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Par : jean patrick | dimanche 13 avril 2008 à 10:28
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jean patrick
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Partie à quatre, avec persos tirés au hasard :
Mansfield
Abberline
Netley
Gull (moi)

Les choses se sont corsées après quelques interrogatoires. Netley et Mansfield avaient été innocentés rapidement, trop à mon goût, alors que nous étions tous réunis au quartier Royal, dans un périmètre pas plus grand qu'un mouchoir de poche. Les soupçons s'étaient reportés sur Abberline qui subissait interrogatoire sur interrogatoire. Restait une seule de ses cartes d'identité à découvrir et c'était à mon tour de jouer. Si je l'interrogeais, tout le monde serait enfin qu'il était innocent, et que derrière les apparences sages et inoffensives du vieux docteur se cachait Jack l'Eventreur, hypocrite, malpoli, dangereux. Le versant obscur des gens de la bonne société que je représentais au quotidien. Ah, ah, ah.
J'aurais bien voulu avoir un appareil photographique pour immortaliser leurs têtes quand il m'ont vu filé à la française dans la direction opposée. Un fiacre et une peu d'argent m'ont éloigné un moment de leur compagnie, et pour m'assurer de mettre suffisamment de distance entre nous, j'ai joué ma carte Chance et me suis déplacé de 6, vers le quartier Bourgeois. Des renforts policiers avaient été positionnés quelques tours auparavent. WhiteChapel grouillait d'agents de police, et un récent événement avait déclenché plusieurs foyers de manifestants à la périphérie du quartier populaire. Tous ces miséreux, vils et puants, me soulevaient le cœur.
Quant à Abberline, une fois interrogé par Mansfield, le dernier doute sur sa culpabilité a été levé. Deux meurtres était déjà révélés, nous étions au septième tour ; Netley devait choisir son camp. Il s'est rallié aux gens de la police, alors que je l'avais ménagé jusqu'ici pour le mettre dans ma poche. On ne pouvait décidément plus compter sur la duplicité du petit personnel. A quelle époque vivions-nous ?
J'ai trouvé refuge dans les grands magasins de la rive Sud. Atteint par la fièvre de notre époque, j'ai consommé à tout bout de champ. Je me suis même offert ce colt flambant neuf, histoire de refroidir les ardeurs de certains autour de la table, même si je me doutais qu'on allait s'empresser de me le faucher. Ce fut Abberline qui s'y colla, sans se douter que je le l'attendais avec un Flagrant Délit. Et hop, direct au trou l'inspecteur, tout loin, à l'autre bout du plateau. Ah, ah, ah.
Netley m'a envoyé à la gare, le salopiau, mais je n'avais pas de corde de toute manière. C'était bien là le problème. Mansfield était sur mes talons. J'ai pris les devants et j'ai foncé droit sur lui. Après l'avoir tailladé à la gorge et laissé quasi mort, j'ai emprunté le passage secret du palais de justice qui courait sous les rues de Londres, jusqu'au palais Royal. En début de partie, un décret de la reine en avait interdit l'accès à tout étranger. Avec un seul point de vie, Mansfield et son pouvoir de passe muraille restait néanmoins le plus à craindre. Il approchait dangereusement, mais un heureux événement et un mauvais jet de Dé l'ont envoyé à l'asile, alors que Netley faisait les cents pas autour du palais, sans pourvoir entrer. Il tournait en rond, cherchait à m'amadouer en amassant une petit pécule trouvé sur les trottoirs aux abords du palais, à croire que le loisir favori de la famille royale était de jeter sa fortune par les fenêtres. Mais pour moi, l'argent n'était pas une fin en soi. Et puisque je ne mettais toujours pas la main sur cette maudite corde, je suis resté à l'abri, bien au chaud dans ma cachette, à attendre que les tours passent. Déjà quatre meurtres étaient révélés. Abberline a été convoqué à se présenter à la morgue. Décidément, il ne se sortait pas des paperasseries administratives. Il ne fallait pas s'étonner après que son enquête avançait à pas de fourmi. Mansfield, enfin libre de circuler à sa guise, a repris sa course folle secondé par Netley.
Mais le cinquième meurtre est tombé.
Et donc moi, Gull, alias Jack, je devais mon salut à la protection providentielle de la famille royale. Finalement, cette époque n'était pas si mauvaise, il faisait toujours aussi bon de frayer aux côtés des puissants et de laisser les misérables à leur fange. Ah, ah, ah.

Gull, médecin personnel de sa Majesté.
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