Monsieur Phal

Les Bâtisseurs Antiquité, quoi comment !

Les Bâtisseurs Antiquité, quoi comment !

Nombreux sont ceux qui ont craqué devant l’accessibilité de « Les Bâtisseurs », le petit jeu dans une petite boite du petit Fred Henry. Il faut dire que nous avons suivi le projet de tellement prêt que certains ont pu croire que nous avions eu une relation physique poussée avec l’auteur. Ou l’éditeur. Voire les deux. Ou alors une espèce de pacte à base de milliers de dollars. Mais que nenni. Nous avons estimé que le jeu était bon. Oui. Même s’il est vrai que les sirènes du port d’Alexandrie font vaciller les papillons de notre jeunesse… Rhhaaaa ! Bref, nous avons senti du potentiel. Et la suite va lever le voile sur la suite de ce potentiel. Assurément.

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Standeulône.

C’est en octobre 2014 qu’arrivera sur les étals de nos boutiques le premier Add-On de « Les Bâtisseurs ». Ce ne sera pas une extension. Non. Pas vraiment. Ce sera ce que l’on appelle dans le milieu un « Stand Alone », c’est-à-dire une boite autonome, jouable sans rien d’autre. Un nouveau jeu, mais pas vraiment.

Les Bâtisseurs.

Nous n’allons pas vous présenter ici le principe de « Les Bâtisseurs », il y a assez d’informations sur la fiche de jeu. Il y a des articles, des TT Tv… Donc c’est inutile. Et nous allons partir du principe que vous savez comment cela fonctionne. Si ce n’est pas le cas, allez donc voir la fiche, et les articles et les TT Tv…

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Antiquité.

Le 1er de la série s’appelle, si vous regardez bien, « Les Bâtisseurs : moyen-âge ». Cet opus se nommera lui « Les Bâtisseurs : Antiquité ». L’éditeur, l’auteur ne l’ont jamais caché, l’idée est de décliner le principe du jeu en rajoutant des couches de subtilités qui seront autant de voyage dans l’histoire. Avec « antiquité », nous voilà plonger à l’époque de la construction des Merveilles. Il y a l’apparition des outils et l’utilisation d’esclaves. Esclaves que vous allez devoir affranchir, parce que bon, tout de même, c’est mieux.

Matériel.

Nous sommes toujours devant un petit jeu de cartes qui tient dans une petite boite. Même format, même prix. Vous trouverez à l’intérieur des cartes Ouvriers (Apprentis, Manœuvres, Compagnons, Maîtres), mais en nombre plus restreint. Il y a, forcément, les cartes bâtiments à construire, avec des merveilles comme le Colosse de Rhodes. Jusque-là, c’est, à part un équilibrage tirant vers du plus tendu, tout pareil. Il y a, et c’est là que tout change, 3 nouveaux types de cartes, les outils, les Esclaves et les crédits. Rajoutez la possibilité d’upgrader vos ouvriers en leur assignant des compétences supplémentaire et vous avez un jeu toujours aussi simple, mais un peu plus pointu. Les nouvelles règles que cela implique modifient grandement le jeu, mais de façon subtile et accessible.

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Des choix en plus.

À votre tour, vous allez avoir comme d’habitude 3 actions (et plus si vous dépenser des sous). L’une de ces actions va pouvoir être de prendre l’une des nouvelles cartes ou d’enseigner des compétences à un ouvrier (ou un esclave s’il a été affranchi). Donc, maintenant, vous pouvez à votre tour, s’il en reste :

  • assigner des ouvriers à la construction des bâtiments.
  • prendre un ouvrier.
  • prendre un bâtiment.
  • Prendre des pièces.
  • prendre un outil.
  • prendre un esclave.
  • prendre un prêt.
  • Envoyer un ouvrier ou un esclave affranchi apprendre (l’upgrader donc).

Seulement attention, les 3 nouveaux types –outils, esclave, prêt ne sont disponibles qu’une fois durant votre tour, et seulement une fois. En gros, si vous pouvez prendre 3 ouvriers à votre tour, vous ne pourrez pas prendre 3 outils. Ni 3 esclaves. Ni 3 Prêts. Pire, si vous prenez un outil, vous ne pourrez pas prendre durant ce tour un esclave, ni un prêt, ni un enseignement. En gros, vous n’avez droit qu’à une seule des nouvelles cartes par tour. Ha oui, c’est tendu. D’autant que ces nouvelles cartes sont très limitées en nombre. Il y a 4 outils seulement, 4 enseignements…

Les outils.

Apparaissent 4 cartes Outils. Le Maillet, La Scie, L’Équerre et le Pinceau. Chacun d’eux est unique. Chaque outil améliore de 1 le niveau d’un ouvrier à qui il est assigné. On ne peut assigner qu’un seul outil à un ouvrier, mais cela ne coute pas d’action. On assigne l’outil au moment où l’on envoie l’ouvrier sur une construction. Et, forcément, il monopolise l’outil jusqu’à ce que le bâtiment soit terminé. Une fois l’ouvrier et l’outil libérés, ils peuvent être assignés à un autre bâtiment, et séparément. L’outil peut aller à un autre ouvrier… Ils se le prêtent en somme.

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Les esclaves.

Ils sont au nombre de 6 et possèdent un couple de compétences qui les rendent différents. Vous allez devoir payer pour acquérir une carte Esclave, mais s’il y a un coût d’achat, vous l’enverrez sur les chantiers gratuitement. Il vous en coutera une action, normal, mais pas d’argent ! C’est un esclave. L’astuce, car il y a une astuce, c’est qu’il faudra affranchir vos esclaves avant la fin de la partie. Sinon, vous aurez des points négatifs. Posséder des esclaves, c’est mal. Affranchir ne coute pas d’action, mais coute de l’argent. Il va donc falloir gérer au plus prêt vos revenus.

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L’université.

Il y a 4 types de compétences dans « Les Bâtisseurs », et chaque ouvrier est plus ou moins efficace dans ces 4 domaines. Il peut être bon en Pierre, en production de bois, en savoir, et dans « antiquité », en peinture. Dans cette version, il y a la possibilité de rajouter des niveaux à un ouvrier. Il existe un « upgrade » par connaissance. À votre tour vous pouvez, s’il en reste, prendre l’un des « Upgrade » pour l’ajouter à un ouvrier, ce qui le rendra plus efficace. Et s’il a un outil en plus, vous imaginez le travail qu’il pourra abattre. On ne peut pas envoyer une esclave à l’université. Non. Il faudra d’abord l’affranchir, c’est-à-dire payer le prix de sa libération. Ensuite, et seulement ensuite, vous pourrez lui coller la barrette signifiant un niveau de culture supérieur.

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Les prêts.

La saveur, la subtilité de cette version « antiquité » tiennent dans le rôle important de la gestion de votre argent. Très tendu. Beaucoup plus tendu que dans le jeu d’origine. Pour rendre la chose plus facile, ou plus tendue, au choix, il y a la possibilité de faire un emprunt. C’est une action. Vous prenez une carte emprunt et vous touchez immédiatement 10 sous. Le truc, c’est que c’est aussi -2 points de victoire si vous ne remboursez pas l’emprunt à la fin de la partie. Et rembourser, c’est rendre la carte et 15 sous. À vous de calculer le différentiel de l’intérêt du besoin tout en intégrant la variable emprunt de vos adversaires… Plus tendu. Oui. Je vous le dis depuis le début.

Et du coup ?

Du coup, on a le même jeu, mais avec ce petit quelque chose en plus qui va attaquer vos neurones. L’auteur a cherché l’asphyxie financière. Il est beaucoup plus difficile d’équilibrer votre économie, c’est donc un vrai challenge pour joueur optimiseur. C’est sans doute l’une des petites couches qui pouvait manquer aux joueurs chevronnés qui reprochaient parfois une certaine facilité. Là, si vous commettez une boulette dans vos choix, vous risquez d’avoir les plus grandes peines du monde à revenir. Cela va vous faire fondre les neurones.

« antiquité » vous propose de nouvelles stratégies, de nouveaux axes. Vous allez devoir faire un peu plus attention à ce que font les autres. Oui. Ne pas leur laisser trop d’outils par exemple… Bref, le mieux est de lire ce que Monsieur Fred en disait dans notre forum.

Ce que j'appelle la "ligne supérieure" (c'est à dire la ligne de nouvelles possibilités qui vient surplomber les deux lignes de cartes initialement présentes) est intrinsèquement créatrice de monnaie. En effet elle comprend du crédit, des esclaves (que l'on achète puis qui travaillent gratuitement), des outils (qui sont de petits upgrades qui viennent s'ajouter aux compétences des ouvriers qui les portent) et de l'instruction (qui est un gros upgrade qui vient se substituer à la compétence antérieure de l'ouvrier). Ce qui est en question ici c'est la façon dont ces ajouts impactent la masse de monnaie en circulation (initialement 40 Ecus en début de partie à quatre joueurs).

DefaultDans Bâtisseurs, l'acte d'achat (le paiement des ouvriers, des extra-actions ou l'achat des nouveautés payantes) revient à détruire de la monnaie. La "banque" n'y fait pas en réalité circuler la monnaie, mais se contente de la créer ou de la détruire). C'est ce qui explique la dynamique des parties de Bâtisseurs Moyen-âge : l'argent est une ressource très rare en début de partie mais qui a tendance à devenir pléthorique en fin de jeu si les joueurs sont trop conservateurs dans leurs achats d'extra-actions (d'où le "manques de pièces" parfois mis en avant par les joueurs). Les ajouts de Bâtisseurs Antiquité exacerbent cette tendance puisqu'on a à faire à ce que l'on pourrait appeler le syndrome du chèque émis mais jamais encaissé. Je m’explique : dans la « vraie-vie » le système bancaire donne à chaque agent individuel la licence de créer de la monnaie par l’émission d’un chèque. Cette « sur-monnaie » est ensuite détruite lorsque le chèque est encaissé (par le transfert des fonds entre les deux comptes). Dans Bâtisseurs Antiquité, faire travailler un esclave déjà amorti, des ouvriers équipés d’un outil remboursé ou un ouvrier « instruit » dont le coût de l’instruction a lui aussi été amorti, revient à émettre autant de chèques qui ne seront jamais encaissés, pour la simple et bonne raison que le système de Bâtisseurs revient à transformer les compétences des ouvriers en Ecus à chaque fois qu’on les met au travail, mais que les ajouts d'Antiquité ne sont payés que lors de leur achat et non lors de leur usage (contrairement aux ouvriers traditionnels dont le salaire « détruit » autant de monnaie que leur compétence en apporte si ce n’est l’écart du taux de conversion lié à la fois au bâtiment construit et l’optimisation du joueur pour sa construction et qui est seul responsable de la croissance au cours de la partie de la masse monétaire dans le premier opus).

Aussi, pour remédier à ce biais, il a fallu revoir en profondeur les ratios Coût/Gain de chacun des bâtiments sous peine de voir chacun terminer avec 50 Ecus de réserve et donc retirer toute tension sur la ressource « monnaie ».

Désormais, du fait de ces ajustements, la monnaie est une ressource sur laquelle la tension demeure constante tout au cours de la partie et non plus seulement en début de partie.

Frédéric Henry - 31 Mai 2014 14:03

Quand et combien ?

Le jeu arrivera en octobre 2014 et devrait couter 15€. Ni plus, ni moins que le premier opus. L’idée de Bombyx, et donc de Monsieur Fred, est de proposer 5 âges. Nous en sommes à deux. Vivement les 3 autres. Et bientôt, une Tric Trac TV. Forcément.

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Bonus.

Nous avons reçu hier, jeudi 12 juin, les cartes Bonus « Officine ». Nous sommes en train de planifier l’acquisition et la distribution. Nous avons 500 sets, et il n’en existe pas d’autres. Nous allons donc donner la priorité à nos abonnés. Forcément. Ne nous posez pas de questions, nous allons publier une annonce sur ça. Justement.

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Les Bâtisseurs - Antiquité
Un jeu de Frédéric Henry
Illustré par Sabrina Miramon
Publié par Bombyx
2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Langue de la règle: Français
Durée: 30 minutes
Prix: 15,00 €


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Je n'aime pas

Commentaires (45)

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Damyville
Damyville
Je découvre tout juste ce jeu et à la 1ere partie, on se pose une question. Si je fabrique une machine, la règle dit qu'elle est alors considérée comme un ouvrier. De fait, puis-je lui adjoindre un outil? Genre machine perfectionnée...
Pikaraph
Pikaraph

@Erwan : merci, c'est un bon choix, chacun choisira ainsi la difficulté qu'il veut à l'achat (soit il a la collectionnite et il les prend tous !)

L'effet que j'espère voir disparaître avec ce 2e jeu, c'est le win to win. Si l'asphyxie financière est bien gérée, ça devrait être le cas.

morlockbob
morlockbob

j aime pas mal l université...le reste moins.

si on devait lui donner un ordre je l appellerai "bâtisseurs 1 1/2" et pas 2, et je ne pense pas l'acquérir.

le véritable changement aura lieu quand on pourra interagir entre joueurs, "bâtisseurs de la renaissance"?

choupou
choupou

Mon avis, sur une partie (ce qui, je l'avoue, ne veux pas dire grand chose), est que les ajouts ne complexifient pas le jeu. Les raisonnements restent les mêmes dans l'ensemble. Les petites nouveautés amènent de la diversités dans les choix. Mais du coup, j'ai l'impression de perdre le côté intuitif lors de mon tour de jeu, question d'habitude sans doute. Mais pour mon petit cerveau, vous comprenez...

Salmanazar
Salmanazar

A la (re)lecture de l'article, je me dis que les ajouts mécaniques sur Antiquité complexifient artificiellement un jeu simple qui tourne bien : la version Moyen age.

Mais, si la version Antiquité était sortie en 1er et était demeurée seule, je ne me serais jamais dit cela.

Du coup, Antiquité est développé comme tout (bon) jeu : une mécanique centrale, un noyau qui tourne bien en rapport avec son thème, auquel l'auteur ajoute d'autres concepts / mécaniques secondaires qui servent le jeu.

Ici, la différence est que le noyau seul a déjà été publié dans un 1er temps : la version moyen-age.

Conclusion : les ajouts sur Antiquité complexifient-ils artificiellement un jeu simple ? Bah j'en sais rien.

Comment ça ? mon analyse ne sert à rien ^^

foogyboy
foogyboy

Un excellent jeu d'ambiance et parfait pour faire jouer les enfants pendant une petite demi-heure. Je me jetterai sur cette extension les yeux fermés :-)

Pit0780
Pit0780

Excellent, j'adore ce petit jeu, simple, et très prenant !

Hâte de savoir quels seront les prochains âges...!

NOLI60
NOLI60

J'ai la même interrogation que pikaraph.. les 2 boîtes se mixent elles? .. a priori non, si l'on parle de "stand alone" ?

Harry Cover
Harry Cover

aime bien les séries moi ! j'ai les trentedouze bouquins de Pratchett, les ouatmille sur Honor Harrington,

ça me ferait chier si une bonne série TV n'avait qu'un épisode !! bon ce serait un film dans ce cas !

L'exercice créatif de la série est vraiment intéressant et appliqué au jeu de sociétés par M. Fred ça risque d'être foutrement prenant, j'espère bien un jour acheter ma 27e boites des batisseurs font du ski

bagounda
bagounda

Il est vrai que le 1er opus était fortement accessible, pouvant ainsi déplaire aux chevronnés ce qui est compréhensible. Mais il m'a entre autre permis d'y jouer avec des gens pas du tout orienté jeu et ainsi leur donner le gout de ce monde ludique.

A la lecture de l'article, le 2nd opus rajoute de quoi permettre aux joueurs d'avoir un peu plus de fil à retordre ce qui plaira à la fois à ceux qui veulent monter d'un cran tout comme à ceux qui trouvaient le 1er opus trop simple qui verront ici un compromis vis à vis des jeux plus complexes encore.

En continuant sur cette lancée, on peut s'attendre à des prochains opus vraiment intéressants tant par les subtilités rajoutées que par les époques choisies. J'espère aussi que Sabrina Miramon restera de la partie pour les prochains, son travail reste superbe.

Bref, cette série de jeux basés est pensée de telle façon qu'elle permet de toucher quasi toute la communauté allant des plus novices aux plus chevronnés (surement dans le 5eme opus) tout en restant sur la même mécanique de base mais avec des subtilités différentes et rien que ça c'est un très gros et très bon travail de la part de Frédéric Henry qui est vraiment un acteur majeur dans le monde ludique de part la qualité de ses jeux.

Merci à vous.