pas le Bauhaus, mais une nouvelle vague d'Architectes quand même
Nombre de parties : 10+
A l'époque où Architectes... est sorti, le système de "pose d'ouvriers" semblait arrivé à bout de souffle : tous les jeux "purs" du genre finissaient par se ressembler. Deux ans après le très malin Pillards des mers du Nord qui avait aussi apporté un petit quelque-chose de vivifiant, le nouvel opus de Shem Phillips propose un jeu de facture apparemment classique, qui évoque un peu Descendance avec ce système de "mort des ouvriers" mais y ajoute deux petits twists qui lui donnent une saveur toute particulière :
(presque) tous les emplacements sont accessibles et les actions qu'ils permettent est d'autant plus forte qu'il y a beaucoup d'ouvriers placés ; c'est malin, et thématique.
il est possible de "capturer" des groupes d'ouvriers adverses ; c'est malin aussi (il y a une thématique mais elle n'est pas captivante), et ça apporte une tension très intéressante, et une sorte d'"auto-limitation" au principe d'accumulation précédent. Cet astucieux système réussit la petite performance d'être à la fois hyper interactif et assez peu punitif : il s'agit plus de "casser" le rythme d'un adversaire que de bloquer son jeu.
Avec le nombre d'emplacements et d'ouvriers disponibles, on a très souvent des choses à faire, avec de vrais choix et une vraie dynamique à mettre en place. ça marche d'autant mieux qu'on est nombreux (à 2 ou 3 les blocages tournent un peu trop "en boucle") et pourtant, la fluidité d'ensemble fait que la durée des parties reste contenue.
Le jeu n'est toutefois pas exempt de défaut, le principal étant qu'il y a - en quelque sorte - un passage obligé pour envisager la victoire. Chacun étant obligé de s'y consacrer pour avoir une chance de l'emporter, et qu'en même temps il s'agit du timer du jeu, ça donne souvent des parties qui commencent de façon très ouverte mais finissent par devenir (très) scriptées sur la fin. C'est ce qui garantit une durée raisonnable aux parties, mais c'est aussi, objectivement, une faiblesse que certains peuvent y trouver.