Jeux Opla

Opla : le bilan de demain !

Opla : le bilan de demain !

On vous souhaite évidemment tout le meilleur du monde pour toutes les années à venir, et je vais profiter de cette fictive charnière pour dresser un petit bilan de nos activités en introduisant le futur… Vous allez donc passer au travers de ces quelques lignes dans ce que nous avons vécu et dans ce que nous projetons au sein de notre petite maison d’édition. Et je vais tâcher comme j’aime à le faire de disséminer des tranches de ressentis au fur et à mesure du récit… De toutes façons je n'arriverai pas à ne pas le faire ! Si ça vous gonfle, que ça tourne trop égo-trip pour vous, que c’est trop long ou résolument inintéressant, aucun problème, la magie d’internet vous permet de zapper mes bêtises et de faire autre chose de votre temps ! Je n’en voudrais à personne !

Meilleurs voeux !

Meilleurs voeux !

Avant tout, je veux absolument commencer par un monstrueux et infini merci à tous ces joueurs croisés qui nous ont fait des retours merveilleux et stimulants, ainsi qu’à tout mon petit entourage ludique intime qui fait qu’Opla est ce qu’il est et grandit joliment à son rythme ! Merci donc à vous, les amis qui rejoignez la petite famille au cours du temps, et partagez tout ce qu’on s’échine à construire et transmettre !

 

Balance ton Poc !

En 2018, nous avons publié un jeu, un seul : Poc ! Une vraie histoire de potes puisque nous en sommes trois auteurs (Alexandre Droit, Nicolas Bourgoin et moi) et un illustrateur (Tony Rochon) très copains et impliqués dans l’histoire. C’est un jeu hors-gamme pour les Jeux Opla, car il ne rentre dans aucune des trois collections existantes. C’est un trip, un délire, un amusement, et néanmoins le plus sérieusement du monde. Parce qu’on fait des jeux pour vous et pour s’amuser, et pour aller au bout de nos envies, quelques soient les formats dictés par le marketing, par la mode. Donc un jeu au format particulier, avec uniquement une boite et des sous-bocks ! Un jeu fun, rapide, immédiat. Bref, on adore notre Poc ! On s’est amusés à s’attribuer chacun un des personnages du jeu, et on a été jusqu’à publier, avec la belle maison d’édition de livres jeunesse Loustik, dirigée par Tony Rochon, un livre pour les enfants racontant l’histoire des animaux du jeu : N’Importe Quoi ! Et ce fut un exercice tout aussi compliqué qu’excitant que de se lancer dans ce travail d’écriture. Qui m’a carrément stimulé, disons-le ! Poc ! est sorti pour Cannes, en février 2018, avec un très chouette accueil critique. Une chose étonnante, presque un an après, est que c’est un jeu qui plait aux joueurs, et qui est plus difficile à vendre auprès du grand public. Etonnant car c’est de toute évidence le jeu le plus accessible et immédiat de notre collection. Trop, vraisemblablement, car il ne fait pas assez « jeu » pour un public non joueur. Le jeu est paru également en Russie (chez Lifestyle) et va arriver en Espagne (chez Tranjis). Une chouette histoire, en tout cas, dans son ensemble !

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Le livre N'Importe Quoi et le jeu Poc !

 

La vague apocalyptique : on aurait pu s’arrêter là mais on pouvait pas !

En 2018 nous avons également continué à planer sur notre petit nuage apocalyptique initié fin 2017 avec la sortie surprise d’Apocalypse au Zoo de Carson City. Un succès, immédiat et durable, porté par des passionnés qui ont permis un chouette buzz autour du jeu. Un jeu qui aurait pu paraître surprenant au milieu de nos greeneries, mais qui au contraire y est parfaitement intégré. Pour rappel, c’est un petit jeu de la gamme bédé, comprenant déjà Lincoln se met au Vert et Le Bois des Couadsous. Il est adapté de la série de bédé génialissime Apocalypse sur Carson City, de Guillaume Griffon. Nous l’avons créé avec Alexandre Droit et scénarisé avec Guillaume comme un spin off ludique de sa série. Je tiens énormément à ce que ces jeux ne soient pas des produits dérivés mais bien des jeux adaptés. A tel point, d’ailleurs, que dans le dernier et ultime tome de la série, paru au printemps 2018, quelques pages se déroulent dans le zoo du jeu ! Merci Guillaume pour cette implication. Et surtout merci aux milliers de joueurs qui ont aimé et porté ce jeu, et merci aux dizaines de critiques dithyrambiques qui l’ont promu à mort !

Alors on ne pouvait pas s’arrêter là. Non non non, ça, on pouvait pas. On aurait pu, mais on ne pouvait pas. Donc on a travaillé assidument sur une triple extension à la hauteur du jeu de base. Triple car elle permettra 3 ajouts :

  • La possibilité de jouer désormais jusqu’à 6 joueurs. Ce qui signifie que vous aurez deux nouvelles équipes de héros… Ainsi que de nouvelles cartes Zoo car il fallait un peu agrandir le terrain de jeu !
  • Un mode « Linda », et ceux qui ont lu la série comprendront. Et ceux qui ont tout lu jusqu’à la fin comprendront pourquoi il y a des raisons d’avoir les miquettes ! C’est un léger ajout qui augmente considérablement le côté trash du jeu, en vous forçant à beaucoup plus d’anticipation et de projection, et plus de tactique… Plus tactique et en même temps plus tendu et plus fun…
  • Un mode casse-tête, jouable en solo ou à plusieurs, dans lequel vous aurez une nouvelle mission : libérer les animaux du zoo avant qu'il ne soit napalmisé, et survivre ! C’est une nouvelle façon de jouer, une sorte de labyrinthe avec pas mal de choix à faire et toujours cette prise de risque créant une belle petite tension !

Le jeu sortira courant de l’année, à mi-chemin, je l’espère. Le jeu de base étant de tout petit format et petit prix (12 €), l’extension ne sera pas plus chère.

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Le proto des extensions de Linda !

Et pour ces nouvelles idées, nous nous sommes faits accompagner des auteurs David Boniffacy (dit Bony, aussi notre graphiste et illustrateur de pas mal de nos jeux), David Paput et Eric Plotton. Ils devraient d’ailleurs recevoir leurs contrats sous peu, ils vont être contents de l’apprendre ici !

Je remercie au passage les copains belges de Des Jeux Une Fois et du BGF pour l'organisation et la mise en place d'un Apocalypse GN ! C'était génial à voir et à jouer !

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La partie grandeur nature d'Apocalypse au Zoo de Carson City, avec Alexandre Droit !

Une autre merveillosité a été la sortie du jeu sur la plate-forme en ligne BoardGame Arena, où 13 000 parties ont déjà été jouées depuis juin !

On est connus pour notre démarche, de jeux fabriqués 100% en France, de thématiques Nature, de partenariats avec des naturalistes, de respect de l’environnement, de l’économie sociale et solidaire… Et pourquoi ne pas proposer des jeux trash à l’univers marqué et au parti pris graphique osé sans pour autant garder l’intégralité de nos convictions ? Apocalypse est l’exemple que c’est possible, et même entièrement possible. Je n’aime pas l’idée qu’on aime la nature, qu’on veuille la protéger, qu’on veuille donner du sens aux choses, sans sortir d’une image uniquement verte et militante, possiblement effrayante. On peut aimer le cinéma trash et le cinéma documentaire, on peut aimer l’absurde et en même temps le contemplatif. J’ai pris un gros kif à la scénarisation d’Apocalypse, avec Alexandre et Guillaume, où le contexte nous amène à flinguer nos adversaires et dégommer les mutants, mais où, mine de rien, c’est en libérant les animaux du zoo qu’on marque le plus de points possible. J’avais déjà amorcé cette vision des choses avec Lincoln et les Couadsous, là c’est une apogée ! Je prends beaucoup de plaisir à disséminer des messages et des notions greens, voire engagées, dans un jeu à l’univers loin des papillons et des petites fleurs ! Les contrastes forts marquent. Vous l’aurez compris : surkif. Donc merci vraiment pour l’accueil de ce jeu. Et j’ai une bonne grosse hâte que la suite arrive, parce qu’on en est très fiers avec Alex !

 

Pour les autres mais aussi beaucoup pour nous…

Les Jeux Opla, ce n’est pas uniquement les jeux que vous trouvez dans vos boutiques préférées… C’est aussi beaucoup de jeux sur commande, que l’on réalise pour des ONGs, des entreprises, des associations… Avec un savoir-faire et une spécialisation dans les thématiques Nature, Sciences, et ESS pour les conceptions, et du made in France et propre pour la fabrication. En 2018, nous avons travaillé sur plusieurs projets, et en particulier sur deux d’envergure, dont je vais un petit peu vous parler ici car ils me tiennent beaucoup à cœur, et verront leur finalisation en 2019 : [kosmopolit] et HI.

 

[kosmopolit]

Il y a maintenant presque deux ans, nous avons été commandités, Julien Prothière (Kréus, Dream On…) et moi-même, par le laboratoire lyonnais CNRS et universitaire Dynamique Du Langage (DDL), pour concevoir un jeu de société utilisable en sensibilisation du public sur la diversité des langues du monde, leur richesse, leur dynamique. Pas forcément un jeu éducatif (ouf !), et même plutôt un vrai jeu moderne. Après plusieurs réunions, nous proposions à l’équipe des pistes, dont une plutôt ambitieuse, dure à mettre en œuvre et possiblement casse-gueule : banco, on est donc tous décidés pour partir dans cette direction ! Ce choix expliquera en partie le temps pris pour la réalisation de ce jeu… Au final, il s’agira d’un jeu réellement original, grand public, party game. Et tout le monde s’est tellement pris au jeu que l’objet existera au-delà de la sensibilisation, et sera donc disponible dans vos boutiques au courant de cette année. Il sera co-édité par DDL et Jeux Opla (une première pour nous), et accompagné par la plate-forme Pulsalys. Késako Pulsalys ? C’est une plate-forme qui « a pour mission de transférer les technologies et savoir-faire issus des laboratoires de l’Université de Lyon vers la société civile via la mise sur le marché d’innovations pour contribuer au développement économique et à la création d’emplois. » Dixit le site internet. Chose amusante, j’eus à faire à Pulsalys dans mon ancienne vie de chercheur (parce qu’à la base je suis un peu Docteur en Biologie et je fus chercheur au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon…). Je me réjouis donc de faire ce jeu avec des chercheurs d’un autre type, sans blouse blanche, sans paillasse et expériences fumantes ni cellules en culture. Avec ces scientifiques qu’on appelle des linguistes. Et on a appris énormément de choses incroyables sur cette science péjorativement non dure. Cerise sur le gâteau, le copain lyonnais Stéphane Escapa sera l’illustrateur du jeu ! Donc encore une chouette histoire de copains dans la réalisation de ce projet. J’étendrais même ce copinage aux équipes de DDL (menées par Egidio et Marion) et Pulsalys (avec Emilie) tant nous nous entendons et nous amusons ensemble à réaliser ce projet. Merci plein à vous tous, on se marre bien… Et c’est tellement plaisant de passer des journées entières de réunion dans les anciennes salles de torture de la seconde guerre mondiale (le labo se trouve au Centre Nationale de la Résistance, à Lyon) !

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Une réunion de travail avec l'équipe de DDL

Le gameplay est en phase de peaufinage, les illustrations vont commencer à se mettre en forme sous la souris de Stéphane. L’idée serait de présenter une maquette au FIJ de Cannes.

Le jeu, donc, en résumé. Déjà, c’est un coopératif. Ben oui, Julien est dans l’affaire… Ça va se passer dans le restaurant le plus cosmopolite du monde, un peu branchouille aussi. Un peu bordélique aussi, mais ça dépendra de vous. Les clients peuvent y venir en parlant n’importe quelle langue du monde (ou presque, puisque tout de même une cinquantaine de langues seront présentes), et commander leurs plats préférés. A nous d’être assez bons pour honorer ces commandes puisque c’est notre resto ! Il y aura un serveur, un chef de salle et des cuistots. Et il y aura… Une appli pour mener la danse ! Une première chez nous, un jeu optimisé. Et carrément car grâce à cette appli, vous entendrez des langues du monde entier… Je m’explique : le serveur aura son smartphone dans les mains, et les écouteurs dans ses oreilles ; le chef de salle aura son carnet et son crayon, et les cartes du jeu dont chacune correspondra à une table du restaurant ; les cuistots auront leurs cartes en mains, selon leurs spécialités géographiques. Comment ça va se passer ? Déjà une manche durera 6 minutes, le temps en accéléré d’un service. C’est parti ! Le serveur lance la partie, le resto ouvre, toutes les tables apparaissent sur l’appli. Une table s’allume, des clients arrivent : le serveur écoute leur commande et entend le nom d’un plat en… Ben en quoi, justement ?... Il transmet ce qu’il a entendu au chef de salle en lui indiquant le numéro de la table. Le chef de salle note ce qu’il comprend sur son carnet (vous commencez à capter l’histoire du téléphone arabe, là ?). Ça sonne africain, asiatique, européen ?... Mhh… « Ok, Asiatique, on dirait, je prends, l’Asie c’est ma spécialité ! Et alors je cherche parmi mes cartes si je trouve ce que j’ai l’impression d’avoir entendu » ! Sachant que chaque carte correspond à une langue, et comprend 6 plats différents, avec en dessous de chacun l’aliment principal qui le compose… « J’ai trouvé, alors je donne ma carte avec la carte de la table ainsi que l’aliment en question (que je farfouille dans les cartes Aliments) » ! Mais plusieurs commandes arrivent en même temps… Et quand on s’est trompé, on refile notre commande à un autre cuistot, et il faut résister à cette frénésie, tous ensemble… Qu’elles sont longues ces six minutes ! A la fin, l’appli nous dit ce qui est bon, mauvais, et notre score, qui s’enregistre. Car l’appli cumulera nos parties pour qu’on voit notre resto se customiser selon notre niveau ! Et qu’on puisse partager notre score et la trogne de notre resto sur les internets sociaux, évidemment ! Vous pouvez voir une vidéo à l'arrache d'un bout de partie ici...

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Stéphane Escapa, concon et Julien Prothière

On est dans du fun, de l’original, et c’est tellement réjouissant de mettre autant de contenu et de richesse linguistique dans un party game, qui n’a d’autre but que de proposer une expérience de jeu innovante et de faire marrer. Les langues sont méticuleusement sélectionnées par les linguistes de DDL, et une longue et complexe phase de collecte en travers le monde a lieu, et elle n’est pas encore terminée, d’ailleurs… On aura à la fois des langues hyper courantes et d’autres carrément rarissimes (l’une d’entre elles n’est parlée que par 7 locuteurs dans le monde !), certaines qui ne possèdent pas d’écriture… Un jeu dont la réalisation est extrêmement coûteuse en temps humain, que nous n'aurions jamais pu (et jamais songé à l'éventualité de, d'ailleurs) développer sans les pleines compétences de ce labo ! Bref, on espère que la richesse et la diversité de cette science oralisée seront bien retranscrites dans notre jeu. Un petit livret l’accompagnera, avec plein de petites infos en plus sur tout ça… On le planifie pour l’été 2019, si tout va bien évidemment !

 

Humanité et Inclusion

Là, c’est une commande tout particulièrement flatteuse puisqu’elle vient d’une ONG d’exception : Humanité et Inclusion. Pour info, il s’agit de la nouvelle dénomination internationale de Handicap International, ce qui vous parle sans doute plus ! Encore une fois, c’est à la base une commande faite pour développer un jeu de société utilisable en sensibilisation, c’est-à-dire lors d’ateliers, en classe de collège et lycée, lors d’événements… Mais un jeu pas grand public, un jeu immersif, un jeu pas éducatif (ouf again)… Le truc est lourd de sens, le cahier des charges très précis, le volume de contenu à intégrer conséquent. Le contexte ? Une ville a subi des dommages catastrophiques dus à un conflit, les populations ont dû fuir pour s’établir provisoirement dans un camp, jusqu’à ce que les tensions s’apaisent. Les populations peuvent désormais revenir petit à petit dans leur ville détruite, mais… Nous, humanitaires, devront nous charger de remettre en état la ville et de nous occuper d’apporter les soins médicaux, psychologiques et matériels aux populations de retour. Pour cela, nous allons agir en coopération, de nouveau, évidemment.

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Le prototype du jeu HI

J’ai de nouveau fait appel à mon ami Julien, qui fut complètement enthousiaste, ainsi qu’à Agnès Largeaud, auteure de talent (Le Joueur de Flûte, Quadricolor, Floracolor…) et bonne copine aussi. On ne sera pas trop de trois pour mener à bien ce projet… Il s’agira d’un jeu de gestion et de programmation, avec une nécessité d’établir une stratégie ensemble et obligation de s’adapter individuellement. Plusieurs scénarios accompagneront le jeu, avec différents niveaux de difficulté. On a présenté nos avancées étape par étape à l’équipe de HI pour arriver à nos fins. Le jeu fonctionne aujourd’hui parfaitement et plaît beaucoup. Il existera normalement dans un premier temps uniquement pour la sensibilisation, mais son succès lors des tests et l’enthousiaste se généralisant autour du projet feront que peut-être…

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Des parties du jeu HI lors de la Pyramide de chaussures

C’est un projet qui fut très immersif pour nous trois, car nous avons découvert une ONG tellement importante, pertinente, avec des gens extrêmement impliqués et passionnés. Nous avons eu la chance d’échanger avec des personnes diverses actant sur le terrain, et fûmes carrément impressionnés par les retours. Le travail de ces gens-là est dantesque, crucial, et intelligent. C’était parfaitement captivant de les écouter nous nourrir d’informations pour construire notre jeu. Et à l'inverse de leur soumettre nos idées pour s'assurer d'une juste correspondance avec la réalité, pour faire comprendre aussi qu'un jeu doit garder une part d'abstraction...

Un chouette moment fut notre participation en septembre au grand évènement annuel organisé par HI, la Pyramide de Chaussures. Une grosse manifestation dans toute la France dont le plus important spot est à Lyon, Place Bellecour. Nous avions un espace pour faire découvrir notre jeu, durant cette journée où des dizaines d’activités furent proposées, de démonstrations, d’animations, d’expositions, de sensibilisation, entre prise de conscience et prise d’information.

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Agnès Largeaud et bibi lors de la Pyramide de Chaussures

Et un peu comme ce que nous avons vécu avec DDL pour [kosmopolit], l’entente avec l’équipe HI menée pour ce projet par Julie Coquillat fait que nous travaillons à ce jeu avec enthousiasme, main dans la main avec nos commanditaires. Merci donc à eux et à l’ensemble des membres HI que nous avons pu rencontrer !

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Chloé, Julie (HI), Agnès, moi et Julien (Opla)

Cette expérience est également remarquable en ce qui me concerne pour l’entente entre les trois auteurs dont j’ai la chance de faire partie. C’est un jeu pour lequel j’ai le sentiment qu’il a été entièrement réalisé à trois, sans que personne n’ait jamais pris le dessus, où tout le monde a écouté tout le monde, où nous avons été parfaitement complémentaires. Merci donc les amis, Julien et Agnès, c’est tout à fait génial de travailler avec vous, tant pour vos qualités humaines, vos tempéraments à priori compatibles avec le mien (ce qui n’est pas aisé…), et vos évidents talents de conception ludique.

Au jour d’aujourd’hui, nous ne savons pas encore quel illustrateur mettra en forme le jeu, mais dès que ça se décidera, on vous en dira plus…

 

Ça fait drôlement plaisir…

 

  • Hop le j’ton en bois !
    Au salon Naturissima de Grenoble, en 2017, je rencontre les gens de la société Alortujou et leurs merveilleux jeux en bois, eux-mêmes exposants. Fabriqués artisanalement et absolument superbes, je tombe sur certains jeux de Philippe Proux ou Laurent Escoffier… Je tombe un peu amoureux aussi… On échange pas mal, on s’entend bien, et je montre au boss Jean-Michel mon petit jeu Hop le j’ton, paru en 2016, et dont je suis super fier. Ce jeu reprend le principe du pousse-pièces, à la fête foraine. Jean-Michel aime beaucoup mon petit jeu, et me propose de réfléchir à une version bois faîte par leurs soins… Je suis sur un petit nuage ! Je rêvais depuis pas mal de temps d’une version salon en bois de mon Hop le j’ton ! Après plusieurs échanges et prototypes, on s’accorde sur une version qui me convient parfaitement, hyper jolie, hyper bien finie. Je suis charmé ! Je signe un contrat d’auteur avec eux (mine de rien, mon premier en temps qu’auteur avec une autre entité qu’Opla !) alors que… Alors que Jean-Michel joue un autre jeu. Le jeu où on quitte la partie sans jamais pouvoir revenir dedans… Soudainement, sans prévenir… Cette personne que je voyais si belle et que j’avais tellement envie de découvrir plus. Ça ne sera jamais possible. L’histoire a continué bien entendu, avec Evelyn et Greg, qui sont désormais le socle d’Alortujou. Et l’histoire continuera, parce que je suis content de présenter Hop le J’ton dans sa version en bois, mais que j’aurais tellement aimé pouvoir y jouer avec Jean-Michel…Hop le j'ton, tout de bois vêtu...La belle version bois de Hop le J'ton !
  • Toutilix !
    Autre registre, autres personnes, autre démarche. Toutilix est un jeu de lettres de Christine Larquetoux, paru en autoédition il y a quelques années, et remodelé complètement tout récemment. Tout d’abord visuellement par mon ami Bony (David Boniffacy). Ainsi que mécaniquement puisque Christine a fait appel à une douzaine de clampins dont bibi pour accoucher d’autant de nouvelles règles de son jeu… C’était très rigolo de faire partie de ce patchwork d’auteurs, d’autant que dans le tas plusieurs sont de vrais copains ! Et alors que finalement chacun a fait sa sauce dans son coin, on s’est aperçu qu’il n’était pas si évident de s’accorder tous en même temps avec les besoins de la boss ! Le jeu est aujourd’hui paru, et il existe également un vrai chouette partenariat avec Accessijeux pour une version tout à fait qualitative et remarquablement adaptée aux déficients visuels. Notons aussi le partenariat avec ATD QuartMonde, où partent les royalties des douze auteurs, ce qui est une bien jolie chose… Allez, bravo à tous et à Christine pour ce chouette projet !

 

Ce qu’on ne voit pas…

On a cette année honoré d’autres commandes, d’accompagnement à la réalisation, uniquement de fabrication, uniquement de conception… On propose plein de solutions !

Ha, d’ailleurs, au passage, une parenthèse… Je suis transparent sur tous nos process de fabrication, je cite systématiquement tous nos fabricants français, et je prends beaucoup de temps pour trouver des solutions pour faire 100% en France et en écofabrication. Et forcément, ça inspire, et ça c’est parfait. Je reçois très souvent (mais vraiment très souvent) des appels et mails de demandes de renseignements à ce sujet. J’essaye d’y répondre le plus souvent, mais j’ai de moins en moins de temps pour ça, et je ne peux pas passer autant d’heures par semaine, malheureusement, à filer des coups de main à chacun… D’autant moins que cela fait partie des services que nous proposons, notamment de l’accompagnement à la fabrication 100% écofabriqué en France ! Et pour lesquels nous sommes de plus en plus sollicités, d’ailleurs, ce qui est très chouette !

Ainsi nous avons cette année terminé la conception et la fabrication de deux serious games pour des consultants en entreprise (avec les auteurs Frédéric Vuagnat et Julien Prothière). Nous avons également accompagné la réalisation et la fabrication d’un jeu de sensibilisation sur les changements climatiques, pour une Université parisienne.

 

L’exposition !

Nous avons été toute cette année évidemment présents sur de nombreux événements ludiques, des grosses machines et de petits festivals, avec autant de plaisir sur chacun. Cannes fut très chouette car c’était le lancement de Poc !, et on s’amuse toujours beaucoup au FIJ… Essen fut un très chouette moment également, qui me booste chaque année car c’est très flatteur de constater l’engouement du public mondial pour nos mécaniques et nos thématiques. Et de se rassurer toujours un peu plus à ce sujet. Parce que j’ai toujours besoin d’être rassuré ! Essen est aussi le moment où l’on rencontre nos partenaires étrangers, et où nous « plaçons » des jeux, ce qui est souvent très délicat et compliqué pour nous, puisque la grande majorité des contrats ne sont pas possibles du fait de nos exigences. Mais je reviendrai sur ce point majeur un peu plus loin…

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Tony Rochon, David Boniffacy et Yann sur notre stand à Essen

On a fait aussi beaucoup de salons autres que consacrés au jeu. Des salons et festivals Nature, alternatifs, Développement Durable. Dont trois très gros : Primevère à Lyon, Made In France à Paris et Naturissima à Grenoble. Et c’est toujours un moment génial que de présenter des jeux modernes à un public souvent non connaisseur et complètement découvreur. Concernant le salon Made In France, je suis toujours un peu étonné de l’abondance de bleu-blanc-rouge et de cocoricos… On fait ça comme ça pour tellement d’autres raisons, pertinentes, environnementales, d’économie sociale et solidaire… Des raisons tellement éloignées de ce protectionnisme qu’au contraire je bannis… Bref, chaque année, la balade éminemment évidente et ridicule de l’équipe de Marine Le Pen dans les allées du salon, avec des stands qui l'accueillent bras ouverts parce que « quand même, avec toutes ces caméras, ça fait une belle visibilité pour notre marque ! ». Dixit notre voisin… Je cherche le petit emoji qui vomit et ferme cette parenthèse qui ne correspond pas du tout à l’ensemble du salon, exposants comme visiteurs, mais qui me touche tant que je ne peux m’empêcher de vous en causer ! Et chaque année c’est un de nos meilleurs salons, avec un public qu’on retrouve avec un immense plaisir !

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Johanna sur notre stand à Naturissima

Se confronter ainsi à un public non joueur est parfois – mais finalement rarement - un échec (oui, il y a des règles et de l’immersion), et souvent un succès car une vraie découverte !

Et plein d’événements locaux très chouettes, organisés par des assos ou ONGs environnementales, ou prônant une économie sociale et solidaire. C’était le cas de Greener Good, de l’Alternatiba Tour, des 50 ans de la FRAPNA, du lancement du magasine Agir à Lyon chez Anciela, de Third of Seven… Où systématiquement se mêlent complètement jeu et sens. Où la démarche et les thèmes rejoignent les mécaniques du jeu. Et de plus en plus souvent nous participons à des tables rondes, échanges, conférences, pour expliquer la démarche, son pourquoi, et tout ce sens que l’on essaye de mettre dans nos jeux. Comme j’aime à le dire de plus en plus souvent, on ne produit pas que des jeux, on produit aussi du sens ! D’ailleurs, on est de plus en plus souvent considérés dans ces milieux comme une sorte de nano-contre-pouvoir entrepreneurial, et c’est très flatteur. J’en reparlerai peut-être plus loin.

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Lors de la journée de lancement du magasine Agir à Lyon

Sur tous les événements, vous ne rencontrerez sur nos espaces que des copains de la famille Opla, donc parfaitement au fait des dessous de la boîte, et avec qui vous pouvez complètement échanger. Merci donc plein à Johanna, Florian, Coralie, Alex, Bony, Tony, Yann, Annie et Agnès pour être si présents et motivés !

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Tony, Bony, moi et Yann à Essen 2018

Et toujours, le meilleur des évènements du monde, mon chouchou de moi que j'ai : Chamboultou ! Sans déconner, marquez-le dans vos agendas, ça ne se rate pas ! A Ussel, en Corrèze, les 17-18 août ! Et je ne dis pas ça parce que j'ai créé l'asso il y a plus de quinze ans et parce que ma maman en est aujourd'hui la digne et talentueuse présidente et parce que l'équipe est aux petits oignons et parce que c'est l'ambiance la plus familiale de l'hexagone ! Ce Chamboultou, cette année, fut coloré particulièrement car nous avons perdu un membre essentiel et un très grand ami, Jean-Charles, quelques jours avant. Cette ambiance si familiale fait que quand ce genre de connerie arrive, la famille en chie un peu...

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Chamboultou !

Et en mars, nous avons participé pour la première fois à la Foire de Lyon. C’est une très grosse machine avec plus de 1000 exposants, durant 12 jours. Comme c’est un gros événement lyonnais, et que nous sommes très impliqués dans la vie locale, j’avais décidé avec un immense enthousiasme de prendre un espace pour présenter nos jeux… 2 personnes durant 12 jours sur le stand de 10h à 20h, avec 2 nocturnes à 22h, et la préparation en amont, et le rangement ensuite… Et une question grandissante au fur et à mesure que la manifestation se déroule… Qu’est-ce qu’on fait ici ? J’étais présent en continu, et mon temps sur place a fait germer en moi ce que je n’aime pas : de la déception, de l’aigreur, et la transformation de cette question en un constat. Un constat douloureux. Un constat du au fait que nous avons été invisibles la plupart du temps. Même les jours de très grosse affluence. La culture n’y a pas sa place. Les plus de 200 000 visiteurs étaient happés par les vendeurs de casseroles miraculeuses, par les étiquettes colorées, les offres spéciales, les impressions d’affaire du siècle… Ce n’est pas péjoratif, c’est simplement constaté. Le jeu de société moderne, sans doute d’autant avec nos thèmes, ne peut toucher que le public bagagé pour. Les seuls moments où nous avons eu du public, curieux, heureux de nous trouver là, fut lors des deux nocturnes, alors que les visiteurs furent radicalement différents. En effet, le soir se promenaient sur le salon un sociostyle plus… « bobo » ! Et c’était ça la vraie claque, car nous étions hyper heureux de travailler durant ces nocturnes avec ces clients qui d’évidence correspondent plus à notre cible, mais il aurait été tellement plus satisfaisant et gratifiant de toucher un public réellement nouveau. Avec un stand à l’ambiance différente de la majeure partie des autres exposants… Mais non, ce constat : échec. Une plaque de verre sépare les univers, et ils ne se mélangent que très difficilement… On se voit mais on ne se découvre pas ! Il n’est pas dit que nous ne referons jamais cet évènement, mais alors différemment, et je n’y serai certainement pas en continu !

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Tony Rochon en dédicace lors de la Foire de Lyon

Puis vint un des trucs qui m’a le plus excité de l’année… Un vrai truc nouveau ! Un truc que j’ai été le premier à faire pour vendre des jeux de société modernes… Et ce truc c’est QVC ! Une chaîne de télévision consacrée uniquement à du téléachat, avec des shows en direct pour présenter les produits. Un des leaders mondiaux. Un univers que je ne connaissais pas du tout, qui m’était même  complètement étranger, qui trimballait dans mon esprit une image très surannée et kitchouille. La rencontre avec l’équipe et la présentation du bouzin m’avaient enthousiasmé, leur envie de proposer des produits nouveaux, inhabituels pour ce réseau de vente, leur motivation, tout ça avait enclenché de l’entrain de mon côté. Nos 13 jeux ont été présentés aux téléspectatrices (oui, parce que le client cible est clairement ici LA clientE), sous formes de 6 packs. Les 6 shows en direct ont été faits le dimanche 9 décembre. Une expérience complètement géniale. J’avais eu en novembre une journée entière de formation au direct, parce que c’est tout un bazar d’enregistrer à la télé en direct. Ça m’a un peu stressouillé en amont, je dois bien le reconnaître, alors que je suis d’ordinaire plutôt à l’aise quand il s’agit de causer et de présenter nos jeux ! Mais là tellement de choses à considérer, le timing, la position, les retours régie dans l’oreillette, les écrans des previews, les caméras à regarder, les échanges avec le présentateur, la disposition des mains, la présentation des jeux… Bref, la journée s’est terminée et je n’avais qu’une envie, revenir !

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Un peu de stress avant les directs QVC...

Tellement amusant aussi de présenter mes jeux dans des studios télé habitués à présenter des produits tellement différents à un public… Habitué aux produits auxquels il a l’habitude… Quelques jours après, le glas : une catastrophe, des ventes ridicules, en-dessous de l’anecdotique en regard de l’audience. Alors qu’à priori les shows étaient plutôt bons. Vous pouvez d’ailleurs tous les voir, ils sont en ligne (Pom Pom et L'Empereur, Poc et N'Importe Quoi, Pollen et La Glace et le Ciel, Il etait une Forêt et Migrato, les trois jeux BD, les trois jeux old school)… Une belle occasion de se marrer, surtout pour ceux qui me connaissent bien !

Tric Trac

Un des shows QVC avec la présentatrice Aude

C’est au final de nouveau un constat du même acabit que celui subséquent à la Foire de Lyon… Le public ne regarde que ce qu’on lui montre, on ne change que très difficilement les habitudes, on va très rarement voir l’inconnu, on n’est pas très curieux, et on a besoin d’être rassuré, quitte à se perdre dans un bourbis de routine et de train-train qui ne nous construit pas mais ne nous fait pas prendre de risque. Quitte à passer à côté d’occasions de découvrir et aimer… Bref. Vous sentez un peu d’amertume suite à ces deux expériences ? Normal. Elle a été bien présente dans mon petit cigare… Les clichés existent et ne viennent pas de nulle part. Rares doivent être les téléspectateurs de Arté et de TF1 en simultané, les lecteurs du Chasseur Français et aussi de Charlie Hebdo… Le gars qui pourrit la planète et ne verra pas le mal, ou s’en foutra joliment, ne changera pas ses habitudes. Je caricature à mort mais au final ce n’est pas loin d’être la réalité. D’y faire face si frontalement est un peu dur à digérer, surtout qu’on on a soi-même tant besoin de l’inspiration des autres pour avancer…

Fin de mes états d’âme, pardon les amis !

 

Les jeux à venir…

 

L’année qui arrive va être riche de grosses sorties pour nous ! En voici les grandes lignes…

 

Les Extensions de Linda…

J’en ai parlé plus haut : cette année va arriver l’extension d’Apocalypse au Zoo de Carson City.

 

[kosmopolit]

Flûte alors, tout pareil, j’ai tout dit avant…

 

Le retour des Couadsous qui reviennent !

Là, j’ai rien dit ! Le Bois des Couadsous, petit jeu de mémoire de Blaise Muller (le monsieur qui avait déjà signé il y a trente ans Quarto), est notre hit. Notre plus gros succès. A notre niveau, hein, mais il arrive tout de même à 30 000 jeux vendus en France. Un jeu qui a trois ans et qui se vend toujours aussi bien méritait bien qu’on s’y penche un peu de nouveau… Une extension ? Non, mieux. Je m’en vais vous expliquer. Il s’agira d’un nouveau Bois des Couadsous, avec des personnages différents, et tous les dessins différents du premier. Mais la même règle ! Donc si vous n’avez aucun des deux et que vous voulez le jeu, vous choisirez celui qui a la mouille qui vous plait le plus ! Et si vous avez les deux boites, magie : chaque jeu se transforme en extension pour l’autre ! Mais il faut les deux boites différentes, ça ne fonctionnera pas avec deux boites identiques ! On a bien travaillé avec l’auteur Blaise Muller il y a maintenant plus d’un an, et toutes les variantes ont beaucoup tourné depuis et toujours suscité un grand enthousiasme ! Et ça a été un challenge de vous apporter de nouvelles choses à vous mettre sous la dent sans modifier le matériel ni dénaturer le côté évident et épuré du jeu initial… Sans entrer dans les détails, les deux boîtes ensemble permettront d’une part de jouer jusqu’à 8 joueurs désormais, et aussi de débloquer des modes de jeu plus foufous, plus surprenants, ou encore plus déstabilisants… Votre mémoire n’a pas fini de vous en vouloir…

Tric Trac

Parce qu'on cogite à mort, hein, quand même...

L’illustrateur brillant, Jonathan Munoz, qui depuis les Couadsous n’a pas commis de nouveaux jeux mais publié trois bandes dessinées remarquables (pour ma part je vous conseillerai sans retenue Le Dessein et Mauvaises Mines, et zieutez aussi Godman), va vite reprendre du service pour dessiner de nouveaux Couadsous qui… Ne seront cette fois pas des écureuils !

 

LMdC project !

 

Depuis la parution de Lincoln se met au Vert (adapté de la série de bédés que j’adore, Lincoln, des frères Jouvray), j’ai super envie d’adapter une bédé dont je suis absolument fan, qu'on appellera ici LMdC, du dessinateur AdP. D’autant plus qu’il me semble que la mathématique d’un jeu est évidemment présente dans ce qu’elle raconte ! Parfois les évidences n’en ont que le nom, et on se plante. Ce fut mon cas, car impossible de sortir de mon esprit taquin un jeu satisfaisant ! J’en parle à d’autres copains auteurs autour de moi, aussi fans de la bédé en question, aussi enthousiastes que moi à cette idée, et rien… Néant… Quelle jolie frustration !

Puis Lincoln se met au Vert fut accompagné en 2015 par Le Bois des Couadsous, avec le succès qu’on connaît, puis la collection fut complétée en 2017 par Apocalypse au Zoo de Carson City. Et pendant ce temps, toujours rien pour LMdC… Excepté l’ami Julien Prothière qui a adoré également cette série de bédés et a réussi à développer un jeu. Un chouette jeu, coopératif, pour deux joueurs, que j’avais alors pas mal fait tourner à l’époque mais… Pas suffisant… Puis une petite année mise de côté, jusqu’à ce que Julien retravaille son jeu, en soit très satisfait, le présente au Festival Ludix en novembre 2018 et remporte le Prix Coup de Cœur du Jury ! Voilà qui me retitille les papilles… Je découvre rapidement la nouvelle version du jeu et… Ok, vrai kif ! On fait des parties, je le fais tourner autour de moi, je le montre à d’autres et… Ok, vrai de vrai kif ! La machine est donc un peu relancée ! Durant toutes ces années, AdP est devenu une vraie star de la bédé avec des séries qui cartonnent ! On le contacte en novembre pour lui exposer notre projet et notre envie. Il nous répond hyper rapidement et hyper enthousiaste ! Et Julien et moi allons à sa rencontre début décembre pour échanger avec lui, lui montrer le jeu, lui expliquer la démarche… Tout se déroule parfaitement. Il aime le jeu, et d’ailleurs il aime jouer, et il est content de réaliser les illustrations inédites, puisque tous les dessins du jeu seront faits spécialement ! C’est parfait tout ça… Je me rapproche de l’éditeur pour parler de la licence, et tout se déroule bien. Même si ça va être financièrement très serré car la licence a un coût loin d’être anodin… Et aujourd’hui, là, tout de suite, la licence est sur mon bureau, et ne demande plus qu’à être signée !

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AdP, auteur de bédé, vient de découvrir le proto du jeu !

On a, avec Julien et AdP, une année pour parfaire le jeu, et travailler à fond sa scénarisation, car je veux réellement que de nouveau ce soit un spin-off à la série. Et on planifie une sortie pour 2020 ! Et là je suis hyper heureux de faire ce jeu, dans ces conditions, avec Julien… Tout est parfait !

 

Là où la lumière n’a jamais existé…

D’un point de vue très personnel et nombriliste, je souffre depuis un moment d’un manque de temps consacré à la création pure. J’adore travailler au développement de jeux comme j’avais pu le faire avec des jeux comme Migrato, Il Etait une Forêt ou La Glace et le Ciel. Des jeux dont je suis extrêmement fier tant mécaniquement que dans l’adaptation des thèmes. Je me remets un peu à bosser comme ça pour un jeu dont le thème me fascine de plus en plus. J’ai fait beaucoup de bibliographie là-dessus récemment, et ai commencé à travailler à des mécanismes pour intégrer et emboîter tout ça. C’est extrêmement embryonnaire pour le moment, mais je compte bien déboucher sur quelque chose de sérieux dans les mois à venir ! D'autant que j'aimerais beaucoup mettre dans l'histoire une ONG spécialisée et la scientifique à sa tête...

Et je vais aussi probablement commencer à travailler dans les mois qui viennent à un autre jeu Nature, adapté... On verra ça plus tard, et de toutes façons c'est pour fin 2020 au mieux !

Puis je me suis remis à cogiter pour sortir quelques idées et même faire tourner quelques protos, d’autres jeux, qui méritent tous beaucoup de travail encore, mais dont certains me tiennent à cœur. A suivre, donc. Je vais notamment travailler au moins l’un d’entre eux avec l’ami Alexandre Droit : un jeu qui pour l’instant est surtout un algorithme et qui nécessite une expertise graphique pour mettre en forme un proto ergonomique…

 

Les Jeux de Lyon

Je vous parle ici d’un projet que je mature depuis des années, et qui me tient énormément à cœur ! On le travaille à fond en 2019 pour un vrai lancement en 2020. C’est une arlésienne, chaque année je repousse à l’année suivante… Histoire d’être bien frustré !

J’y tiens beaucoup parce que c’est un projet complétement innovant, inédit, et original, que ce soit au niveau de la proposition faite que de la démarche économique et environnementale.

Le modèle est extrêmement proche de celui des Rues de Lyon, un journal mensuel de douze pages, proposant chaque mois un récit complet en bande dessinée. Que du lyonnais, que des histoires vraies, réalisées par des auteurs locaux et imprimées aussi en local. De la bande dessinée locale par des auteurs locaux et un fonctionnement équitable ! Le journal “Les Rues de Lyon” a été créé par l’Épicerie Séquentielle, l’association des auteurs de bande dessinée lyonnais. Tout le travail éditorial est effectué par les membres auteurs de l’association, avec les auteurs membres, en commun et bénévolement. Ainsi, alors que chez un éditeur classique, un auteur touche entre 8 et 10% du prix hors taxes du livre, ici c’est 33% du prix du livre qui lui revient.

Ici ça ressemblera beaucoup. D’abord en ce qui concerne l’objet : un jeu de petit format, vendu 9 € dans ta boutique préférée ! Il proposera une mécanique originale, sera signé d’un auteur lyonnais, illustré par un dessinateur lyonnais, et aura comme thème de fond un élément fort du patrimoine lyonnais. Et il sera fabriqué dans le Grand Lyon. Ensuite, concernant le modèle économique, l’idée est de faire dans l’économie sociale et solidaire bien complètement à fond, en court-circuitant les circuits habituels et en équilibrant les revenus entre les différents acteurs, quelques soient les prises de risque et les investissements financiers de chacun. Ainsi, un jeu que vous achetez 9 € rapporte à son revendeur 7,50 € hors-taxes. Là-dessus, un tiers (2,50 €) resteront dans le tiroir-caisse du revendeur, un second tiers ira chez l’éditeur, nous, Opla, et le dernier tiers ira aux créateurs (auteur et illustrateur). L'auteur du jeu et l'illustrateur toucheront donc 2,50 € pour un jeu au prix public de 9 €, c'est pas mal, non ?
Deux jeux paraitront chaque année, un en juin et un en décembre. Et ils seront trouvables en boutiques et librairies, mais également sur abonnement !

Allez, on n’en dit pas plus, on a du boulot !

 

A fond de CAL...

Une autre réjouissance, c'est la CAL (Compagnie des z'Auteurs Lyonnais), cette entité collective informelle que l'on a créé il y a 7 ans (la vache !) avec mes copains Alexandre Droit et Nicolas Bourgoin. Avec comme seule envie que les auteurs se connaissent, se regroupent, s'aident, se reniflent les fesses. Aujourd'hui nous sommes une quarantaine ! Et au-delà du fait que tout se passe merveilleusement bien et que nous entretenons tous des liens chouettes avec tous les autres groupements du genre dans notre pays, une grosse satisfaction qui en émane est notre caltalogue. Chaque année depuis maintenant quatre ans, nous éditons un catalogue présentant des jeux dont les auteurs sont lyonnais. Puis se sont ajoutés les éditeurs du coin. Puis dans la nouvelle édition de cette année les bars à jeux et associations. Et un listing de la cinquantaine de points de vente du Grand Lyon dans lesquels on peut trouver nos jeux ! Ce qui fait qu'on propose au public un début d'annuaire ludique local de 28 pages, disponible dans tous les points de vente, bars à jeux, assos... Et tout ceci uniquement via des initiatives individuelles ! Merci donc à vous tous, les calistes, à vous tous, les lieux géniaux boutiquiers ou barajistes qui pullulent de plus en plus dans la cité des Gaules, et un grand merci à Stéphane Escapa pour le super dessin de couverture et Bertrand Roux et Alexandre Droit pour le travail de mise en page.

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On vient de recevoir les nouveaux caltalogues !

Vous l'aurez compris, les Jeux Opla tentent d'être très impliqués dans la vie locale. Et dans ce sens, on a le privilège d'être labellisé LVED (Lyon Ville Equitable et Durable), un label durable unique dans le Monde, et d'adhérer à la monnaie locale citoyenne la Gonette.

 

Capitaine, on garde le cap !

Cette année, plusieurs de nos jeux ont été publiés à l’étranger, et plusieurs vont l’être dans l’année à venir. C’est toujours très compliqué avec nous car si nous produisons en France, c’est pour minimiser l’impact environnemental, et faire du sens économiquement. Ce serait donc une hérésie que d’exporter nos jeux à perpette ! Et même si nous n’exportons pas nos jeux au-delà de l’Espagne, la Suisse ou la Belgique, nos jeux existent plus loin sous licence, à la condition que le jeu soit fabriqué de façon éco-friendly et localement. C’est souvent impossible pour les distributeurs, et nous nous privons finalement donc de la plupart des contrats. Et parfois ça fait très mal. Financièrement ! Ma trésorerie m’en veut encore… Mais mes arpions en revanche sont contents d’être à l’aise dans leurs pompes ! Il y a quelques années, par exemple, nous avons refusé deux très gros partenariats pour la distribution sur le marché mondial de Hop le J’Ton, par deux très très très gros… Et en dépit des pansements parfois utilisés, ce ne fut pas suffisant. Adhérer à des ONGs qui replantent des arbres n’enlève pas l’impact du transport par tanker.
Alors je m’efforce de ne pas fonctionner au pansement, dans ma démarche, mais à la source. Essayer de faire le moins pire, même si ça doit être au coût de sacrifices, permet ensuite de ne pas avoir à chercher de la cosmétique pour minimiser notre impact. Puisque l’impact aura bien été là.

Ce n’est pas parce qu’on a besoin que vous achetiez nos jeux qu’on veut vendre du jeu à tout prix. On veut que vos achats aient un sens. C’est pourquoi on s’est risqué à cette petite contre-campagne le jour du vendredi noir.

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Greenifions le black friday !

Je me désespère beaucoup de la direction prise par le monde, de la perte de sens, totalement, dans tous les domaines. De notre inconséquence quotidienne. Et on est d’autant plus responsable quand on est industriel, entreprise. C’est à nous d’agir, de montrer, d’être inspirant. De sortir de ce modèle forgé binaire avec offre-demande, produit-client, sans aucun sens. Mais réellement produire du sens, et le vendre aux joueurs ! C’est des grands mots, tout ça, mais je me sens tellement responsable et honteux de la merde que verront nos enfants. Le mien, en l’occurrence. Que cette mini maison d’édition nous permet de mettre beaucoup de sens dans ce qui n’est finalement que des jeux. Et ça nous fait du bien, au final ! Avec Johanna Poncet nous partageons exactement la même vision des choses, et on est tellement rassurés de constater de plus en plus que cette démarche parle, et séduit le public. Mais ça reste tellement anodin…

Donc le chemin emprunté est extrêmement contraignant et chaotique, plein de heurts, et le cap définitivement très difficile à maintenir. A tous les niveaux. Autant de belles raisons pour ne pas chercher à le maintenir, mais… Tendre à aller encore plus loin. A faire encore mieux ! C’est ce qu’on s’attèle à faire dès maintenant, parce que finalement on n’a pas tellement le choix, hein…

Et j'ai discuté pas plus tard qu'hier avec Luc Jacquet, le réalisateur des films Il Etait une Forêt, La Glace et le Ciel et L'Empereur, avec qui nous avons étroitement travaillé pour adapter ludiquement ses jolis films. Et une évidence est précieuse, un véritable trésor : notre liberté. Je ne fonctionne qu'à l'envie, qu'au fun, sans souci de retombées, de bénéfices. On fait de la création pure. Comme on a en envie. Je me régale littéralement à travailler sur une gamme Nature dont les thèmes je le sais ne séduisent pas la majorité des joueurs, on s'éclate à combiner trash et green dans un Apocalypse au Zoo de Carson City, je réalise des caprices personnels au goût de madeleines de Proust en travaillant la gamme old school... On est loin des canons en vogue. Et j'ai pris le parti de ne jamais tuer un jeu, quelques soient ses ventes, donc autant le réaliser sans songer aux modes, il risquerait de se démoder...

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Avant-hier à l'Institut Lumière de Lyon, le réalisateur Luc Jacquet dédicace le jeu Il Etait une Forêt !

J'ai commencé cette année en multipliant les rendez-vous avec des structures et des personnes avec qui j'ai la chance de travailler, que je respecte, que j'admire et surtout qui m'inspirent profondément. La Gonette, Luc Jacquet, Anciela, Olivier Jouvray... J'ai besoin de ça pour avancer, créer, avoir des idées, être motivé. Pour trouver du sens et en créer. Pour me booster à mort pour cette nouvelle année !

Pour terminer, je suis désolé d’avoir étalé mes états d’âmes, mais ils sont le moteur et le cœur des Jeux Opla, donc peut-être bien indispensables pour comprendre ce qu’on fait, et pourquoi on le fait ! Profitez de tout, tout le temps, jouez plein partout, et on se voit vite quelque part ou ailleurs…

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Florent

Tric Trac

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Je n'aime pas

Commentaires (14)

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meliadus94
meliadus94
bonjour, une idée même imprécise de la date de sortie du stand alone extension différent mais pareil "les bois des couadsous 2" ?
Jeux Opla
Jeux Opla
Bonjour !
Dans l'été probablement...
Max Riock
Max Riock
Merci Florent, pour tes jeux, pour tes messages, pour tes opinions et pour ta droiture dans tes choix ... C'est seulement en changeant nos modes de consommations que nous sortirons de cette impasse, tu fais parti de ceux qui aident à ce changement ... Merci
Nuggs38
Nuggs38
Merci ! Et bravo
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
inter-connexions... inter-connectés... local et mondial... c'est chaud tout ça ! Tout ceci donne à la fois à réfléchir, dire, agir... Merci m'sieur Toscano !
aurélien ludo le Puy
ça va être long d'attendre 2020 pour la marche des crabes. Belle année aux jeux opla. ;)
cocktailteam
cocktailteam
Passionnant. Merci pour ce texte vivifiant.
Jeux Opla
Jeux Opla
Merci les amis...
ericbad
ericbad
« C’est à nous d’agir, de montrer, d’être inspirant. De sortir de ce modèle forgé binaire avec offre-demande, produit-client, sans aucun sens. Mais réellement produire du sens...»
Merci d’ecrire ce que beaucoup d’entre nous pensons et n’arrivons pas à verbaliser ni à traduire en actions.

Votre liberté et votre énergie qui vous permet de proposer des actions concrètes au lieu de simplement parler ou penser dans votre coin, est un bien collectif très précieux. Une sorte de Proof Of Concept ;-)

Notre monde a grand besoin de rêveurs-acteurs comme vous pour avancer.

Merci et vous avez tout mon soutien et support!
Jeux Opla
Jeux Opla
Merci beaucoup, c'est très stimulant et rassurant !
bubblee
bubblee
J'adore votre carte de vœux 2019 et ses jeux de mots :-p
christine larquetout
Wishooo !.. Quel article ! Quelle vitalité ! Plusieurs grosses erreurs dans la description des 4 éditions de Toutilix... Mais les coquilles, pour les Jeux Opla... c'est la nature enrichie en CALcium !.. Et dans l'article TRICTRAC : "TOUTILIX : THE Métamorphose !" vous rétabLIREZ l'histoire en version ORIGINALE ! ;-)
Serge A. Storms
Serge A. Storms
un joli pavé, bravo pour la démarche, courage et bonnes chances dans vos très nombreux projets !
Jeux Opla
Jeux Opla
Un pavé que je craignais indigeste. Jolie surprise, donc, que tous ces retours ! Merci plein !