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Les Palais de Carrarra sur les étals
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Monsieur Phal
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Les Palais de Carrarra sur les étals

Par Monsieur Phal , 13 déc. 2012 à 00:00
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Quand le couple Kramer / Kiesling sort un jeu, le joueur amateur de cubes en bois redresse la tête, tend les oreilles et agite son museau. Et il est content le joueur de cubes en bois. Oui. Il est content… On les voyait frétiller lors du salon d’Essen 2012, les « cubipousseurs », devant le stand Hans Im Glück. Parce que l’éditeur exposait "Die Palaste von Carrara", une nouveauté qui fleurait bon tout ce que l’on aime ici.

"Die Palaste von Carrara" est donc signé Wolfgang Kramer et Michael Kiesling. Le couple qui a commis le grand "Tikal", le magnifique "Mexica" et le mystérieux Java. Mais aussi "Torres", "Raja"… Mais quel couple ! Et le voilà qu’il arrive sur les étals de nos boutiques sous le nom de "Les Palais de Carrara". Oui. La chose est directement en français grâce à Filosofia. Mais de quoi donc il est question, du coup. Parce que tout cela c’est bien beau, mais c’est mieux de savoir de quoi il en retourne.

Le postulat, car il en faut un, même pour les amateurs de stratégie froide, est simple. Vous êtes, encore, à la tête d’une famille princière. C’est cool. Sauf que le Roi veut construire de beaux bâtiments partout dans les villes de son royaume. Les Rois ont une tendance à vouloir marquer leur passage sur terre absolument incroyable. Vous voilà donc obligé de bâtir. Et le Roi, qui n’est pas un plaisantin, va régulièrement vous rendre visite pour être sûr que vous ne feignantez pas. En fonction de vos progrès, vous aurez des fonds et des points de victoire. Parce que sans argent, on ne peut pas faire grand-chose, et sans points de victoire, on ne peut pas gagner. Parce que forcément, vous l’aurez deviné, le joueur dont la famille aura le plus de points de victoire à la fin sera déclaré « grand gagnant ». Joie de quel plaisir de plaire ainsi au Roi.


Tout cela c’est bien gentil comme histoire, mais moi je veux prendre 3 cubes rouges et 2 cubes bleus ! Alors ?!

Pour commencer, chaque joueur va avoir un petit plateau individuel et son petit paravent pour cacher ses affaires, son argent, ses pions et ses ressources. On va ensuite placer sur le plateau un tas de matériel, notamment des ressources sur la « roue ». Oui, il y a une « roue », divisée en 6 sections, qui va tourner durant la partie et donc donner des valeurs aux ressources en fonction de la section où elles sont posées… Comme il faut construire des choses, il y a des tuiles « bâtiment », on en place 9 visibles, au hasard, sur les emplacements prévus. Et pour construire, il vaut mieux avoir des outils, donc on place des objets sur les emplacements prévus aussi pour eux…

Comme le jeu propose 2 niveaux de règle, si vous choisissez le mode expert, vous introduirez les cartes « objectifs » qui détermineront des objectifs à atteindre pour mettre fin subitement à la partie.

Oui, mais comment de qu’est ce que je fais à mon tour ?

On est dans du classique, fluide et simple. Du Hans Im Glück. À son tour, un joueur va effectuer une action parmi 3 possibles. Vous allez pouvoir acheter des matériaux ou construire un bâtiment ou évaluer votre domaine. Simple. Fluide.

Après avoir fait votre action, vous pourrez acheter un objet présent sur le plateau. Seulement si vous voulez.

Acheter des matériaux.
Pour commencer, vous faites tourner la roue d’une section. Ensuite vous piochez des ressources dans le sac en toile et vous les posez sur la section I. Vous en piochez jusqu’à ce que le nombre total de ressources soit de 11 sur toutes les sections de la roue. Là, vous allez pouvoir dépenser vos sous. Vous indiquez une section et vous achetez autant de cubes que vous voulez (et pouvez) en payant le coût indiqué par la roue. Chaque couleur de cube à un prix, prix qui change en fonction de la section. Forcément. Et si une couleur n’a pas de prix indiqué, elle est gratuite !!! Vous voyez tout de suite la subtilité de la ruse. Oui. Sinon vous ne seriez pas en train de lire cet article.

Là encore, la règle avancée propose une subtilité supplémentaire. On ne tourne pas la roue, et donc on ne réapprovisionne pas la chose, et donc la pénurie peut faire mal…

Construire un bâtiment.
C’est là que vous allez dépenser les ressources que vous avez acquises. Vous choisissez un bâtiment visible, vous payez en cube les matériaux indiqués sur la tuile et vous posez le bâtiment sur votre petit plateau personnel. Et pour finir le tour, on pioche un bâtiment que l’on place visible et qui sera disponible le tour suivant


Bon, il y a quelque règle de pose pour pas que ce soit le bazar dans les villes. De petites contraintes, par exemple, l’impossibilité d’utiliser des cubes noirs pour construire à Lucca. Et je ne vous raconte pas avec la version expert. Là, vous avez même des tuiles de niveau 8, pour allez pouvoir améliorer vos bâtiments… De la folie.

Tout le sel du jeu va être là, dans ces constructions. Les bâtiments ont des couleurs, car ils peuvent être civils ou d’habitations. Ils sont associés à des Objets. Sur votre plateau individuel, tous les emplacements ne sont pas équivalents… Tout cela va être important au moment de l’action d’évaluation.

Évaluer votre domaine.
Pour évaluer un domaine, il va falloir utiliser l’un de vos 6 pions évaluation. Donc vous pourrez évaluer 6 fois durant la partie. Si les autres vous en laissent le temps… Quand vous décidez d’évaluer, il va falloir choisir quoi évaluer. Soit une ville de votre plateau individuel, soit un type de bâtiments, soit, avec la règle expert une famille de bâtiments. Je vous passe les détails, mais c’est là que vous allez recevoir de l’argent et des points de victoire ! Plein si vous jouez bien. Pas beaucoup si vous jouez mal.

Oui, mais comment je gagne ?
La partie prendra fin si l’une des conditions de fin est remplie. Évident. Il y a 2 manières de terminer une partie. La première est simple, plus de tuile bâtiment et hop, c’est terminé. On compte les points, celui qui en a le plus est déclaré « Grand Vainqueur ».

Wolfgang Kramer à Essen 2012.

Plus fourbe, si un joueur a complété 3 objectifs parmi ceux proposés en début de partie, il l’annonce, reçoit 5 points de victoire et la partie est terminée. Celui qui a le plus de points est… déclaré « Grand Vainqueur ». Ces objectifs sont aussi divers que variés et suffisamment nombreux pour modifier l’allure générale des stratégies à employer. Des trucs à base de pions joués, de types de bâtiments construits, de points de victoires à atteindre…

Rajoutez la dessus qu’il y a un comptage avancé pour ceux qui veulent se la jouer super expert (autant dire tous ceux qui ont lu cet article jusque-là). Et vous avez un jeu qui est totalement dans le moule du pur jeu de gestion à l’allemande classique.

"Les Palais de Carrara" arrive demain, vendredi 14 décembre 2012, sur les étals. Il coute moins de 45€ et devrait titiller tous les vieux de la vieille. Enfin, pas ceux des années 70. Non. Ceux des années 2000.

"Les Palais de Carrara"
un jeu de Wolfgang Kramer et Michael Kiesling
pour 2 à 4 joueurs
à partir de 10 ans
Pour des parties de 60 minutes
chez Filosofia
prix : 45€
Sortie : là, enfin demain 13/12/2012 quoi

Par Monsieur Phal , jeudi 13 décembre 2012 à 00:00
Réactions à la niouze 
10commentaires
Marc Laumonier
13 déc. 2012 à 11:35

tout cela est bien alléchant / je suis un fan de ce duo...

par contre titre très bizarre / pourquoi pas les palais de Carrare ?? cette ville est bien sûr célèbre pour ses marbres / c'est comme si on titrait les maisons de London ou les canaux de Venizia / parfois les choix des éditeurs sont étranges... mais c'est pas bien grave, effectivement...

Meeeuuhhh
13 déc. 2012 à 11:43

Pour en avoir fait une petite partie à Essen, je peux vous assurer que, bien que de facture très classique, ce petit KK est très nerveux.

Air
Air
13 déc. 2012 à 13:12

Notez que l'illustration de la boite représente le célèbre porche Carrara.

zoyd
13 déc. 2012 à 13:51

@Air : :-))

zoyd
13 déc. 2012 à 13:52

Cette répartition de 11 points sur la roue, ça n'a pas un petit côté points d'action revisité ? ou je raconte n'importe quoi, ce qui est aussi possible...

Yzarc
13 déc. 2012 à 18:50

Un jour il sera mien, oh oui, un jour il sera mien !

sgtgorilla
13 déc. 2012 à 19:15

Le jeu dans le pur moule du pur jeu de gestion à l'allemande ne me titille plus depuis un moment. J'ai ce qu'il faut. J'attends plutôt les Keyflower & co qui rafraîchissent cette famille.

Magdaflowne
13 déc. 2012 à 20:54

J'ai trouvé le jeu très sympa et très accessible pour des parties en familles ou entre amis. Nous l'avons testé hier soir sans l'extension qui semble donner plus de mordant et qu'il me tarde de tester !

CheeseGeek
14 déc. 2012 à 09:28

J'avais, surement pour les mêmes raisons, le même enthousiasme que monsieur Phal avant l'ouverture de la boîte...

Maintenant, pour le moment sans l'extension, cela nous a paru, comme un beau marbre de Carrare, joli, élégant, facile à comprendre mais aussi malheureusement un peu lisse et un peu froid.

Potrick
14 déc. 2012 à 23:10

Jeu lisse, il est vrai. Mais la possibilité si on le souhaite dans le mode "expert", d'acheter des ressources sans faire tourner la roue ni recharger en ressources rend le jeu assez méchant.

Il faut aussi bien faire attention, quand on achète des ressources, à faire en sorte que le joueur suivant n'ait pas un trop bon deal. Et bien faire attention à l'arrivée de la fin de la partie.

Moi j'aime bien.

Le format du jeu est un peu surprenant. Pour moi, c'est plus un jeu pour gamer et un faux jeu familial. Tout en n'étant pas aussi riche que des Myrmes, Archipelago, Tzolkin, etc... pour le comparer à des jeux récents