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test 18 soldats du feu

test 18 soldats du feu

L’alerte vient de retentir et déjà les soldats du feu glissent le long de la rampe. Au-dehors, les sirènes entonnent leurs chants lancinants tandis que les lumières du gyrophare tournoyant se reflètent sur la carrosserie rougeoyante des chariots des fiers combattants du feu. Les pompiers aux casques rutilants accourent et déjà les camions se gonflent de courage et de bravoure. L’appel a été entendu et bientôt la rue se remplira de rouge, celui des flammes et des pompiers salvateurs. Une petite intro en prose pour vous plonger au cœur de l’ambiance.


18 - Soldats du feu
Un jeu de Kevin Lanzing
Illustré par
Publié par Asmodee
2 à 6 joueurs
A partir de 10 ans
Langue de la règle: Française
Durée: 45 minutes
Prix: 40,00 €


Préambule :

Un jeu sur les pompiers ça vous dit quelque chose ? Eh bien c’est normal car 18 Soldats du feu (que j’appellerais par la suite 18 seulement, si vous le voulez bien), n’est autre que la version française du jeu kickstarté Flash Point : Fire Rescue, présenté au salon d‘Essen 2011. Les pompiers américains ont été remplacés ici par nos pompiers de Paris, un petit fascicule accompagne d’ailleurs le jeu pour vous présenter nos soldats du feu nationaux. Kevin Lanzing est l’auteur d’autres jeux comme Air Show ou Chimera Isle, disponibles à la vente sur internet. Quant à Indie Boards and Cards, l’éditeur original, on leur doit Triumvirate et le très connu Resistance.

Les règles :

Le jeu propose des règles familiales et un niveau plus avancé où il est possible de monter ou descendre la difficulté en ajoutant des éléments réalistes supplémentaires. Je vais vous expliquer succinctement les règles familiales et vous donnerais quelques exemples pour l’autre version, vous laissant ainsi le plaisir de les découvrir par vous-même.

Quel que soit le niveau choisi, le but du jeu est de réussir à sortir le plus de victimes possible de la bâtisse avant qu’elle ne s’écroule. Les joueurs incarnent des pompiers qui disposent de 4 actions par tour ; si une ou plusieurs actions ne sont pas jouées, elles peuvent être conservées pour le tour suivant (alors représentée par un petit pion vert que le joueur récupère). Dans les actions disponibles, on retrouve :

Se déplacer soit sur une case libre pour 1 PA, soit sur une case en feu pour 2PA, ou encore sur une case libre ou enfumée avec une victime pour 2PA ;
Ouvrir ou fermer une porte pour 1 PA ;
Éteindre le feu pour 2 PA ou bien retourner un marqueur feu sur la face fumée pour 1 PA, ou encore retirée un marqueur fumée pour 1PA ;
Détruire un mur pour 2PA (il faut 2 marqueurs de dégâts pour détruire un mur complètement, soit 4 PA au total). Attention cependant car cela fragilise l’édifice et prend dans votre réserve de cubes, qui si elle se retrouve vide mettra fin à la partie.

Le fait de retourner un pion victime ne compte aucun point, mais de fausses alertes se cachent également parmi eux.

Dans la version avancée les différents pompiers disposent de rôles différents : l’un sera plus apte à sauver les victimes, un autre à éteindre le feu, etc. Le nombre de PA disponibles peut également différer selon le personnage incarné.

Une fois ces 4 actions réalisées, le joueur doit faire progresser le feu. Pour cela (comme au début de la partie pour déterminer le départ des foyers), le joueur lance les deux dés afin de savoir où celui-ci se propage. Si la case est libre on pose simplement un marqueur de fumée, si la case possède déjà un marqueur fumée on le retourne sur le feu, si la fumée se retrouve à côté d’un marqueur feu on le retourne alors sur le feu, et le pire de tout : si vous tombez sur une case où un feu est déjà présent cela provoque une explosion (et pas une éclosion…). Dans ce cas c’est le début des ennuis car le feu va alors se propager : on place un marqueur sur chaque case adjacente (sauf en diagonale), si un mur se trouve à proximité on y place un cube de dégâts ou on retire la porte de celui-ci. Si des marqueurs fumée sont adjacents à ce feu on les retourne et, si c’est un feu, celui-ci continue de propager l’incendie jusqu’à la prochaine case libre. Si un pompier se trouve sur cette embrasure il est renversé, si c’est une victime il est perdu. C’est pour moi la partie la plus complexe à gérer.

Enfin, s’il manque des victimes sur le plateau, et qu’on n’a pas encore atteint l’objectif final, on lance les dés pour en poser de nouveau (si la case est déjà prise par un feu on suit les flèches de couleur qui se trouvent sur la case jusqu’à la prochaine case libre).

Le jeu se termine lorsque vous avez sauvé 7 victimes, et dans ce cas vous avez remporté la partie, ou bien si il n’y a plus de cubes noirs de dégâts disponibles (le bâtiment s’est écroulé) ou si 3 ou plus de victimes ont succombé aux flammes.

Dans la partie avancée vous ajouterez des véhicules : l’ambulance pour sauver les victimes qui devront être menés jusqu’à elle, le camion avec sa lance qui peut arroser une partie de quadrant. Chaque joueur aura également un rôle avec des spécificités. On ajoutera également des produits dangereux ainsi que des points chauds d’où pourront réapparaitre les flammes.

Si cela peut paraitre beaucoup à retenir, les règles sont assez claires pour assister la mise en place des premières parties, il suffira donc de s’y reporter en cas de doute, un résumé du tour étant inscrit sur la dernière page.

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Le plateau est installé et est prêt pour une partie.

Le matériel :

18 est l’adaptation de Flash Point, les graphismes du matériel n’ont donc pas changé pour le plateau ou les pions danger, en revanche le reste a été mis aux couleurs des pompiers de Paris. J’ai une petite préférence pour l’illustration de la boite de Flash Point que je trouve plus dynamique, mais l’édition française n’a pas à rougir sur ce point. Notre 18 aux couleurs de nos pompiers est très réussi, la boîte nous plongeant à elle seule dans l’ambiance.

L’ensemble des pièces est de bonne facture : les cartes des personnages sont des cartons épais avec un rappel de chaque action (très bon choix) et les autres tuiles de personnages, les véhicules et les pions danger profitent de la même épaisseur. Le plateau réversible est lui aussi résistant, par contre les visuels me font beaucoup penser à un plan d’architecture avec sa 3D un peu froide. Rien de bien gênant toutefois puisque celui-ci reste tout à fait lisible avec ses nombreuses indications. Le style vectoriel des habitants tranche un peu avec le semi-réaliste des différentes illustrations de pompier, mais cela reste anecdotique.

Cette édition de 18 est donc tout à fait correct au niveau ergonomie et qualité des pièces, dommage que l’intérieur de la boite ne soit pas mieux adapté pour le rangement et que des petits sachets en plastique supplémentaires n’aient pas été ajouté. Visuellement le jeu oscille entre réalisme et dessin qui, sans être exceptionnel, a le mérite de parfaitement coller avec le thème du jeu et surtout l’institution représentée. Sans être un sans faute, tout ceci est tout à fait correct, et au final tout ou presque est une question de goûts.

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Un petit aperçu du contenu de la boite (sans les jetons fumée/feu)

Le ressenti durant les parties :

Au début tout est calme, le temps de trouver ses marques, de se souvenir de chaque action et du système de prolifération de l’incendie. Une fois cela maitrisé l’ambiance monte, chaque joueur donne son avis, on discute des prochains tours, on voit comment optimiser l’ensemble. Même si certains points peuvent sembler moins naturels (comme l’apparition des foyers, mais nous sommes dans un jeu et il faut bien appliquer une mécanique), le tout est cohérent et nous colle directement dans l’ambiance. On se réjouit des sauver des victimes (même les mignons petits chats), on peste contre les déflagrations et leurs dégâts, on dialogue, on tente d’établir une stratégie gagnante et salvatrice... Le silence n’est donc pas de mise et le thème est assez bien retranscrit, c’est essentiel dans ce genre de jeu.

Dans la version avancée le dialogue est encore plus important et la coordination primordiale entre les différents personnages possédant chacun leurs spécificités. Même s’il est possible de changer de rôle en cours de route, dépenser des points pour cela sera un gros sacrifice. Le jeu est certes plus dur, voire même beaucoup plus dur, mais il est également plus réaliste et plus immersif. C’est un véritable travail d’équipe qui prend place.

Les ressentis sont donc très bons et le thème est bien retranscrit, un excellent point pour ce style de jeu.

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Les flammes gagnent du terrain, dépêchez-vous !

La durée de vie :

Si 18 n’est pas le genre de jeu que l’on sort tous les soirs, il sera parfaitement adapté pour une soirée entre amis ou en famille, ou bien lors d’une soirée thématique. Il saura susciter de l’intérêt chez les curieux avides de nouveautés ludiques en leur proposant un jeu assez immersif. Si vous jouez avec des enfants, ils prendront plaisir à y rejouer. Le fait de proposer plusieurs niveaux de jeu est également un gros plus pour la durée de vie.

Les jeux coopératifs sont moins nombreux que les autres et 18, avec sa thématique peu usitée, est original et propose une nouvelle aventure ludique qu’il serait dommage de bouder si vous êtes adepte du coopératif. Il n’oublie pas également de vous présenter de manière succincte le métier de pompier et les risques d’une intervention dans un milieu aussi hostile qu’une maison en feu. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un jeu préventif (et donc un peu rébarbatif), loin de là, mais il propose d’en apprendre plus sur les incendies et les pompiers de manière transparente. J’avais une certaine crainte au départ en voyant le logo pompiers de Paris sur la boite, mais au final cela passe inaperçu pour notre plus grand plaisir, n’entachant en rien l’expérience de jeu.

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Les différentes compétences et rôles.

Mon avis :

Les jeux coopératifs ne sont pas forcément nombreux, et voir arriver sur notre sol français l’adaptation de Flash Point est une très bonne chose. J’ai eu un peu peur de me retrouver devant un jeu de propagande en voyant la mention pompiers de Paris mais il n’en est rien, et la petite brochure qui se trouve à l’intérieur est plus une fiche informative qu’un formulaire d’engagement. Le thème du jeu est bien rendu, le côté coopératif bien mené, les règles sont un peu complexes à retenir au début mais malgré tout assez peu nombreuses. Le jeu est tout aussi intéressant avec des enfants que des adultes, par contre même si ce dernier peut être joué à 2 (sans être désagréable), son ambiance n’en sera que plus renforcée à plusieurs, surtout que 18 peut se jouer jusqu’à 6, un plus bien sympathique. Je ne saurais que trop vous conseiller 18 si vous recherchez un jeu coopératif au thème fort et moderne le tout dans un jeu évolutif disposant d’une rejouabilité certaine.

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Merci à Chips pour sa correction.

Si vous désirez lire d'autres tests, je vous invite à visiter le blog Les 1D Ludiques.

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Les jeux dont on parle dans cet article

Commentaires (7)

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7Tigers
7Tigers

Le jeu ayant été approuvé par nos pompiers à nous, peut être que les figurines n'étaient pas assez "réglementaires"...

jmt-974
jmt-974

Perso je ne suis pas mega fan de leurs figs... mais comment dire entre ca et un bout de bois :D

jmt-974
jmt-974

Quel dommage de remplacer les figurines par des affreux bouts de bois... :(

Jacob101O
Jacob101O

D'après ce qu'en dit Jeff dans la TTTV, le look des victime est clairement assumé afin de ne pas dramatiser outre mesure les pertes, ce jeu étant conçu pour jouer en famille.

Il faut aussi rappeler que cette version a été validée par le commandement des Pompiers de Paris (pour les visuels et le vocabulaire).

Il me tarde de l'avoir entre les mains.

Merci pour ton retour :)

arthelius
arthelius

Oui à temps :) Le tout c'est de recevoir les jeux à temps et de faire assez de parties pour pouvoir faire un test juste.

Oui c'est ce que je dis aussi dans la partie matériel, surtout que les pompiers eux, ont un look bien réalistes pris d'après photo. En tout cas les victimes ont un moral en béton, car elles sont souriantes. ^^

morlockbob
morlockbob

un test livré à temps :-)

y ai joué hier et ça m' a bien donné envie de m 'y remettre. tendu mais moins stressant que Pandémie

seul ratage (pour moi de taille): créer un univers réaliste et balancer des pions "victimes" au look de "dora l exploratrice"???????????????????, le côté immersif en prend un sale coup