Par : Tom Vuarchex | mardi 5 avril 2011 à 09:57
Default
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
Bonjour à tous,

Suite à ce ce fil, je me suis dit qu'il serait peut-être intéressant d'aborder le thème de la création ludique dans un but d'enrichissement.

Secteur en pleine expansion, l'aspect "créneau financier" attire de plus en plus de gens dans l'univers du jeu. C'est probablement une bonne chose pour les joueurs mais est-ce que des recettes sont applicables ?
On compare de plus en plus l'univers du JdS aux autres secteurs du loisir et de la création ( musique, film, livres, BD,... ) mais est-ce comparable ?
Quels sont les exemples que nous avons à disposition ?
Est-ce que les derniers gros succès étaient prévisibles ?
Quelles sont les chances de réussite de quelqu'un qui investit des sommes importantes dans ses protos et leurs présentations ? et est-ce que ces sommes investies aident réellement ?

Il est toutefois important de rappeler que :
- très peu de gens vivent de la création de jeux en France.
- on ne peut en vivre qu'en ayant un best-seller à son actif ( ou beaucoup de jeux qui marchent pas mal )

Les principaux acteurs de ces succès ne vont probablement pas venir témoigner ici de leur expérience et c'est dommage mais on peut essayer d'en tracer les grandes lignes en fonction de nos connaissances parcellaires...

Il a été pas mal question de Blokus dans le fil cité plus haut. Je ne connais pas son auteur et je n'ai qu'une vision périphérique du sujet, je me rappelle néanmoins avoir pas mal croisé le frère de l'auteur avec le proto sous le bras il y une quinzaine d'années lorsque j'essayais moi-même de lancer Jungle Speed. Il a pas mal démarché les éditeurs de l'époque, sans succès apparemment puisque son auteur a fini par créer sa propre boîte.
C'est à présent un succès financier gigantesque et très très marginal mais je ne vois pas comment il aurait pu être prévisible.

Et pour ce que je connais : Idem pour Jungle Speed, je l'ai auto-édité parce que personne n'en voulait ! Le succès des Loups-garous a été également une surprise pour TOUT le monde ! Il me semble que le succès de Citadelles aurait également été difficilement prévisible.

Dans le monde qui nous intéresse, ce qui se rapproche le plus de "produits" sont les jeux à licence. Il me semble que que les éditeurs ont eu des succès très mitigés de ce côté-là et qu'il n'y a pas de coup sûr. Il me semble d'ailleurs que ça a coûté cher à Tilsit.

Le seul exemple contredisant cela qui me vient à l'esprit est Dobble qui a rapidement aiguisé les appétits et que beaucoup ont vu comme un carton potentiel. Reste à savoir si ce sera vraiment le cas....

Perso, j'ai l'impression que les derniers succès sont presque des accidents ! En tous cas des choses que quasiment personne n'a vu arriver. et pas plus les pros que les joueurs lambdas.

Je n'ai en tout cas aucun exemple en tête de best-seller dont son auteur avait cet objectif comme moteur de création.
En connaissez-vous ?
Mon top
Aucun jeu trouvé
Yzar
Yzar
Je pense qu'un best seller est nécessairement un jeu simple d'accés, conviviale, d'ambiance donc.
Les très bons "gros" jeux vont plaire à une minorité (une bonne partie des trictractiens par exemple) mais ne seront pas vendus dans les supermarchés.... donc pas de millions de ventes.

La majorité des personnes peuvent jouer en soirée pendant trente minutes mais n'ont pas envie de se creuser la tête, de calculer...pendant 2 heures.

Quand on voit Jungle speed, je trouve ça incroyable que personne n'est voulu éditer (ils doivent s'en mordre les doigts), ce jeu a tout pour réussir : convivial, rapide, amusant, pas d'attente puisqu'on joue tous ensemble. (d'ailleurs j'aimerais bien que tu expliques comment tu en es arrivé à ce jeu)
.
Mon top
Aucun jeu trouvé
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
Yzar dit:Je pense qu'un best seller est nécessairement un jeu simple d'accés, conviviale, d'ambiance donc.

Oui, c'est sûr... mais en même temps, non, pour moi, Blokus n'est pas un jeu d'ambiance. Il reste "simple d'accès et convivial" mais, même si c'est une bonne base, ça ne fait pas une recette.
Quels peuvent être les points communs entre Jungle Speed, Citadelles, Blokus, LGdT, Catane, Uno, abalone.... moi, j'ai l'impression que c'est leur originalité au moment où ils sont sortis. Même si vu en 2011, ces jeux paraissent évidents dans le paysage.
Yzar dit:Quand on voit Jungle speed, je trouve ça incroyable que personne n'est voulu éditer (ils doivent s'en mordre les doigts), ce jeu a tout pour réussir : convivial, rapide, amusant, pas d'attente puisqu'on joue tous ensemble. (d'ailleurs j'aimerais bien que tu expliques comment tu en es arrivé à ce jeu)
.

Le problème est qu'il faut se méfier d'une analyse a-posteriori.
Lorsque je suis aller voir Ludodélire en 1991 avec mon jeu sous le bras, ils m'ont regardé comme un gentil extra-terrestre un peu con. Et ça m'a paru normal. le jeu est d'ailleurs aller dormir dans un placard pendant 5 ans avant qu'on se dise que peut-être... après tout... puisque ça à l'air de plaire...
Mon top
Aucun jeu trouvé
KPO
KPO
La recette du jeu qui va plaire à un grand nombre est du domaine de l'aléatoire.
Lorsqu'on achète un jeu, on calcul le plaisir qu'on va en retirer : pourra-t-on y jouer souvent ? Initier de nouveaux joueurs ? Est-ce le jeu à posséder au cas où l'on s'emmerde un après midi ? Est ce que je vais m'en lasser rapidement ? Est-ce que c'est une copie d'un jeu que je connais ? Le Design me plait-il ? ...
En fait, il y a une multitude de question à se poser lorsqu'on achète un jeu

Je citerai le jeu "Qwirckle" qui me parait vraiment être un jeu de base où les parents peuvent initier leurs enfants et jouer entre eux. C'est un mixe entre le scrabble et le rummy qui renouvelle un peu le plaisir dans ce genre. Cependant, il n'a pas encore percé et ça se fera peut être sur la durée (design pas assez accrocheur ? en même temps le scrabble et le rummy sont un peu intello).

On peut aussi faire plusieurs catégories de joueurs :
Cat 1 : Ceux qui veulent découvrir sans arrêt de nouveaux mécanismes pour renouveler leur plaisir de jouer.
[Ils auront parfois des jeux qui colle pas trop à leur ludothèque, genre une bonne paye star wars mais là c'est les joueurs de cat3 qui lui ont offert car ils savent que vous aimez jouer!]

Cat 2 : Ceux qui préfère posséder des jeux de base et sont d'accord pour découvrir de nouveau jeu de temps en temps. Ils en achèteront seulement si le jeu a fait ses preuves et est accessible à un grand nombre de joueur.
[Ils peuvent compter sur un joueur de Cat 1 pour jouer à de nouveaux jeux et c'est assez pour eux. "Faire une partie de dominion ? on va chez cat1, c'est vrai que ça fait longtemps... on puis ça fait plusieurs fois qu'il nous propose de venir jouer et qu'on refuse"]

Cat 3 : Le jeu de société se limite au monopoly en famille et n'achète un jeu que si le design est plaisant.
[Ils auront parfois de bon jeux dans leur ludothèque mais là c'est le joueur de cat 1 qui leur a offert pour leur montrer ce que c'est le véritable monde du jeu !)

Après la cible marketting ne concerne pas le joueur de cat 1 si on fait un bestseller mais il est utile dans la chaîne des joueurs pour contribuer à la pub du jeu.

On pourrait faire une thèse... Je m'écarte du sujet ?
Mon top
Aucun jeu trouvé
jeremie
jeremie
Bienvenu dans le cauchemar qui hante toutes les personnes chargées de manager, orienter et évaluer les activités de recherche.
Mon top
biohazard
biohazard
Tom je crois que tu oublies un autre facteur qui transforme un jeu sympa en truc énorme : le travail.

Si tu n'avais pas arpenté avec ton collègue tous les salons et magasins de France et de Navarre avec ton jeu sous le bras pendant des années (deux, trois ?) je ne pense pas que Jungle Speed aurait atteint la notoriété qu'il a maintenant.

CROC
Mon top
Aucun jeu trouvé
Astur
Astur
Je pense qu'on peut calibrer ou du moins miser sur le bon calibrage d'un jeu pour devenir un best-seller potentiel.
Clairement je pense que de tels jeux sont par exemple ceux dont tu dis après avoir ou la règle : "bon sang mais c'est évident comment ne pas y avoir pensé avant !"
Après cela ne fait pas tout loin de la et pour transformer un best-seller potentiel en best-seller il faut comme le dit CROC énormément de travail et de comm et pas mal de chance aussi :)
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
Il y a un autre point qui me paraît important :

je lis souvent des commentaires qui tendent à penser que pour faire un carton, il faut faire ce que les gens attendent, ne pas se plier à des normes esthétiques, réfléchir en termes de paquet de lessive. Ce principe de produit normé me défrise un peu. Outre le fait que ça sous-entend souvent que "les gens" sont un peu cons, ont un goût de chiottes et ne léveront le nez de leur Monopoly que si on leur propose quelque chose d'équivalent.

Là, en ce moment, je bosse sur un projet très simple mais "original", dans le sens qu'il n'y a pas vraiment d'équivalent et que ça ne va pas vraiment dans le sens du vent ni dans le sens de ce qui se fait ... est-ce rédhibitoire ? est-ce que je n'ai aucune chance que ça fasse un carton ?

Moi, je crois au contraire à la prime à l'originalité dans la création ludique. En tout cas, proposer quelque chose (dans sa mécanique, sa forme et/ou son esthétique) qui va étonner la Cat 3 ( celle qui vous rendra "riche" ) décrit plus haut peut être payant ! :)

...et merci CROC ! ... même si le travail fournit depuis par Asmodee rend ma contribution déterminante mais anecdotique :wink:
Mon top
Aucun jeu trouvé
jeremie
jeremie
A mon avis le truc c'est de toucher la cat 3, mais pour cela il faut d'abord convaincre les évangélisateurs qui sont eux dans la cat 1 (ou bien faire beaucoup beaucoup de pub).
Le problème étant que la cat 1 et 3 n'ont pas les mêmes critères de jugement.
Mon top
Roswell
Roswell
tom vuarchex dit:On compare de plus en plus l'univers du JdS aux autres secteurs du loisir et de la création ( musique, film, livres, BD,... ) mais est-ce comparable ?

Ça doit être comparable si on reste dans certaines niches : le court métrage, les petites salles de concert/pestacle, les petites maisons d'éditions..
Si on ne pense à la culture qu'en terme de succès (rien de péjoratif), on fait un peu la même erreur que croire que tous les auteurs de jeux roulent en porsche.
Quelles sont les chances de réussite de quelqu'un qui investit des sommes importantes dans ses protos et leurs présentations ? et est-ce que ces sommes investies aident réellement ?

Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que si il y a un investissement en temps et en argent à faire, c'est pour courir les salons/rencontres/clubs à la rencontre de joueurs et d'éditeurs quand on commence à avoir des protos qui tournent. Non?

Pour les protos que j'ai vu, c'est du niveau d'un print-n-play : imprimante, colle, carton, pochettes plastiques, dés, kubenboa et figs de récupération (et ne parlons même pas des illustrations allègrement repiquées).
J'imagine mal un éditeur refuser de jeter un oeil à un proto parce qu'il n'est pas imprimé sur carton toilé. :pouicboulet:
Mon top
Default
BdC
BdC
tom vuarchex dit:Lorsque je suis aller voir Ludodélire en 1991 avec mon jeu sous le bras, ils m'ont regardé comme un gentil extra-terrestre un peu con.


Ahhhh ludodélire, le plan d'enfer, super gang tout ça, droopy et ses pizzas au micro ondes... :kingboulet:

BdC
Mon top
Aucun jeu trouvé
BdC
BdC
Je peux me tromper mais il me semble qu'il manque une catégorie qui pourrait être la 4, celle des acheteurs qui n'achètent pas pour eux mais pour faire un cadeau. Je crois que ca représente du monde et il n'est même plus question de parler de joueur, c'est le couple qui va acheter un cadeau pour la famille machin à Noël ou le cadeau pas cher entre potes qui peut remplacer la BD ou le dernier DVD.

BdC
Mon top
Aucun jeu trouvé
BdC
BdC
Jeremie dit:A mon avis le truc c'est de toucher la cat 3, mais pour cela il faut d'abord convaincre les évangélisateurs qui sont eux dans la cat 1 (ou bien faire beaucoup beaucoup de pub).


je ne crois pas du tout à ca, il suffit de faire le rayon jeux d'un hypermarché à Noël pour comprendre qu'il n'y a strictement aucun lien entre le geek et la famille xy qui cherche un jeu pour Noël, plus souvent pour l'offrir et qui donc se contrefiche d'un éventuel avis d'un illustre inconnu sur un site dont il n'a jamais entendu parler... :)

d'ailleurs, le jeu de société, me semble-t-il reste encore un cadeau empoisonné, parce qu'il faut lire une règle, se réunir et se concentrer, parfois mettre du sérieux dans une soirée ce qui peut être inadapté.

D'ou l'idée d'acheter toujours les mêmes jeux de génération en génération et d'ou le succès de jungle speed ou de time's up, pas beaucoup à lire, pas de problème pour comprendre, pas besoin de réfléchir plus que ça, pas besoin d'être sérieux, pas besoin d'être sobre, etc...

BdC
Mon top
Aucun jeu trouvé
BdC
BdC
Pas plus que la majorité des personnes qui vont regarder les films US au cinéma regardent les critiques souvent massacrantes des journaleux...

BdC
Mon top
Aucun jeu trouvé
cernunnos
cernunnos
Bonjour,

sans faire une réponse précise à chacune des questions, j'aurais tendance à dire "Oui, des recettes sont applicables, mais ce sont des recettes de marketing/comm/distribution".

Le monde du jds me semble donc tout à fait comparable à celui de la musique, du jeu vidéo ou de la bd (même si pour le jds c'est du bien plus petit en terme de chiffres).

Sur la dernière remarque du post de départ, et sans aucune preuve, je pense que les jds légos font des ventes plus qu'honorables et n'ont pas été créés dans le but d'innover niveau gameplay...

++
Mon top
Aucun jeu trouvé
KPO
KPO
Ce qu'il faut, c'est créer un engouement et marquer le jeu sur la durée.
Créer un engouement demande soit de l'originalité soit de relancer un genre.

C'est fou comme le sudoku est devenu une référence rapidement ! Qui aurait cru que le mot croisé soit égalé il y a 15 ans ? Il doit même laisser un peu de place sur le journal.

L'engouement, c'est spécial et parfois incompréhensible. Autant le sudoku ça parait normal... mais pourquoi Bienvenue chez les chti est devenu le meilleur film français ??? (c'est un bon film... mais méritait-il cette consécration ?)

S'inscrire sur la durée est quelque chose de recherché par la plupart des créateurs. Je pense que Caylus et Agricola ont de belles années devant eux malgré qu'ils ne soient pas vendus à de nombreux exemplaires. Dans 20 ans, est-ce que ce sera toujours une base pour le joueur de cat1 ou seront-il démodés ? Quels sont les jeux qui seront oubliés ?
Mon top
Aucun jeu trouvé
Thierry Lefranc650
Thierry Lefranc650
Une recette pour faire un succès ?

Dans tous les domaines les exemples sont légions de futur succès rejetés par des "spécialistes".

Les Beatles : un paquet de maisons de disques n'en ont pas voulu.

Star wars : "La science-fiction n'intéresse plus personne"

Et dans le domaine qui nous intéresse : Blokus, Jungle speed et, si je ne me trompe pas, Abalone.

Et à contrario de futurs "hits" qui font de beaux flops : " Clout fantasy" par exemple.
Mon top
Aucun jeu trouvé
Rodenbach
Rodenbach
J'ai le sentiment qu'en plus d'être original et simple, il faut une place de best-seller vacante sur le marché, c'est à dire qu'on doit attendre que le précédent soit simplement installé, fasse partie du paysage, et perde du coup son caractère "original et nouveau" et qu'il arrête de monopoliser le devant de la scène.
Si deux idées géniales se présentent en peu de temps, et que la première cartonne, quelle place cela laisserait-il au second ?

Enfin, à BdC, je ne suis pas d'accord avec toi pour dire que la cat1 n'a pas d'effet sur la cat3 : il se trouve justement que des jeux comme les loups garous et jungle speed se sont diffusés de la cat1 et 2 à la cat3. Avant de conquérir les supermarchés et les GSS, il s'agissait de jeux de boutiques spécialisées !

J'ai envie de faire entrer Skull&Roses dans le débat mais j'ai peur du résultat... Je voudrais dire qu'il s'agit d'un jeu simple et accessible, qui pourrait très bien être un succès à grande échelle, mais on pourrait se poser deux questions suite à ce que je dis plus haut : le succès de Dobble pourrait-il lui faire de l'ombre, par exemple ? Est-ce que son thème n'est pas propre à l'empêcher d'être un succès de supermarché et de GSS ? Faudrait-il pour cela créer une version spéciale pour ces secteurs de façon à ce que le jeu puisse être davantage inter-générationnel et se vendre autant pour des enfants de 8 ans que pour des adultes ? Vu les débats qu'il y a déjà eu sur la question, on voit bien que le fait de diviser "'lopinion" laisse imaginer ce que l'acheteur lambda de supermarché qui cherche un cadeau (une maman, un grand-père...) pourrait penser en voyant le parti pris graphique de ce jeu.
Tout ça pour dire que le thème et les graphismes font assurément partie de l'équation.

(C'était une un exemple pour illustrer ce que je disais et pour lancer d'autres questions, donc s'il vous plaît pas de débat sur S&R...) :china:
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
Rodenbach dit:J'ai le sentiment qu'en plus d'être original et simple, il faut une place de best-seller vacante sur le marché, [...]
Si deux idées géniales se présentent en peu de temps, et que la première cartonne, quelle place cela laisserait-il au second ?

C'est probablement vrai pour des jeux de même type mais pas pour des jeux radicalement différents. Catane, Time's Up et Blokus doivent très bien pouvoir cartonner en même temps sans se gêner...
En revanche Time's Up a probablement pris la place de Jungle Speed comme jeu d'ambiance de référence et sera en danger si Dobble monte en puissance ( ce dont je ne suis pas certain ).
On remarquera au passage que c'est le même éditeur qui a toutes les manettes pour contrôler les 3 jeux, il n'y a donc pas de réelle concurrence entre les 3 même si je suis sûr qu'ils essaient de les faire cohabiter au top...
Blokus a de son côté probablement taillé des croupières à Abalone.

Mais du coup, cela va plutôt dans le sens que ça ne sert à rien de s'engouffrer dans un sillon déjà creusé, non ?
Prime à l'originalité ?

Tes remarques sur S&R sont assez justes, même si, leurs mécaniques étant tellement différentes, je ne penses pas qu'il y ait concurrence entre Dobble et S&R, mais c'est possible que son univers graphiques ne soit pas très casual.
Mon top
Aucun jeu trouvé
KPO
KPO
Achetons-nous plus souvent des jeux pour soi ou pour un cadeau ?

Je pense que la plupart des gens achète un jeu pour un cadeau : ça fait toujours son effet du "retour en enfance" (et il y a des cadeaux bien plus empoisonné qu'un jeu... ;))
[J'exclus les enfants "cibles marketting" du raisonnement]

Il faut que le "bestseller" soit le jeu à offrir.

En ce moment, j'ai une préférence pour le dobble qui renouvelle les jeux ambiance comme le jungle speed. Le Dixit est pas mal à offrir et n'a pas vraiment de concurrent dans ma culture ludique.

PS : avec cette conversation, je me suis rendu compte que le blokus date de 2000, je pensais que ça existait depuis toujours !
Mon top
Aucun jeu trouvé
Default
cernunnos
cernunnos
HS

Star Wars n'est pas un film de science-fiction.

/HS
Mon top
Aucun jeu trouvé
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
KPO dit:Le Dixit est pas mal à offrir et n'a pas vraiment de concurrent dans ma culture ludique.

Il y a pourtant Unanimo, Apples to Apples et Compatibility ( là comme ça de ce qui me vient à l'esprit ) mais Dixit est intéressant parce que j'ai l'impression que c'est sa forme qui a accroché beaucoup de monde. Son univers graphique a clairement dénoté au moment de sa sortie et pour moi, c'est bien la preuve qu'on peut faire un succès sur quelque chose de qualité graphique et que l'idée de choisir entre un beau jeu et un jeu qui se vend est une erreur.
C'est un jeu évidemment abouti dans sa mécanique mais les 3 jeux que je viens de citer le sont également ( Apples to apples est particulier car il est inconnu en France et à l'air d'être un carton à l'étranger ).
KPO dit:Il faut que le "bestseller" soit le jeu à offrir.

Oui, ça paraît logique.
Mon top
Aucun jeu trouvé
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
[HS un peu à côté mais pas vraiment]

J'ai une remarque pour CROC, s'il est encore dans les parages :

Je rêve ou tu es le seul auteur en France dont c'est "vraiment" le métier ?
Il y a des auteurs qui deviennent éditeurs (des Pallières, Fraga, Christophe Boelinger, Sylvie Barc, ...), des auteurs qui en vivent mais ça ne fait pas un métier (1 ou 2 mains pour les compter ?), ceux qui prétendent que c'est leur métier mais désolé, ça reste à prouver, et surtout pleins d'auteurs qui ont un métier à côté...
tu ne serais pas, par hasard, le seul à être embauché par un éditeur pour développer des jeux ? et donc le seul qui peut se targuer d'en avoir fait son métier ?

[/HS]
Mon top
Aucun jeu trouvé
Rodenbach
Rodenbach
Il n'y a que des cat1 et des cat2 pour comparer des jeux au niveau mécanique, pour moi S&R et Dobble rentrent dans la catégorie LIDJA et je pense que sur un positionnement de best-seller c'est déjà beaucoup de faire partie de la même catégorie ! Je ne pense pas que catane, time's up et blokus auraient pu cartonner en même temps et aussi fort (pour une question de monopolisation des esprits qui n'est pas possible pour 3 jeux en même temps).

Mais c'est vrai qu'ils font partie de catégories différentes. Je dirais s'il fallait comparer que Catane est venu jouer dans la catégorie du Monopoly (toutes proportions gardées d'un point de vue des ventes), mais clairement il est devenu le nouveau jeu tactique familial à base de négociation, mais ça reste un jeu méconnu pour les français et c'est un jeu qui gagne ses galons années après années, par le bouche à oreille et sa présence dans les GSS.

Pour ce qui est du secteur du jeu abstrait pour deux joueurs, blokus a pris une bonne place mais je pense qu'on commence à entrer dans une phase ou un nouveau venu pourrait trouver sa place. Mais par exemple, sans doute pas Off Board qui est une upgrade de Abalone. Je pense aussi que c'est une catégorie très exigeante qui demande pour séduire beaucoup de travail de communication, d'animation, de "marketing", et qui requiert simplicité des règles et profondeur avec une forte personnalité, bref pas facile facile...

edit : aérons le texte un peu avec des retours à la ligne :mrgreen:
Xav1er
Xav1er
Rodenbach dit:
J'ai envie de faire entrer Skull&Roses dans le débat mais j'ai peur du résultat... Je voudrais dire qu'il s'agit d'un jeu simple et accessible, qui pourrait très bien être un succès à grande échelle, mais on pourrait se poser deux questions suite à ce que je dis plus haut : le succès de Dobble pourrait-il lui faire de l'ombre, par exemple ? Est-ce que son thème n'est pas propre à l'empêcher d'être un succès de supermarché et de GSS ? Faudrait-il pour cela créer une version spéciale pour ces secteurs de façon à ce que le jeu puisse être davantage inter-générationnel et se vendre autant pour des enfants de 8 ans que pour des adultes ? Vu les débats qu'il y a déjà eu sur la question, on voit bien que le fait de diviser "'lopinion" laisse imaginer ce que l'acheteur lambda de supermarché qui cherche un cadeau (une maman, un grand-père...) pourrait penser en voyant le parti pris graphique de ce jeu.
Tout ça pour dire que le thème et les graphismes font assurément partie de l'équation.

Alors là, je suis mal vu le parti que j'ai pris pour l'un de mes derniers-nés... :|
Mais c'est vrai que j'ai pensé à faire une version édulcorée pour le grand public, au grand dam de ma femme qui insiste pour que je reste authentique.
Mais honnêtement, combien de créateur de jeux ne souhaitent pas se faire éditer ? Alors un jeu comme le mien, dont le graphisme enverrait S&R au pays des Bisounours, a combien de chance de se faire éditer ? Aucune, très vraisemblablement. C'est pourquoi, j'envisage très sérieusement de créer une société d'édition qui sera spécialisé dans ce genre de thème et de graphisme. Je crois qu'il y a peut-être une filière à exploiter... :roll:
Peut-être que le succès, comme le souligne Tom, réside dans l'originalité...
Mon top
Aucun jeu trouvé
shaudron
shaudron
J'ai l'impression qu'à quelques exceptions prêt, le succès d'un jeu tient plus au travail commercial, marketing et de distribution qu'aux réelles qualités du jeu. En d'autres termes, un jeu bien vendu se vendra bien. Pour le reste, il s'agit de différences qui n'intéressent que les gens de ce forum. Donc ma réponse à moi, c'est oui, il est possible de calibrer un jeu pour en faire un best seller, mais ça ne se fait pas au moment de la conception du jeu, mais plutôt de sa commercialisation. De là à dire que même une bouse ludique pourrait bien se vendre avec la machinerie économico-médiatique adéquate, il n'y a qu'un pas, vite franchi quand on observe les rayons de supermarché... :|
Mon top
Aucun jeu trouvé
ehanuise
ehanuise
shaudron dit:J'ai l'impression qu'à quelques exceptions prêt, le succès d'un jeu tient plus au travail commercial, marketing et de distribution qu'aux réelles qualités du jeu. En d'autres termes, un jeu bien vendu se vendra bien. Pour le reste, il s'agit de différences qui n'intéressent que les gens de ce forum. Donc ma réponse à moi, c'est oui, il est possible de calibrer un jeu pour en faire un best seller, mais ça ne se fait pas au moment de la conception du jeu, mais plutôt de sa commercialisation. De là à dire que même une bouse ludique pourrait bien se vendre avec la machinerie économico-médiatique adéquate, il n'y a qu'un pas, vite franchi quand on observe les rayons de supermarché... :|


On pourrait même donner des noms :mrgreen:
Tom Vuarchex
Tom Vuarchex
shaudron dit:J'ai l'impression qu'à quelques exceptions prêt, le succès d'un jeu tient plus au travail commercial, marketing et de distribution qu'aux réelles qualités du jeu. En d'autres termes, un jeu bien vendu se vendra bien. Pour le reste, il s'agit de différences qui n'intéressent que les gens de ce forum. Donc ma réponse à moi, c'est oui, il est possible de calibrer un jeu pour en faire un best seller, mais ça ne se fait pas au moment de la conception du jeu, mais plutôt de sa commercialisation. De là à dire que même une bouse ludique pourrait bien se vendre avec la machinerie économico-médiatique adéquate, il n'y a qu'un pas, vite franchi quand on observe les rayons de supermarché... :|

bah, non, je ne suis pas d'accord avec toi. Ou plutôt, je tournerai les choses autrement : un jeu ne peut pas être un best-seller s'il n'y a pas un travail important de commercialisation et de distribution pour accompagner son succès !

Il y aussi une grande différence entre le JdS et les autres secteurs loisirs, c'est la couverture médiatique. Jungle Speed* était un best seller avant qu'il bénéficie d'une couverture médiatique. Et je peux affirmer que le marketing a été totalement absent de son succès (c'est vrai aussi pour les LGdT ), en revanche le marketing intervient pour maintenir le succès.

D'autre part, il ne faut pas croire que tous les jeux qui remplissent les rayons de supermarché sont des succès, beaucoup de jeux vont finir au pilon. Les jeux à licence d'émissions de télé, par exemple, vont directement dans les linéaires des hyper mais beaucoup disparaissent rapidement faute de clients.

* désolé, je vais forcément le prendre en exemple souvent dans la mesure où c'est l'exemple que je connais le mieux :oops:
Mon top
Aucun jeu trouvé
zoyd
zoyd
Je travaille côté édition livres.
Il existe quelques points communs entre les 2 secteurs et au moins autant de différences.

Dans le cas du livre, il arrive que les best soient calculés. Moins par leurs auteurs, d'ailleurs, que par les éditeurs. Ces derniers mettent en place tout une politique de séduction, de marketing, de mise en place dans les librairies, qui figure parmi les conditions propitiatoires.
Évidemment, ça ne suffit pas. Mais ça aide, ça aide même beaucoup.
L'originalité fait partie de l'équation. Pas une originalité absolue, plutôt relative : il arrive qu'un livre ou un auteur fasse le lien entre une culture geek et une culture grand public. C'est le cas d'un Marc Levy ou d'un Musso ou, il y a un paquet d'années, d'un Truisme - seul carton de l'auteure d'ailleurs, puisqu'elle a radicalement changé de genre ensuite.
La croisée des genres, j'appelle ça. Le cross-over, etc.

Stieg Larsson est, lui, clairement une surprise et pour tout le monde, et partout. Atypique. Werber aussi. Il a essuyé plusieurs refus d'Albin Michel avant de les convaincre. Puis il a fallu du temps pour que Les Fourmis marchent (uh uh) et c'est l'édition poche qui l'a vraiment lancé - et là, pas d'équivalent pour le monde du jeu.
Larsson, Werber ont été prescrits par les libraires, par les enseignants avant d'être plébiscités.

Je fais vite, je connais d'autres histoires de succès par le détail, comme Le Projet Bleiberg édité par un libraire rennais (!) et qui aujourd'hui cartonne (dans les 30 000 ex. On est loin des 500 000 de Levy mais il n'y a pas Robert Laffont derrière ni une agent littéraire pugnace et 30 000 c'est déjà beaucoup !).
Pour ma part, j'ai été édité chez un important éditeur. ça n'a pas fait de mon livre un carton, loin s'en faut (4300 à peu près pour une parution en novembre dernier). Il n'était sans doute pas très original, mais le genre est dans l'air du temps, j 'ai eu une campagne pub radio pendant 2 semaines, 2 télés, quelques articles...

Rien n'est certain, même si on prend moins de risque à calibrer sa création qu'en se foutant du goût du grand public. Un jeu de la Lidja a plus de chances, par exemple, d'être un carton, qu'un Friese.
Il ne faut jamais oublier non plus que le "panier de la ménagère" n'est pas extensible, et qu'il l'est de moins en moins. Je pense du coup qu'il y a toujours concurrence entre 2 produits culturels. Et au sein même d'une même entreprise/éditeur.
Assez vite, et quoiqu'en disent parfois les intéressés, les chances ne sont pas les mêmes quand se détache une locomotive. Elle peut entraîner les autres produits (d'où le terme de loco), mais il arrive aussi qu'elle les plombe. Par exemple, un énorme à-valoir accordé à un auteur, c'est de l'argent en moins pour tous les autres contrats, avant même la publication du bouquin. Car le portefeuille de l'éditeur n'est, lui non plus, pas extensible :-)
Une campagne de pub de grande envergure, c'est autant de moyens en moins pour les autres livres. Les éditeurs parient ainsi très clairement sur un livre plutôt qu'un autre. C'est la loi du marché, c'est du commerce, c'est le capitalisme. C'est comme ça :-)
S'il existe un bénéfice pour les autres romans, ce sera plutôt à la marge, éventuellement.
Bref, c'est assez complexe - mais pas compliqué ; simplement beaucoup d'éléments entrent en ligne de compte et parfois il y en a tellement que ça ne sert plus à rien de calculer ou de tenter un best a priori.

Des éléments déterminants pour le succès d'un livre :
*Un genre au goût du jour (l'air du temps)
*Un gros éditeur (il aura des moyens)
*Une campagne marketing (pour la visibilité)
*Des prescripteurs (libraires et medias)

Aujourd'hui l'offre de livres est si pléthorique et les budgets grignotés par toutes sortes de dépenses que les prescripteurs sont devenus très importants. Les libraires ont un vrai pouvoir de conseil et ils peuvent à eux seuls bouleverser toutes les prévisions. Le Projet Bleiberg, dont je parle au-dessus, a grandement bénéficié du soutien de la Griffe Noire. Le livre était bon, bien sûr ; mais comme il était autodistribué et autodiffusé, il n'aurait jamais la possibilité de toucher autant de monde sans le soutien médiatique d'un libraire à la fois connu et respecté.

Qu'en est-il pour le JdS ?
Mon top
Aucun jeu trouvé
duinhir
duinhir
shaudron dit:J'ai l'impression qu'à quelques exceptions prêt, le succès d'un jeu tient plus au travail commercial, marketing et de distribution qu'aux réelles qualités du jeu. En d'autres termes, un jeu bien vendu se vendra bien. Pour le reste, il s'agit de différences qui n'intéressent que les gens de ce forum. Donc ma réponse à moi, c'est oui, il est possible de calibrer un jeu pour en faire un best seller, mais ça ne se fait pas au moment de la conception du jeu, mais plutôt de sa commercialisation. De là à dire que même une bouse ludique pourrait bien se vendre avec la machinerie économico-médiatique adéquate, il n'y a qu'un pas, vite franchi quand on observe les rayons de supermarché... :|


Ouaip, je pense malheureusement que tu as raison, un bon emballage avec la tronche de cauet, un placement en tête de gondole à noël et des pubs (ou des "infomercial" dans les journaux font plus que tout soin apporté à un mécanisme, qui ne touchera au mieux que 50% d'une catégorie très minoritaire de geeks...

Au final, pourquoi les auteurs devraient ils vivre du JdS, est-ce que le fait d'être un auteur, combiné à un métier plus alimentaire n'est pas la meilleure formule pour ne pas vendre son âme :)
Default
shaudron
shaudron
Il y aussi une grande différence entre le JdS et les autres secteurs loisirs, c'est la couverture médiatique. Jungle Speed* était un best seller avant qu'il bénéficie d'une couverture médiatique. Et je peux affirmer que le marketing a été totalement absent de son succès (c'est vrai aussi pour les LGdT ), en revanche le marketing intervient pour maintenir le succès.


Pour moi ces deux là sont justement des exceptions, puisqu'ils ont bénéficié d'un succès réel (entends par là : non forcé par une grosse couverture médiatique, porté par le bouche à oreille) avant de s'envoler vers les centaines de milliers d'exemplaires.

Le cas de Blokus évoqué dans l'autre sujet est édifiant, on peut se demander si au delà du fait que c'est un bon jeu, c'est surtout parce que son auteur s'est donné les moyens de le diffuser largement et sur de nombreux supports que ça a fait un carton. D'une certaine façon, si tu n'avais pas montré Jungle Speed un peu partout pendant des années, serait il le best seller qu'il est aujourd'hui ?

Je ne nie pas que les qualités réelles d'un jeu entrent en ligne de compte, je dis juste qu'à mon avis, c'est un minimum. Il y en a plein, de bons petits jeux funs et accessibles qui pourraient faire un carton s'ils étaient diffusés plus largement. Attention, je parle de devenir des best sellers de grandes surfaces, pas de succès de boutiques spé...

Après, on ne peut pas nier que certains jeux comme Catane ou Magic ont créé des ruptures. Ils sont les meilleurs contre-arguments à ce que je raconte, je l'admets. Ce serait trop cynique de dire que non, tout est dû au fric investi dans le jeu; parfois il y a vraiment un concept nouveau. Et si c'est uniquement de ceux là que tu veux parler, alors ma réponse serait non, il est impossible de calibrer un best seller, parce qu'il crée la surprise. Ca va au delà de regarder le marché en négatif et d'essayer de créer ce qu'il y manque.

C'est quantique. (et ça c'était juste l'adjectif gratuit utilisé à tort et à travers) :mrgreen:
Mon top
Aucun jeu trouvé
ehanuise
ehanuise
Duinhir dit:Au final, pourquoi les auteurs devraient ils vivre du JdS, est-ce que le fait d'être un auteur, combiné à un métier plus alimentaire n'est pas la meilleure formule pour ne pas vendre son âme :)


Ben et la ferrarri, le yacht et les gonzesses alors ? C'est pas avec le smic et 200 balles de royalties qu'on peut se les permettre, hein :mrgreen: