Ce jeu est sorti le 7 nov. 2008, et a été ajouté en base le 5 sept. 2008 par 20.100

édition 2008
Par Donald X. Vaccarino
Illustré par Matthias Catrein
Édité par Rio Grande Games, Hans im Glück et Filosofia
Distribué par Asmodée

Standalone 9 extensions 9 éditions
Docteur Mops

Android Netrunner, le retour du cyberpunk

Android Netrunner, le retour du cyberpunk

Voilà ce que certains d'entre-vous vont appeler une bonne nouvelle et ils auront raison. Pour les plus jeunes où ceux qui étaient en voyage sur une autre planète aux alentours de 1996, détaillons un peu la situation.

Les années 90 c'est l'incroyable révolution des jeux de cartes à collectionner. Juste après le succès des jeux de rôles, ceux-ci prennent de plein front une toute petite création d'un jeune prof de math américain : Richard Garfield. Celui-ci veut créer un jeu de plateau avec des robots (qui deviendra "Robot Rallye") mais la petite maison d'édition toute neuve nommée Wizards of the Coast n'a pas vraiment les moyens d'éditer un jeu avec autant de matériel.

Garfield powa !
Pour commencer, mieux vaut un petit jeu si possible avec uniquement des cartes.

Vous connaissez la suite, le succès mondial dépasse toutes les espérances les plus folles avec les multiples éditions de "Magic l'Assemblée".

Forcément, devant cette nouvelle forme de jeu qui présente en plus un intérêt commercial évident, de multiples auteurs et éditeurs s’engouffrent dans la voie ouverte par le pionnier universitaire.
Certain ne dureront que le temps de leur sortie.

Oui mais après ?

Fort de son succès avec "Magic", Richard Garfield travaille sur un autre jeu dans le même format à collectionner. Après le médiéval fantastique, il est donc tout normal de se tourner vers la SF. Et en 90 le mouvement cyberpunk est toujours puissant et encore neuf.

Où Mops explique le cyberpunk...

Le cyberpunk c'est la branche de la SF née au moment de la naissance au grand public de l'ère informatique. Le thèmes étaient déjà abordés depuis plusieurs décennies mais c'est avec la popularisation des technologies que le public peut s'élargir aux nouveaux concepts de matrice, réseaux, connexions neurales et autres bibeloteries techies. De quoi créer un monde imaginaire dans un futur pas si lointain puisque la science progresse plus vite que jamais.

Seulement voilà, les trente glorieuses sont terminées et si l'individualisme capitaliste des jeunes loups des années 80 peut encore donner l'illusion de richesse, les crises ont aussi laissé leurs traces et le cybermonde sera donc punk ou ne sera pas.

Dans ce monde, le capitalisme est porté à son apogée, les gouvernements ont disparus, remplacés par le pouvoir des corpos, uniquement ébranlées par leurs concurrents et les laissés-pour-compte de la société qui tentent d'infiltrer le mur des mensonges électroniques pour s'accaparer des bribes d'infos.
On vous ment, on vous spolie ! Le Hacker percera donc pour vous le firewall du pouvoir et du mensonge en quête d'une vérité dissimulée bien souvent sordide.

On y retrouve également le thème de la quête de l'humanité initié par Philip Kindred Dick par exemple. La machine peut-elle être humaine, l'humain peut-il être une machine ? Un courant qui d'ailleurs servira au mouvement freudien pour se prémunir de la psychologie cognitive directement issue du domaine de l'intelligence artificielle. C'est le moment de se regarder Ghost in the Shell...

Et ça marche ?

Malgré le fort engouement sur le sujet, le nouveau jeu de Richard Garfield "Netrunner" n'arrivera jamais à concurrencer sont premier né. L'elfe et le nain resteront toujours plus populaires que le hacker et ses implants.

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Mais qu'en est-il réellement du jeu ?

Si l'on met de côté son manque de popularité (En le relativisant. N'oublions pas que l'éditeur est désormais habitué à un chiffre d'affaire ahurissant et que pour lui, un jeu qui ne marche pas serait dans le même temps un succès phénoménal pour n'importe quel autre éditeur) "Netrunner" se heurte à un problème purement graphique. Le jeu se déroule quasiment dans un univers abstrait : Au cœur des circuits de la matrice. La représentation de cette plongée dans un univers purement abstrait sauf les quelques références habituelles comme le mur de feu, a toujours été un obstacle pour sa représentation, qu'elle soit textuelle ou visuelle.

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"Netrunner" prend un pari audacieux avec un look fort et très assumé. On est très loin de l'imagerie réalisto-siliconé-phéromoné-romantico-gothico-babos habituelle du médiéval fantastique.
Ça a du mal à prendre. Même les amateurs du genre ont parfois des réticences.

Côté mécanismes par contre, le verdict est unanime. "Netrunner" est surement ce qui s'est fait de plus abouti et de plus équilibré dans les jeux de cartes à collectionner.
Le jeu est d'abord asymétrique : d'un côté une corpo qui défend son statut, de l'autre un pirate qui veut pénétrer son réseau et dérober de précieuses données.
Cela change de l'habituel duel des jeux précédents.

Le jeu est aussi un poil plus complexe que "Magic" et n'attire pas, de fait, les joueurs les plus jeunes, mais sa profondeur, son renouvellement va lui permettre de se constituer un cercle de passionnés qui vont le défendre comme meilleur jeu de cartes à collectionner de tous les temps. Le jeu à défaut de devenir vraiment populaire devient culte.

Après l'an 2000...

Voilà pourquoi la réédition du jeu risque de provoquer quelques frissons. Le prochain Netrunner se déroulera dans un univers similaire au premier mais celui-ci nommé Android va servir de base à plusieurs jeux de l'éditeur américain FFG. On retrouvera d'ailleurs, un autre jeu Android (rien à voir avec la tablette, du moins pas encore) signé cette fois de monsieur Donald X. Vaccarino - "Dominion". Il va y avoir du lourd ! Ce dernier jeu se publié avant mais nous en reparlons très bientôt.

"Android Netrunner" comme tous les autres avant lui, quittera le principe du jeu de cartes à collectionner pour sa nouvelle forme : Le jeu de cartes évolutif : toujours de la collection mais plus de répartition aléatoire dans des pochettes surprises.

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La première boîte contiendra 252 cartes. Dans le jeu le joueur de la corpo pourra choisir entre quatre (Haas-Bioroid, Jinteki, Le Consortium Weyland, et NBN) tandis que le hacker disposera de trois classes différentes. Chacun de ses choix proposera des avantages et inconvénients particuliers.
La corpo essayera de protéger ses précieuses données derrière un arsenal de pièges divers que le netrunner s'évertuera à détruire en essayant de ne pas se faire trop griller la cervelle directement connecté à ce monde cruel.

Vous trouverez aux fesses de cet article quelques exemples de cartes que nos spécialistes ont pu dérober sur les serveurs de la Corpo américaine. Le look est cette fois plus convenu dans la ligne réalisme-FFG. Une traduction francophone est bien sûr prévue par le cartel Franco-Ibérique de Edge et devrait voir le jour en même temps que l'américain si tout se passe bien.
Situons cela dans le vecteur temps Août-septembre.

Fin de communication

"Netrunner Android"
Un jeu de Richard Garfield
Illustré par Bruno Balixa, Ralph Beisner, Gong Studios & Mark Anthony
Publié chez FFG et Edge
Pour 2 punks à partir de 13 ans
Durée estimée de partie : 30-40 min
Disponible à la rentrée dans les 35€ (estimation TT)

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Je n'aime pas

Commentaires (16)

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Astillosternus

@Adrienhb : moi j'ai participé au tournoi organisé par Starplayer avec chacun un starter de base.

Le meilleur jeu de carte auquel j'ai joué. Les graphiques étaient space mais il représentait bien l'univers numérique. J'ai encore toutes mes cartes.:)

J'avais adoré mon jeu de runner basé sur les virus...

Diamant
Diamant

Exact. De nombreuses caractéristiques d'Adonis rappellent Promo Rockerboy, mais l'effet est différent.

La carte permet de récupérer 8 crédits en 4 tours ; c'est nettement mieux que Campagne Virtuamédia du jeu original qui ne permettait de ne gagner que 6 crédits en 6 tours.

wormholesurfer

@ Diamant, non Adonis n'est pas promorockerboy...

sur PR on mettait 15 et on prenait les bits pour une action ... là on ne met que 12 et on les prend sans actions ;)

labelle rouge

@Dragon Ball Zen : il me semble qu'il y avait 2x 60 cartes dans le starter d'origine alors pe qu'il y aura de quoi jouer dans cette version à condition que l'on ait pas 7 factions dans la boîte !

@Diamant : je suis d'accord avec toi, le style est moyen et pas super dans l'esprit cyberpunk mais on aurait pu avoir pis !

Diamant
Diamant

Les quelques cartes présentées dans cet article suggèrent des règles de Netrunner Androïd très proches du jeu Netrunner original.

Je doute que l'introduction des factions puisse présenter un quelconque intérêt pour les joueurs. Ici, je pense que l'objectif est plutôt commercial.

Certaines cartes reprennent les effets de cartes du jeu original, comme Adonis Campaign identique à la carte Corpo Promo Rockerboy.

Les nouvelles cartes, comme Breaking News, ou Hadrian's Wall, ont des effets qui restent relativement communs et attendus.

Ce qui change vraiment, c'est un graphisme avec fonds clairs dans le style Pokemon et de nouveaux codes de couleurs. C'est un choix que je trouve malheureux.

Dragon Ball Zen

Marrant, je repensais justement à ce jeu hier...

C'est une bonne nouvelle, mais je vais avoir du mal à m'habituer aux nouveaux graphismes pastels... j'étais fan des anciens plus cyberpunk qui vont me manquer.

Et je suppose qu'avec 252 cartes de base, la profondeur de jeu sera plus faible (même si l'accès aux cartes sera évidemment plus facile ;-)

goupil
goupil

Je n'ai effectivement jamais joué à Netrunner, et c'est d'ailleurs précidément pour ça que je parle de ma première impression sur ces deux nouvelles productions dans l'univers d'Android. Ce n'est donc qu'une première impression, et ce n'est donc que la mienne, sans jugement de valeur définitif destiné à descendre en flammes le meilleur jeu de cartes jamais créé. De plus et dans l'absolu je suis une quiche en jeux de cartes à combos et n'y porte qu'un intérêt modéré donc je serais mal placé pour tenir conférence.

Je reformule donc : ce qui m'a vraiment emballé dans Android, et ce malgré de gros défauts dans le rythme et certaines mécaniques, c'est cette ambiance crépusculaire dans laquelle évoluent des détectives qui ont des problèmes persos à gérer en plus de leur enquête criminelle et des conspirations politiques. Du film noir avec des cartes à puces, bref tout ce que j'aime dans le cyberpunk.

Dans Android, ce côté humain, tout comme les complots des corpos, faisait l'objet de mécaniques de jeu plus ou moins heureuses mais qui avaient le mérite d'exister, j'espère réellement retrouver cette sensation d'immersion dans Infiltration et dans Netrunner, en plus des qualités ludiques qu'on est bien sûr en droit d'en attendre.

Et voilà ! Ouf...

labelle rouge

Au vu des premières cartes dévoilées, c'est proche mais c'est le côté factions qui n'existe pas dans l'original qui fait peur. En effet, si faction il y a alors on peut deviner les orientations de jeu d'un adversaire.

labelle rouge

@goupil : avant de parler des mécanique de Netrunner, joue d'abord. Il s'agit (l'original tout du moins) du meilleur jeu de carte jamais créé... Bluff, Surprise et tactiques au rendez-vous. J'espère que celui-ci ne sera pas la version pour enfant du premier...

LeGluon
LeGluon

Et une félicitation de plus pour ce cyber-message de l'ami Mops !