrait me payer mon all-in ensuite sur le marché noir", qui permettront dans le meilleur des cas de faire 478 parties dont une avec chacun des éléments. Enfin, la prise en compte ou pas des boutiques, à un moment M ou M+1, du "late pledge" (continuer de pouvoir "pré-commander" le jeu en dehors du moment de la campagne) parfois aussi long que la campagne elle-même mais qui peut donner des résultats impressionnants (Joan of Arc dernièrement)... Bref, nous parlons bien malgré tout d'un "objet" à vendre.

 

Tric TracKingdom Death : Monster 1.5 et ses incroyables 12,4 millions de $, livrable jusqu'en 2020

 

- Le show et la communication que nous pourrions renommer "la gestion des acheteurs" : Entre curieux ou passionnés, consom'acteurs (cette fois au sens noble) ou consuméristes, des dénicheurs de bonnes affaires sur le futur marché noir aux clients-rois qui demandent à être flattés (voir léchés) parce qu'ils ont lâcher 300 boules en passant par ceux qui, parce qu'ils ont mis de l'argent en jeu, exigent d'avoir le droit de devenir game designers, directeurs artistiques, voir éditeurs ; des supers-pledgeurs aux faire-valoir en passant par les experts, auto-proclamés ou reconnus ; des fanboys plein d'affections aux haters débordants de bile amère et qui ne lâcheront pas le morceau qu'ils tiennent entre les crocs, tous chevaliers blancs défendant une noble et divine cause... que voilà un agrégat bien chaotique, sorte de soupe primitive difficile à gérer pour ne pas que ça attache au fond de la marmite. Cela demande, pour le community manager comme pour l'ensemble des concernés, un exercice périlleux d'équilibriste, tout autant qu'énergivore pour bien surveiller partout, répondre vite mais pas "trop vite", éviter les "bad buzzs" et autres "shitstorms" sachant que les erreurs ne se pardonneront pas facilement et que l'oubli numérique n'est pas au programme. Bref, il vaut parfois mieux communiquer pour ne rien dire mais communiquer pour rassurer, à la poursuite d'une transparence exigée par une relation sans confiance avec des pledgeurs qui, sans ça, crient facilement au complot et autres "ils se sont fait des fouilles en or et maintenant, ils sont sur leurs yachts, c'est sûr"... marqué en cela par quelques affaires qui suffisent à l'indécrottable "il n'y a pas du fumée sans feu".

 

Tric TracIl n'y a pas, les pledgeurs de jeux de sociétés craquent bien...

 

Bref, tout ceci amène "la campagne de financement participatif" à être à la fois un moyen de faire exister le jeu de ses rêves tout autant qu'une "simple" pré-commande pour faire gagner de quoi vivre, et éventuellement plus, à une entreprise (qui, dans notre société capitaliste) est faite pour ça en partie. C'est donc une opportunité économique, communicationnelle et publicitaire, tout autant qu'un show en elle-même, une sorte de long dîner spectacle qu'on paye (sans oublier ceux qui resquillent un peu, debout derrière la palissade) pour suivre.

Et le jeu en lui-même, me direz-vous, n'en devient-il pas un peu anecdotique ? Certainement un peu vu les boites qui sont proposées à la vente, même pas ouvertes, dés leur réception, ce qui peut se comprendre vu qu'au moment de la réception, le spectacle est finalement terminé et le joueur est passé à autre chose. Cependant, au vu des réactions sur ce qui est reçu et joué, il apparaît qu'il y a de tout : de "la très bonne surprise" à du "réservé à une cible très restreinte" (oui, nulle réalité au "jeu de merde" puisque ce sont les joueurs qui font le jeu à la fin... à moins que vous ne souhaitiez parler de "joueurs de la même matière" ?) avec, de façon notable en première instance, une plus grande proportion que dans l'édition classique de jeux manquant, et parfois cruellement, de développements et de playtests aboutis... et encore, même là, ça convient parfaitement à certains joueurs et moins à d'autres... Bref, la vie quoi ! 

 

Tric Trac

Bon, alors, je fais quoi, moi, maintenant ?

Pourtant ces derniers mois montrent, par un certain nombre de campagnes qui n'aboutissent pas comme par des campagnes qui sont financées, sans l'être autant qu'attendues réellement, tout en restant des succès n'en déplaisent aux analystes rageux qui "savent parfaitement de quoi ils parlent tout en étant pas de l'intérieur" que ce nouveau secteur de ventes, même réfléchis et analysés, ne se laisse pas dompter facilement. Rien n'est écrit d'avance et le nombre de pledgeurs et de joueurs sur les plateformes participatives, bien que très porteurs dans le secteur jeux de société, est un cheval certainement fougueux, si ce n'est fou tout court. Sans présumer des jeux eux-même, là encore, petit tour d'horizon des derniers projets francophones : Coup sur coup ou presque, Monumental chez FunforgePelegrinus chez Asyncron, Imaginarium chez Bombyx ou Immortal 8 chez SWAF ont annulé leur campagne... Puisque ces projets ne sont pas forcément à mettre au même niveau, il en va de même des raisons qui ont amené à leur annulation. Mais alors comment analyser tout ça ? Regarder les montants demandés ? Les frais de port ? La communication et ses canaux choisis ou ignorés ? Le rapport entre le poids des éléments du jeu et le prix ? Les personnes qui sont derrières et leur "image de marque" ? Un melting-pot de tout cela ? 

 

Tric Trac

Si Cat'astrophe réussit à réunir 30 000 euros autour des chats, pourquoi Fighter in Sight ne décolle pas (pour un jeu d'avion, c'est un comble) alors que le jeu est bon ? Dreamscape chez Sylex réunit près de 2200 contributeurs avec un très bon jeu de société plutôt réflexion et à l'allemande et Arenabots, chez Happy Games Factory, bien qu'avec des figurines autour d'un jeu plutôt familial, peine à convaincre ? Des belles surprises restent possibles comme Chronicles of Crimes qui rassemble plus de 9000 participants, en attendant de voir ce que proposeront comme défis les crimes à résoudre, ou OrcQuest WarPath et ses gros orcs badass en coopératif contre les humains, en attendant de voir si le système de crafting d'objets, de combos de cartes et d'IA des humains préservent la fluidité du jeu. Mais même, là encore, comment rationaliser un panier moyen entre OrcQuest avec 2267 contributeurs et plus de 330 000 € (panier moyen à 145€) et Neta-Tanka chez la Boite de Jeu avec 2788 contributeurs pour 158 914 € (panier moyen à 57 €) ? Parce qu'il y a du kiloplastiques et plein d'extensions en plus dans l'un et pas dans l'autre ? Est-ce à dire automatiquement que le temps de travail de l'autre vaut moins que celui du premier ? Et Shuky de chez Makaka Editions expliquait que sans la campagne de financement sur Ulule pour le troisième et dernier tome de Hold-Up, l'édition classique était inenvisageable par ailleurs... mais alors que faire ? Que faire ne serait-ce que pour atteindre les fatidiques 30% qui rassure d'autres pledgeurs qui ne souhaitent pas trop se mouiller... Mystère...

 

Et si les gros projets sont encore possibles comme les 4,5 millions de $ de Batman : Gotham City Chronicles chez Monolith ou leurs 10 000 contributeurs sur la version 1.5 de Mythic Battles : Panthéon sans oublier l'actuel campagne Solomon Kane chez Mythic Games, on peut, pour l'heure, conclure que l'assertion introductive est finalement fausse : le stade de la chrysalide n'est peut-être pas encore franchi et ce n'est qu'un point d'étape. Et à la rédaction, nous continuons donc de nous interroger sur l'attitude à avoir, sur les informations à vous transmettre et sur les réponses à donner aux sollicitations de plus en plus nombreuses pour nous pousser vers une plus grande place d'influenceur dans un domaine où la vitrine, l'apparence et la communication rapide, virale, "irréflexive" et "achat compulsif" à la limite, prennent une importance gonflée et changent les lignes des relations. Rendez-vous donc au prochain épisode ! Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir écrit cette quasi-logorrhée ? Simplement par envie de jalonner cette évolution et continuer la réflexion basée sur l'échange, tiens... ça aussi, c'est du jeu, et c'est passionnant !

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Commentaires (60)

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alloleo
alloleo
Pour Fighter in Sight ce n’est pas compliqué ! Il n’y a pas de communication ! Le jeu est bon mais personne n’en parle. Aucune info de l’editeur en dehors du KS, pas de review, aucune comm... même la page KS ne donne pas envie avec toutes ces couleurs vives, alors que les illustrations sont pourtant réussies. Je pense qu’il faut arrêter de croire que la communication d’un projet se limite à une Tric Trac TV et le tour est joué !
Larchipel
Larchipel
Il y a peut-être un autre aspect des KS à creusé : le fait que durant une campagne KS, "on" achètent ensemble, en groupe. L'acte d'acheter n'est plus un acte solitaire mais un acte communautaire, ce qui dans une société individualiste n'est pas rien. Je me trompe peut-être mais j'ai parfois l'impression que ce phénomène de groupe est presque plus important que l'objet qui au départ le réuni... cela peux paraître curieux mais cela pourrait aussi expliquer pourquoi parfois, un an après l'acte d'achat, une fois l'objet enfin reçu certains finissent par le vendre sans même avoir enlever le cellophane... (il y a sûrement bien d'autres raisons).

Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que pour certains la temps de la campagne reste le moment le plus important et le plus plaisant car il réuni, il rapproche, il forme une famille... paradoxalement, car combien de gens réclament, quelque soit le jeu, un mode solo ou disent attendre que leurs enfants grandissent pour jouer avec eux !? Arriver là j'éprouve presque un malaise sur ce que cela implique de solitude sous-jacente...

Je vais trop loin, je m'arrête.
Monsieur Guillaume
Oui, cet aspect pourrait sociologiquement être intéressant et je pense qu'il rejoint l'aspect "spectacle", comme lors d'un concert, où on se sent comme "en communion" avec d'autres qui partagent à la fois ce moment et cette passion. (Merci à Yored pour le terme ;) )
fred henry760
fred henry760
Larchipel. C est fou mais je ne m etais jamais posé la question comme ça. Tu as indubitablement raison dans ton questionnement sur la dimension collective.
Sir Derf
Sir Derf
Je retiens une phrase de cet article :
"de façon notable en première instance, une plus grande proportion que dans l'édition classique de jeux manquant, et parfois cruellement, de développements et de playtests aboutis..."
De toutes mes expériences kickstart, c'est ce qui fait selon moi la différence entre le circuit traditionnel et le circuit kickstart. Il en faut certes pour tous les goûts mais je trouve personnellement regrettable que le cœur du jeu (l'équilibre et l'imbrication de ses mécanismes) soit maltraité par ce mode de financement.
Larchipel
Larchipel
Merci pour ce joli texte.

Ne nous est-il jamais arrivé d'acheter un livre pour sa couverture, un album pour une seule chanson ? Il en va de cette nouvelle forme de consommation comme du reste : on y projette un peu de nous même.
ThomasOMaley
ThomasOMaley
toi tu fais de la socio! gg!
jmguiche
jmguiche
Je suis étonné par l’engouement autour de certain KS.
Somme toutes, c’est seulement une précommande. Un circuit de diffusion un peu spécial.
Il y a pourtant une excitation parfois énorme pour des jeux dont on ne connaît rien ou presque.
Il y a clairement des enjeux de la part des pledgers qui me dépassent un peu.
Antoinette
Antoinette
Bel article reprenant un peu ma pensée sur KS. C'est beau, bien fait et alléchant... top alléchant ?
Maintenant je pars du principe que si le jeu est bon, voire très bon, avec un bon rapport qualité/prix il y a de fortes changes pour qu'il sorte tôt ou tard sur le marché plus classique.
saroumanjs
saroumanjs
le cynisme de la plume acerbe de M. Guillaume questionne quand même sur son positionnement sur le sujet (malgré un rattrapage tonal en fin d'article), qui l'a obligé à écrire cet article :D? L'étrangeté est de voir un M. Phal plus neutre sur le sujet (de ce que j'ai vu) et un M. Guillaume, pourtant moins râleur en video, aussi acide à l'écrit! Et je précise n'avoir participé qu'à 2 campagnes KS (7th continent, précautionneusement évité dans l'article? et Batman by Fred Henry)
Monsieur Phal
Monsieur Phal
Cher Monsieur saroumanjs,

C'est à dire ? Complot ? Manipulation ? Vente d'âme au diable ? Vous avez une position sur nos mobiles ? Nos motivations ? Nous avons une carte de membre des illuminati peut-être ? :o) Je peux jouer aussi ? Ce qui pose question c'est de savoir qui vous êtes, en effet, on ne connait même pas votre visage, on ne sait pas d'où vous venez, pour qui vous travaillez... :o)
saroumanjs
saroumanjs
//^^ On dirait un comm d'un copier collé du tableau excel spécial "réponse des commentaires pour "complotiste" "critiqueur facile" ou autre troll. Faudra laisser le fichier après votre départ//
Ahlala, ça y est je me suis fait remarqué, crotte.Relisez mon commentaire, il s'agit de l'avis de l'auteur, pas de Tric trac, remarquez aussi le ":D" qui tente une relaxe du commentaire, ou du moins indique une imitation des complotistes insupportables. Sur le sujet je ne vois pas en quoi mes infos perso, (surtout ma tête :p, mais si ça peut aider je peux vous envoyer un selfie en MP) changeraient qqchose dans la mesure où je ne me situe pas dans un des deux"camp" (pro ou anti KS). Ce que je voulais dire, maladroitement vu la belle tape sur les doigts, c'est que, malgré le peu d'expérience sur KS, je me suis senti un peu gêné (tel une prude fillette) de lire ici (où pourtant la pub sur pour les campagnes KS est assez présente) des termes un poil dégradant pour les jeux comme pour les pledgeurs. Je suis trop sensible, c'est pas la bonne lune. Au fait il doit manquer un bout de phrase sous le graphe n°3, certainement "il n'y a pas -à dire-. Merci pour le reste des infos M. Guillaume, on en oublie de dire le positif.
Monsieur Guillaume
:D Je suis sûr qu'il y avait de l'humour dans ce commentaire (d'ailleurs j'ai bien remarqué le ":D" avant la question). En l'occurence, "acerbe" est je l'espère, un peu fort car je ne cherchais nullement à blesser avec méchanceté. Cynique est peut-être un peu vrai... mais il faut avouer que le comportement chez certains acheteurs/clients/pledgeurs/experts, ou certains agissements des vendeurs/éditeurs pour vendre encore plus, les uns et les autres prêts à tous pour "gratter un peu plus", est "provoquant"... et ne visant personnes en particulier, y compris ceux qui pourraient se sentir visés mais là, je ne peux pas les empêcher dans leur tête de se sentir visés mais visant des tendances :D
Sinon, c'est vraiment le fruit d'une observation et analyse personnelle depuis un moment et qui, suite à plusieurs demandes de "communications" de la rédaction autour de campagnes KS pour des mises en avant, m'amènent à faire état de ces questionnements :) Et le fait que des campagnes prennent de la publicité ici, ou font des TTTV ne me dérangent pas au sens où ces éléments promotionnels et "communicationnels" sont classiques et laissés à la réflexion et analyse des "regardants". Alors qu'un article écrit de la rédaction est engageant par rapport à la qualité du produit vendu... et dans une campagne KS, à moins d'avoir tous les tenants et les aboutissants, comment le savoir ? Comment savoir à l'avance comment va réagir la foule ? Il y a donc des enjeux qui me semblaient mérités d'être réfléchis. C'est tout aussi simple que ça, en fait, je crois :)
Monsieur Phal
Monsieur Phal
Cher Monsieur,

Regretter de se faire remarquer en postant un message comme le votre est assez intéressant je trouve :o) Quel était l'intérêt de votre message si ce n'est que quelqu'un le remarque ? :o) Quand à ma réponse, Monsieur Guillaume est Tric Trac, tout autant que moi, Monsieur Germain, le Docteur Mops... Et du coup, je me sens concerné. Ensuite, remarquer mon :o) à la fin qui est le signe d'une réponse amusé de ma part. Du coup, vos signes sont les miens et vous devriez les comprendre. Non ? Ce qui est amusant, c'est qu'en n'étant pas concerné vous vous sentez dégradé alors que beaucoup, certainement plus concernés que vous ne l'avouez, ne se sont pas senti dégradés, eux :o) Bref, nous avons un article ici qui donne un point de vu personnel (alors qu'on nous reproche souvent d'être neutre) et bim on se prend une remarque avec des parenthèses :o)
saroumanjs
saroumanjs
Merci pour votre réponse M. Guillaume, cela précise finement votre propos, oui acerbe a été utilisé un peu trop "à chaud" je l'avoue, mais plus que 2-3 cynismes, peut être que des exemples éclairés et chiffré? (d'abus, de dérapages, etc) auraient parlé d'eux mêmes. Je pense qu'une neutralité rédactionnelle minutieuse sur ce sujet déjà clivant dans la communauté de joueurs est de mise pour vous, acteur du milieu dans sa globalité, mais cela n'engage que moi.

M. Phal, tel que je comprend, sauf erreur, à ma connaissance :o) signifie "étonné", expression smilesque pas vraiment décontractante ou ironique pour le propos associé (d'autant moins si j'imagine votre haussement de sourcils) mais je n'y ai pas vraiment fait attention je l'avoue, surtout de la part d'un modérateur bien connu au panthéon Tric Trac pour son plaisir à projeter ses tirades acides et malicieuses (pour notre plus grand plaisir), l'usage pour vous de smiley paraît entièrement anecdotique.
Le "crotte" n'indiquait nullement un regret mais bien une envie pressante hors propos, non je déconne, il s'agissait de regretter de s’être fait remarqué par vous même, de peur de subir un tir de traits d'esprits bien trop tatillons pour mon niveau de comm et ça n'a pas loupé.

D'un constat interrogateur vous m'avez invité à me justifier, ceci fait vous trouvez que je ne devrais pas être concerné, mon questionnement n'aurait donc pas lieu d'être? Déborderais-je d'empathie pour les completistes (attention une lettre de changée et ça change tout) fortunés faux joueurs américains? Chacun sa sensibilité, chacun son envie à prendre le temps -et les mots- (oui un "-" peut remplacer une parenthèse- de poster un commentaire, mais pour ma part j'ai pris la parole car je vois bien qu'un mini-conflit (lu et vécu), d'habitudes, générationnel, d'affinités d'usage du web a lieu avec cet achat incompris par certains, d'un an à l'avance, pour des prix parfois élevés, en lieu et place d'un achat "normal en boutique", "ubérisant" le jeu de société, de boîtes de jeux plus ou moins lourdes. D'où mon questionnement et mon étonnement :o) sur ce qu'en pense personnellement M. Guillaume, mais les choses sont désormais éclaircies. Je ne vous reproche(rai) pas d'être neutre, au contraire, c'est ce qui fait la force de Tric Trac (que vaut l'avis sur un jeu s'il n'est pas neutre?), que vous vous positionnez vis à vis du milieu pourquoi pas, mais l’ambiguïté cynique ou ironique est souvent gênante à l'écrit.
Sinon, vous modérez donc un article de point de vu personnel qui n'est pas votre article, mais il n'est pas si personnel puisque vous vous sentez concerné, c'est juste pour remarquer le flou entre auteur, modérateur, entité. Bref, sans aucune animosité, même si ça a été un honneur de jouteverser avec vous ici, le fait est que la réponse de M. Guillaume est satisfaisante, la vôtre... n'a pas répondu à mon questionnement :D. Vous faites des sur-politesses, moi des parenthèses car j'ai le sentiment de pouvoir préciser plus de choses plus rapidement qu'avec une rédaction sans parenthèses mais en fait non, je pourrait mettre plus de virgules, mais j'en met déjà assez, donc c'est pour varier, chacun son style ;).
Eolindel
Eolindel
C'est toujours facile de son canapé en ayant rien risqué. Mais de mon point de vue, j'ai l'impression que le marché du jeu de société est quand même arrivé à un stade où les jeux réellement disruptifs vont être de plus en plus rares (de ce que j'ai vu : unlock/7th continent, time stories, pandemic legacy et encore, aucun de ces jeux n'invente réellement, c'est plutôt qu'ils mettent sur le devant de la scène un concept déjà existant en le magnifiant en terme de production/concept)

Du coup, les succès ont l'air de correspondre à des personnes ayant réussi à faire une combinaison intéressante pour déclencher le coup de cœur et de plus en plus, des entreprises qui capitalisent sur leur image de marque avec plusieurs campagnes irréprochable avant. Et comme le rythme de production ne ralentit pas, réussir à trouver les angles morts capable d'attirer beaucoup de monde est de plus en plus difficile (il y a eu uboot peut être ces derniers temps). Bref, je pense que c'est de plus en plus dur pour des porteurs de projets. Surtout avec le public KS qui est extrêmement exigeant/râleur/insatisfait permanent. J'avoue que j'ai fait partie de cette tribu agressive mais que je suis maintenant beaucoup plus zen sur tous ces aspects. Je lis beaucoup à droite à gauche, mais j'essaye surtout de poster des messages d'encouragements. Mais par exemple, de plus en plus d'éditeurs doivent réussir à présenter leur futur KS partout dans le monde via des ambassadeurs ou une grosse présence sur les festivals, pour un petit porteur, c'est vraiment compliqué.

Il y a toujours des jeux qui sortent qui me font envie, aussi bien en boutique que sur KS, mais des jeux qui correspondent à des jeux novateurs ou correspondants à des choses inexistantes dans ma ludothèque, il n'y en a pas tant que ça. Sur mes derniers pledge, j'ai avant tout fait parler mon côté complétiste (extensions 7th continent, màj de mythic battle, j'attends la prochaine campagne Conan) ou mon envie de soutenir des entreprises ayant une image de marque suffisamment bonne pour que je veuille les soutenir en sachant que j'aurais un bon jeu au final (la boîte de jeu/neta-tanka).

Je rejoins beaucoup de monde en disant que maintenant, la place sur mes étagères n'a jamais été aussi chère. Ma femme râle à chaque nouvel achat et j'en suis maintenant à compacter deux ou trois jeux par boîte (c'est maintenant systématique que je râle sur le volume des jeux en voyant que je peux en faire tenir plein dans un volume beaucoup plus restreint -- même si c'est un débat marketing vs praticité inutile car les deux sont incompatible, deep sea adventure étant une trop rare exception). Et la dessus, KS n'est pas forcément mieux vu que mon all-in Conan tient dans l'équivalent de trois boîtes de base au lieu d'un volume astronomique si tout était encore dans ses boîtes respectives. Quand je vois les photos de all-in qui vont jusqu'au plafond, je me demande de plus en plus l'intérêt surtout quand les trois quarts correspondent à du vide, pour des jeux qui ne seront jamais commercialisés en boutique donc sans intérêt marketing évident sur le packaging.

Les kiloplastics sont bien mais ce sont les jeux que je sors le moins pour l'instant. Après un mythic battle, un all-in conan et un kingdom death monster où j'ai encore ouatmille boîtes qui vont arriver, je vois les nouveaux KS sortir en me disant que oui, c'est joli, mais ça prendra beaucoup de place sur les étagères alors qu'en ce moment, je ne peux pas jouer à tout vu que mes fils sont encore trop petits. Du coup, je me tourne vers du deep sea adventure, du topiary, du quarto mini, ça vide moins mon portefeuille et je prends quand même du plaisir de jeu avec eux sur des jeux éprouvés. Tout comme un bon petit Deus a une solide réputation et devrait sortir plus facilement de par chez moi, le risque en moins, l'immédiateté du produit et la qualité du produit certifiée en plus.

Il y a juste gloomhaven où je me pose des questions mais je ne l'avait pas pris à l'époque estimant qu'il faisait doublon avec KDM en tant que jeu à campagne. J'ai acheté les règles en VF pour soutenir le projet de trad et me laisser l'opportunité de craquer. ET il y a Kitchen rush qui me fait un peu de l'œil pour le côté coop sans alpha mais où les graphismes ne plaisent pas trop.

Avec le recul, plus je vois qu'il y a des pledges d'envie perso pour des gros jeux que je ne peux pas forcément facilement sortir alors que les jeux auquel je joue réellement sont plutôt du jeu boutique. Sur KS, pour l'instant, mon plus gros échec (inadéquation entre le jeu acheté et le nombre de parties, possibilités de le sortir, satisfaction de l'avoir) c'est Mare Nostrum et la plus grosse réussite c'est 7th continent talonné de 10' to kill. Avec Conan, Mythic battle et KDM entre deux (on jugera sur la durée).

Du kiloplastic, j'estime maintenant en avoir suffisamment et sur les petits jeux, les frais de port sont de plus en plus dissuasifs par rapport à une sortie boutique qui en plus de ça a une permanence de l'offre que KS ne peux pas avoir de par nature.

Pour avoir jeté un coup d'œil rapide à fighter in sight, je me dis que c'est un peu comme X-wing/wing of glory (alors que c'est peut être assez différent) et que je ne vois pas de raison de pledger maintenant pour un jeu qui a un équivalent plus ou moins proche plus permanent que je pourrais acheter le moment venu quand mes fils auront réellement l'âge de pouvoir jouer à ce genre de jeux, tout comme je ne pledge pas pour Solomon Kane qui ne me semble pas ultra innovant par rapport à un mélange Troyes/jeu narratif par exemple pour un volume de boîte énorme et le poids qui va avec, comme Batman qui faisait totalement doublon avec Conan, Claustrophobia qui est de l'améritrash asymétrique comme ce que je peux faire sur Conan, etc; Ça ne veut absolument pas dire que ce ne sont/ne seront pas de bons jeux, juste que je ne vois pas d'intérêt à franchir le pas maintenant. D'autant plus qu'on se dit que dans quelques années, il y aura encore plein de projets sur lesquels on pourra pledger qui ne seront pas moins bon que maintenant.
keerka
keerka
Voilà un sujet remarquablement bien synthétisé ! Bravo.
Sony
Sony
Très bon poste Mr Guillaume... Merci beaucoup !!

Pour moi, KS est une "nouveauté"qui a ces points positifs et négatifs. C'est un nouveau système qui (va) a une nouvelle place dans le monde ludique et il faudra faire avec.

Un des points négatifs souvent cité c'est la qualité des jeux. KS ne signifie pas forcement bon ou mauvais jeu. Cela dépends surtout du jeu en lui même. Il y a des bons ET des mauvais jeux en boutique aussi.

Le "problème" de KS pour moi ce sont les pledgers en eux-même (dont je fait parti ^^). Il faut pour moi différencier les pledgers et les joueurs. Tout les pledgers ne sont pas des joueurs. Du coup certains ne cherchent QUE les bonnes affaires, et ne font que gonfler des statistiques et des sommes de participation des projets. Ce qui m’intéresse, ce sont les règles de jeux, le matériel, le plaisir d'ouvrir la boîte et de jouer avec (que le jeu vienne d'une boutique ou d'un autre endroit). De plus, l'impression d'avoir fait une bonne affaire attire les gens:
-Valley des alchimistes sur KS--> jeu de base + extension 5e joueurs + 28 stretch goal + extension Ghost + frais de port = 68€
-Estimation de Valley des alchimistes sans KS --> jeu de base 45€ + extension Ghost 20€ =65€

Conclusion: Pour 3€ supplémentaires, on a le jeu (pas forcement si on ne participe pas au KS), plus de 25 stretch goal (qui apporte une réelle plus-value au jeu de mon point de vue) une extension supplémentaire et un accès anticipé. Je trouve que ça vaut le coup. (En tout cas pour cet exemple)
eldarh
eldarh
En complément de cet article, je suis tombé récemment sur la vidéo d'une conférence sur les "KS" que je me permet de partager

https://www.youtube.com/watch?v=ivkiy9XdtSQ