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Par : Maurice la Grammaire | lundi 14 mai 2007 à 23:20
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Maurice la Grammaire
Maurice la Grammaire
Hi ! Pas encore lassé des sujets politiques, j'aimerai avoir vos avis sur les projets de "refondation" à gauche. D'autant qu'aujourd'hui, François Hollande a parlé de créer un nouveau parti plus large que le PS, propos aussitôt nuancés ou critiqués (il aurait fallu que nous ne parlions ensemble, etc.).
A votre avis, sur quelles bases une refondation de la gauche devrait-elle s'opérer ? Comment voyez-vous le paysage à gauche dans un ou deux ans, après la digestion de l'élection présidentielle ? Le rapport entre l'extrême-gauche, le PS, ses proches alliés, le centre ?
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ElComandante
ElComandante
ouh là, c'est jouer les voyantes... :)
deux options : soit ils font un parti attrape-tout de centre gauche (genre new labour) et ca dépendra de la survie de Francois Bayrou, soit un parti plus ancré à gauche (question des valeurs) qui prendra plus de temps à rassembler son électorat.
La distinction est aussi à opérer entre un parti axé sur ses notables (flingage entre éléphants, comme on le voit la chasse est ouverte) ou un parti de militants, destiné à reconquérir le terrain, les asso qui ne mènent plus automatiquement au PS comme il y a trente ans, etc.
Et puis il leur faudra reconquérir la notion de changement; il me semble que le PS aujourd'hui incarne plus le conservatisme que Sarkozy. Inversion, retournement, paradoxe, illusion d'optique, de "comm'" ? Le fait est que ca a pris, et ce fut bien joué de la part de NS.
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MrGirafe
MrGirafe
Moi je crois à une gauchisation de deux grands partis :

1- Le centre de bayrou qui va récupérer la branche sociale démocratie du PS.

2- Le reste du PS qui, mathématiquement, va se retrouver plus à gauche.

Pour les autres partis de gauche :

Les verts vont probablement rejoindre le grand parti social démocrate, leur refus d'alliance avec le PS au premier tour des législatives va dans ce sens.

Les communistes vont continuer sur leurs bases solides et engagées, mais devenir une toute petite force politique jusqu'à l'apparition d'un prochain communiste plus charismatique que Besancenot ou jusqu'à une alliance avec le PS gauchisé.

Les extrêmes gauches vont restées séparées en défendant leurs petite paroisse à chaque élection et en faisant parfois quelques accords (LCR - LO) pour des suffrages proportionnels.
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
A ce sujet, deux points de vue que j'ai trouvé intéressant pour ce qu'ils reflétent

à droite: Sarkozy le soixante-huitard par Pascal Bruckner sur Libération

Le conservatisme est passé dans le camp de celle qui est censée le combattre: la gauche.

Dans l'histoire de France, on le sait, la Restauration ne fut pas le rétablissement de l'Ancien Régime, mais sa liquidation douce, l'acclimatation des idées révolutionnaires au XIXe siè cle, la perte de pouvoir progressive de la monarchie et de l'Eglise au profit des républicains. Pareillement, le réquisitoire anti-68 de Nicolas Sarkozy ne doit pas masquer qu'il en est l'héritier plus que le pourfendeur. Son slogan de candidat «Ensemble tout devient possible » et la croyance dans les vertus de l'action collective sont aux antipodes du pessimisme historique de la droite (et fait écho à ce mot de Dostoïevski : « Si Dieu n'existe pas, tout est permis» ).
Le style nerveux, dynamique de l'homme, s'il est classique dans le message, est moderne dans la forme. Rien à voir avec l'allure empesée, louis-philipparde, d'un Balladur ou d'un Giscard. Son volontarisme dément le déterminisme philosophique qu'il afficha lors de ses entretiens avec Michel Onfray à propos des prédispositions génétiques des pédophiles. Sa vie privée de père de famille recomposée, ses démêlés conjugaux et son rapport décomplexé à l'argent sont typiquement post-soixante-huitards. Une Cécilia Sarkozy eût été impensable sous de Gaulle et Pompidou, quand le féminisme était encore balbutiant. Enfin, sans Mai 68 et son esprit de générosité, jamais les Français n'auraient élu un fils d'immigré, juif et hongrois : souvenons-nous des avanies, des insultes que dut subir dans les années 50, pour cause de judéité, un Mendès-France (surnommé « Mendès, pas France» ). C'est plutôt Ségolène Royal, grande femme sage au sourire de Madone, au message évangélique « Aimons-nous les uns les autres», qui incarnerait la France d'hier, malgré sa défense de 68.
Cette trajectoire étonnante du maire de Neuilly-sur-Seine illustre un phénomène paradoxal, à savoir que depuis une trentaine d'années le conservatisme est passé peu à peu dans le camp de celle qui fait profession de le combattre : la gauche. Ce conservatisme s'énonce toujours dans le langage de la révolution, dans une rhétorique de l'anticapitalisme empruntée à la mouvance communiste. Bolchevique dans l'opposition, mais libéral au pouvoir où il privatise à tour de bras, le Parti socialiste est resté prisonnier de son surmoi gauchisant, des groupes trotskistes, altermondialistes, écologistes, dont il persiste à singer l'idéologie. Tous les partisans de l'immobilisme qui se battent uniquement pour «préserver les intérêts acquis» se doivent d'emprunter le discours du mouvement, au point que le gauchisme était devenu, avant l'irruption de Ségolène Royal sur la scène, la maladie sénile du socialisme.
Ce nouveau passéisme enrobé dans le langage des sans-culottes est assez déconcertant de prime abord, puisqu'il superpose slogans subversifs et revendications corporatistes. Ici, le sens manifeste doit s'entendre à l'inverse du sens réel : sous la mousse verbale, sous l'appel au soulèvement, il faut comprendre éloge de l'ordre établi, respect du statu quo. Ce camouflage langagier manifeste surtout une même frayeur face à la marche du temps et aux transformations du monde. A tort ou à raison, les socialistes donnent le sentiment de vouloir geler l'Histoire et d'avoir choisi le parti de l'inertie.
Depuis Mitterrand, deux conservatismes, de droite et de gauche, se coalisent pour freiner toute réforme d'envergure. L'accusation de «réactionnaire» lancée à l'endroit de certains intellectuels par les gardiens de l'orthodoxie est à cet égard révélatrice : quiconque ne parle pas la novlangue progressiste est immédiatement frappé d'anathèmes. Invoquer le poids des traditions, rappeler l'importance du facteur national, protester contre le délabrement scolaire, l'infantilisation de l'individu, vaut à certains d'être voués aux gémonies. En d'autres termes est qualifié de «réactionnaire» quiconque fait preuve d'intelligence et envisage les problèmes dans leur complexité. Il faut savoir gré à Ségolène Royal de s'être battue à fronts renversés, d'avoir introduit dans sa campagne des thèmes tabous dans son camp : le drapeau, la patrie, la famille, le travail, la Marseillaise... Tandis que son concurrent invoquait les mânes de Léon Blum et Jean Jaurès, et faisait l'éloge du labeur ouvrier. Si bien qu'à un certain moment, les deux candidats semblaient se répondre l'un l'autre, par-delà leurs divergences, comme atteints d'écholalie. On l'a beaucoup dit : un souffle d'air frais a balayé la France durant ces élections. Notre vieux pays, délaissant mythes et fables, a accepté le diagnostic sans concession posé sur lui.
La rage souvent abjecte que Nicolas Sarkozy a suscitée vient de là : il a volé à la gauche son trésor et sa langue, il l'a dépouillée comme un bandit de grand chemin, il l'a même, crime de lèse-majesté, privé de son meilleur ennemi, Jean-Marie Le Pen. Il a renvoyé la gauche à ses archaïsmes, à ses radotages, à ses lubies. Le roi est nu. Au Parti socialiste de savoir s'il veut mourir, pour mieux ressusciter comme la plupart des gauches européennes, ou dépérir dans le culte des pensées mortes : rien de plus narcissique que l'utopie quand elle préfère la sécheresse de l'idée à la richesse de la réalité. Il serait triste que le camp de la rose, déjà vaincu, se laisse en outre déposséder de sa rénovation par un leader du centre droit, François Bayrou.
Le nouveau président a trop promis pour avoir droit à l'erreur. Il a gagné cette élection sur un double message : ordre et rupture. Le pari est audacieux mais risqué. Nicolas Sarkozy n'aime rien tant que les grands écarts : il s'affiche libéral et dirigiste, patriote et européen, laïc et croyant, gaulliste et atlantiste. Selon qu'il penchera d'un côté ou de l'autre, toute son action s'en trouvera modifiée. Contrairement à ce qu'il dit, c'est l'économie de marché, et non Mai 68, qui détruit les valeurs dont la droite se veut le défenseur. C'est le capital, Marx l'a souvent écrit, qui bouleverse familles, lignages, moeurs, transgresse les frontières, casse les solidarités et fait de chaque individu un agent rationnel soucieux avant tout de sa réussite et de son bonheur.
Nicolas Sarkozy réussira-t-il à être à la fois Thatcher et Blair, celui qui réforme en profondeur et celui qui adoucit la dureté des réformes ? Pourra-t-il condenser en un quinquennat deux séquences historiques qui ont pris trente ans en Grande-Bretagne ? Ou bien renoncera-t-il au changement pour chausser peu à peu les bottes de Mitterrand et de Chirac ? La vraie rupture n'est jamais tranquille.


à gauche : Pour une gauche décomplexée par Clémentine Autain sur son blog
Le nouveau must de la politique française, surtout à gauche, est la rénovation ou la refondation. Si les socialistes n’ont pas réussi, c’est parce qu’ils ont manqué leur aggiornamento. La faute incombe aux ringards, à ceux qui n’ont pas su “ décomplexer ” la gauche en l’ouvrant vers le centre, vers les modèles britannique ou italien. Étonnant travail d’appropriation du vocabulaire, légitimé par les “ grands penseurs ”, relayé par les médias. Quiconque ose expliquer que les fondamentaux de la gauche sont un socle nécessaire de toute reconstruction est irrémédiablement rangé au rayon des vieilles barbes. L’avenir est à la “ sortie de l’affrontement bloc contre bloc ”, nous expliquent en cœur Bayrou et Royal. Mais qui a donc gagné l’élection ? Un tenant de la droite molle ? Au contraire : pendant des années Sarkozy a cultivé tranquillement le terrain d’une droite fière d’elle-même, mobilisant l’électorat, notamment populaire, non pas aux marges mais au centre de l’idéologie d’une véritable “ contre-révolution libérale ”. Et c’est au moment où triomphe le héraut libéral autoritaire que l’on nous explique qu’il faut “ décomplexer ” la gauche en la portant… vers sa droite !
Ne nous laissons pas avoir. La gauche sociale-libérale ? On l’a déjà tentée, en Angleterre, en Allemagne ou en Italie. Si elle peut être séduisante un moment pour conjurer la droite dure, elle est porteuse de lourdes déceptions, propices à réactiver une droite encore plus rude qu’elle ne l’était auparavant. Cette orientation ne permet pas de changer en profondeur les conditions de vie du plus grand nombre et donc de gagner, massivement et durablement, les catégories populaires et les jeunes. C’est au cœur des cultures politiques, à droite comme à gauche, que les joutes électorales se perdent ou se gagnent ; pas aux franges incertaines des familles politiques.
Ce n’est pas surprenant, à un moment où la politique se remet à passionner et où les débats structurants portent sur le fond des projets de société. À partir de quoi construit-on du lien social et de l’efficacité ? Sur ce terrain-là, impossible de s’en tenir à des faux-fuyants. Comment peut-on nous faire croire que l’adaptation au marché est “ moderne ” quand la concurrence libre et non faussée produit tant de désastres humains et écologiques, de gabegie et de désordre social ! Comment parler d’ordre juste dans un système qui, par essence inégalitaire, déchire la société et oppose les individus les uns aux autres ? Le réalisme n’est pas dans l’acceptation de la norme de l’économie libérale, mais dans sa contestation et dans la recherche patiente et sans verbiage de son dépassement. La modernité n’est pas du côté d’une gauche qui renonce à être elle-même sur le fond, mais du côté d’une gauche bien dans ses baskets, sûre et fière d’elle-même.
Mais il est vrai, en même temps, que cette gauche assumée et “ décomplexée ” par sa gauche a besoin de balayer devant sa porte. Le temps n’est plus au yo-yo entre le renoncement et la conservation, l’abandon des principes ou l’enkystement dans les vieilles formes. Une gauche ambitieuse est une gauche qui ne renonce pas aux nécessaires ruptures, mais qui en repense de façon neuve les cohérences. Une gauche qui respecte son histoire et ses valeurs, mais qui n’hésite pas quand il le faut à bousculer ses habitudes, ses instruments de pensée critique, ses façons d’être même, et qui porte le renouvellement générationnel et culturel. Une gauche qui parle de la question sociale mais qui apporte des réponses sur tous les terrains, des droits humains à la démocratie, en passant par l’école, la culture ou les enjeux urbains. Une gauche qui ne confond plus tous égaux et tous les mêmes, la force de la solidarité et la dilution de l’individu dans le collectif, la passion de la mise en commun et la soumission à l’étatisme, la promotion du public et la fascination de l’administratif, les vertus de l’efficacité productive et le productivisme.
Si les classes populaires, les nouvelles générations, les milieux culturels, les intellectuels critiques ne se sentent plus portés par une dynamique de la gauche de transformation sociale, c’est parce que s’est construite, d’impasse soviétique en renoncements sociaux-démocrates, la démoralisation qui leur a fait perdre confiance dans les “ lendemains qui chantent ”. Mais c’est aussi pour une part parce que nous, les tenants obstinés de la transformation sociale, nous restons en panne. Et ce n’est pas qu’une question d’ego, de mécano stratégique ou de boutiques. C’est un enjeu de fond. Pour quoi nous battons-nous ? Pas seulement, en contre, pas seulement pour défendre des acquis, mais au nom d’une société différente, reposant sur d’autres valeurs, d’autres critères, d’autres manières de “ faire société ”.
Ou bien nous sommes capables de développer un projet cohérent, transformateur, tracé en positif, qui montre de façon visible qu’il continue des valeurs d’égalité, d’émancipation, de mise en commun, mais qu’il répond aux enjeux du monde contemporain et de façon critique pour sa propre histoire et pas seulement pour celle du capital ; ou bien nous nous engluons dans nos réflexes idéologiques et nos vieilles routines et laissons à d’autres les attributs de la modernité et de la rénovation. Or si le mouvement ouvrier fut expansif, jusque dans les années soixante, c’est parce qu’il sut à sa manière incarner une certaine vision de la modernité, alternative à celle du marché libre du capital en expansion.
Soyons sans complexes. Assumons notre histoire. Sachons en être fiers ; sachons donc la transformer.
Jopajulu
Jopajulu
J'ai l'impression que la montagne va accoucher d'une souris.

LCR, LO, PC et Verts ne sont en l'état pas du tout dans une démarche de sabordement afin d'intégrer un tout plus grand. Le refus des Verts d'accords avec le PS est d'ailleurs symptomatiques de ce renfermement qui guette ces différentes forces. Le PC n' a également pas hésité à accuser Royal de la défaite dde la gauche :roll: . Arlette retrouve son étiage habituel. Seul Besancenot est suffisamment en position de force pour initier un mouvement mais croire qu'il n'est pas "tenu" par son propre appareil est illusoire.

Quant au PS s'il va au bout de la réforme il ne peut qu'exploser. Trop peu d'accords de fond entre un Strauss-Kahn et un Mélenchon, entre un Colomb et un Fabius, entre une Royal et un Hollande ( :wink: ).
Qui prendra le risque de l'explosion ? La crainte de ne pas être celui qui sortira vainqueur du combat pourrait bien pousser tout ce petit monde à une paralysie in fine. En tout cas, ça dézingue à tout va, DSK, Valls ce matin...
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XavO
XavO
Un nouveau parti...sans Kouchner ?

Libération
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
La mode des collectifs anonymes(Spartacus, Hannibal, les gracques) avait été lancée durant les présidentielles.

Elle continue avec Gavroche, collectif de jeunes militants socialistes

PS : rénover la vieille maison
Il faut reconstruire le Parti socialiste en restant fidèle à son histoire et à ses valeurs.
Le 6 mai 2007, la gauche a fait son devoir. Elle l'a fait dos au mur, en votant massivement, unanimement, contre Nicolas Sarkozy. Pourtant, elle savait que ce vote signait son acte de décès. La gauche a perdu et ne maîtrise déjà plus son destin. Cette élection était imperdable : la gauche avait remporté les élections intermédiaires régionales et européennes ; elle s'était mobilisée et avait remporté les combats pour l'Europe sociale et contre le CPE. Jamais les Français n'avaient attendu autant de nous : éducation, logement, emploi, sécurité, Europe.
En termes électoraux, au premier tour, la gauche n'a totalisé que 36 % des suffrages. Le vote utile en faveur de Ségolène Royal a indéniablement joué à plein. Toutefois, son résultat a été à peine plus élevé que les scores réalisés par Jospin, Taubira et Chevènement en 2002.
La gauche antilibérale, communiste et écologiste représentait en 2002 près de 20 % des voix. Elle est aujourd'hui laminée, réduite à 10 %. Au reste, le fait que François Bayrou ait drainé plus d'électeurs de gauche que de droite souligne le profond malaise de la gauche réformiste. Au second tour, avec un peu moins de 47 % des voix, et en dépit d'une forte mobilisation antisarkozyste, la gauche perd pour la troisième fois consécutive l'élection présidentielle.
Faut-il en conclure que la droitisation de la France est achevée ? Le destin de la «nouvelle gauche» serait-il donc d'aller gouverner avec le «nouveau centre» ? Il nous semble surtout que la gauche, et en premier lieu le Parti socialiste, a failli à sa mission, son histoire et ses valeurs en abandonnant la question sociale, au bénéfice de questions sociétales. De congrès improbables en synthèses bancales, le PS a renoncé à définir une véritable orientation politique. Certains ont intenté un procès en incompétence à la candidate du Parti socialiste. Pourtant, cette dernière ne fait que poursuivre la dépolitisation en oeuvre depuis cinq ans.
Nous avons renoncé à parler de redistribution, à vouloir modifier la répartition capital-travail ; nous avons reculé sur les services publics ; nous n'avons pas su restaurer l'égalité républicaine. Ces débats, au coeur de la pensée socialiste, sont tabous. Pour preuve, l'opprobre subi par les partisans d'une Europe sociale lors du débat sur le référendum. L'idée même qu'une idéologie socialiste puisse subsister relèverait désormais de l'archaïsme. Au nom du pragmatisme et de la nécessaire adaptation à la mondialisation, le fatalisme l'a emporté sur le réformisme.
A la question sociale, on a préféré les questions sociétales. Certaines sections du PS débattent davantage de pistes cyclables que d'inégalités salariales. Face à la crise réelle de nos institutions, on nous propose la démocratie participative et les citoyens experts. Face à la crise de l'Etat, on nous propose la régionalisation. Face aux malaises sociaux et économiques des quartiers populaires, on nous propose de restaurer les symboles de la nation et de chanter la Marseillaise. L'interdit idéologique est tel que même les contradictions les plus grossières ne font plus réagir. Après avoir dénoncé en Bayrou un homme de droite, le voilà devenu, en l'espace d'une nuit, notre meilleur allié. Evidemment, toute campagne électorale s'accompagne de positionnement stratégique ; ici le compromis est un reniement. C'est aussi un flagrant déni de démocratie. En d'autres périodes, un tel revirement aurait provoqué un nouveau congrès de Tours. Aujourd'hui, certains tentent un aggiornamento à la sauvette.
Libre aux camarades qui le souhaitent de rejoindre le Mouvement démocrate de François Bayrou, mais qu'on ne nous dérobe pas le Parti socialiste. Bien sûr, la tâche sera difficile. Il nous incombera de reconstruire le PS en fidélité avec son histoire et ses valeurs en réaffirmant nos combats prioritaires : laïcité, justice et progrès social, égalité des chances et méritocratie républicaine, Etat-providence et services publics. Ces thèmes n'ont rien perdu de leur actualité. Il faut nous les réapproprier, non plus en tant que simples slogans, mais par des propositions concrètes et réalistes.
Que la «nouvelle gauche» aille gouverner avec le «nouveau centre». Quant à nous, nous rénoverons la «vieille maison» .
Richard
Richard
C'est normal et plutôt sain qu'après son échec, le PS se remette en cause.
A mon avis, ils auraient du attendre la fin des législatives mais les ambitions ont du mal à se contenir...

J'espère qu'ils trouveront enfin leur voie, celle d'un véritable parti d'opposition.
(et non pas une machine électorale qui se met en marche qq mois avant une élection)
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arthemix
arthemix
Il faudrait peut-être retirer l'éléphant de la liste des espèces protégées.
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
arthemix dit:Il faudrait peut-être retirer l'éléphant de la liste des espèces protégées.


Défense d'y voir un appel à la battue
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arthemix
arthemix
Une fois qu'on aura un beau cimetière, on pourra enfin ivoire plus clair.


Plus sérieusement, je ne sais pas ce que ça va donner exactement, mais je sens que mon vote va porter de plus en plus à gauche à l'avenir. Et si le PS ne suit pas ce mouvement là, tant pis pour lui.
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le poney
le poney
arthemix dit:Plus sérieusement, je ne sais pas ce que ça va donner exactement, mais je sens que mon vote va porter de plus en plus à gauche à l'avenir. Et si le PS ne suit pas ce mouvement là, tant pis pour lui.

en fait un des avenirs possible du PS est la scission PSD (social démocrate) et PS historique (gardant la ligne traditionelle)

Ce dernier absorberait une partie des militants communistes (le restant partant chez Besancenot) et garderait les composantes historiques du PS, alors que le PSD absorberait une partie des écologistes et garderait les composantes souhaitant une rénovation.

Ce scénario n'est pas une volonté affichée des dirigeants socialistes mais une quasi certitude si DSK prend la tête du PS (les militants à gauche du PS ne supporteront pas d'intégrer le modèle libéral comme un élément de leur politique) et un risque si c'est Royal.

La question c'est aussi de savoir si les gens qui se déclarent comme des rénovateurs sociaux-démocrates seraient capable de travailler avec des non socialistes, en l'occurence le mouvement démocrate de Bayrou.
D'abord il faudrait qu'ils acceptent de museler leurs candidats au profit de ceux du modem, autant ça paraît possible dans des élections type législatives que pour la présidentielle, il ne faut pas y compter vues les ambitions de chacun.
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docteurmax
docteurmax
Dernièrement, on assisté à une véritable "implosion du PS" pour reprendre les mots de l"émission "C dans l'air" sur la Cinquième (14 mai 2007). Effectivement, une quinzaine de cadres du PS ont rejoint Bayrou et son nouveau parti. DSK a annoncé qu'il était temps que "la présidentiable se remette en cause et fasse un peu de place à ses confrères" , tandis que Fabius affirmait "Me Royal ne prend pas une place aussi importante au PS qu'on puisse le dire". Bref, tout va bien...
Selon la rumeur au PS , Ségo convoiterait le poste de son mari.
La Gauche me semble vraiment mal barrée, et il faudrait une véritable alliance sans hypocrisies pour la relancer. Je pense que les législatives vont être fatales au PS. Dr Max
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Maldoror
Maldoror
La scission devient de plus en plus probable en effet entre ps antilibéral et fourre-tout (marxisme, immigrationisme, etc. ...), et un ps plus proche des partis sociaux démocrates européens.
Je ne suis pas d'accord avec l'une des analyses présentées plus haut; il y est dit que la gauche avait toutes les chances de gagner, ce que je crois profondément, mais le parallèle avec les élections régionales et européennes me semble abusif.
Tout d'abord le non au référendum n'aurait jamais abouti sans le vote des nationalistes/souverainistes, or ce vote là n'est pas de gauche. Ensuite concernant les régionales, pour rappel la droite était en pleine période de réformes impopulaires (retraite, secu, éducation, etc. ...), et ce vote fut un vote de protestation.
Pour rappel, en nombre de voix, la gauche durant la cinquième république n'é été majoritaire qu'en 81 avec le consentement de chichi(présidentielles et logiquement les législatives qui ont suivi), et en 88 (où Chirac s'est flingué en voulant revenir sur l'isf).
Jamais avant durant la cinquième, et jamais depuis, la gauche n'a été majoritaire à un scrutun majeur en terme de voix. En 97, lors de la dissolultion présidentielle, si mes données ne sont pas erronées, la gauche n'avait pas obtenu plus de voix que la droite, mais à l'époque le vote fn jouait clairement en faveur de la coalition PS.
La gauche ne doit pas sous estimer la vitalité de la droite, dans un pays qui historiquement est à droite. C'était Napoleon III qui disait: "le peuple, ne vous en faites pas pour lui, il est plus conservateur que vous".

Oui à une sicission salutaire pour tout le monde, mais cela ne résoudra pas tout, loin de là, et l'électorat populaire ne se laissera pas reconquerrir par un simple changement de nom.

Maldo
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le poney
le poney
en fait, comme je l'ai déjà dit dans un autre post, ce n'est pas que Royal n'avait aucune chance de gagner, c'est qu'elle capitalisait ( :roll: ) de la notoriété pour asseoir ses prétentions de dirigeante du PS; d'où le grand sourire alors que c'est une terrible défaite.
L'émission "C dans l'air", citée précédemment, m'a à la fois fait plaisir, car on y a confirmé mon opinion mais en même temps inquiété car on y voit bien les coulisses et jeux de pouvoirs qui stérilisent les débats de contenus. Les stratégies sont claires, DSK vs. Royal, chacun cherchant à s'attribuer la paternité de la "rénovation du parti".

Là où ça m'inquiète, c'est qu'entre Bayrou qui va avoir besoin de temps pour construire son parti et le PS qui se déchire et qui va tarder à se rénover, il n'y aura pas une opposition à la majorité actuelle, opposition nécessaire pour que réguler un peu le pays.

Du coup, cette opposition risque de se révéler une nouvelle fois dans les prises de positions des syndicats, bloquant des réformes sur des bases plus politiques que sociaux-économiques.
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
le poney dit:
La question c'est aussi de savoir si les gens qui se déclarent comme des rénovateurs sociaux-démocrates seraient capable de travailler avec des non socialistes, en l'occurence le mouvement démocrate de Bayrou.
D'abord il faudrait qu'ils acceptent de museler leurs candidats au profit de ceux du modem, autant ça paraît possible dans des élections type législatives que pour la présidentielle, il ne faut pas y compter vues les ambitions de chacun.


Drôle de conception, toute centriste, du "travailler ensemble".

Il faudrait que le PS "muséle" (sic) ses candidats au profit de l'UDF MD et que la seule ambition qui vaille soit celle de Bayrou, perdant du premier tour, qui a été incapable de soutenir un candidat au second,incapable de faire un choix politique, tout à ses pensées politiciennes.

Bayrou n'a pas su museler ses ambitions personnelles, a préféré jouer la carte Sarkozy président pour se poser ensuite en recours pour une opposition qu'il veut refonder autour de lui et de son "UMP du centre"

Le PS tomberait bien bas s'il devenait supplétif d'un parti supplétif.
le poney
le poney
bertrand dit:
le poney dit:
La question c'est aussi de savoir si les gens qui se déclarent comme des rénovateurs sociaux-démocrates seraient capable de travailler avec des non socialistes, en l'occurence le mouvement démocrate de Bayrou.
D'abord il faudrait qu'ils acceptent de museler leurs candidats au profit de ceux du modem, autant ça paraît possible dans des élections type législatives que pour la présidentielle, il ne faut pas y compter vues les ambitions de chacun.

Drôle de conception, toute centriste, du "travailler ensemble".
Il faudrait que le PS "muséle" (sic) ses candidats au profit de l'UDF MD et que la seule ambition qui vaille soit celle de Bayrou, perdant du premier tour, qui a été incapable de soutenir un candidat au second,incapable de faire un choix politique, tout à ses pensées politiciennes.
Bayrou n'a pas su museler ses ambitions personnelles, a préféré jouer la carte Sarkozy président pour se poser ensuite en recours pour une opposition qu'il veut refonder autour de lui et de son "UMP du centre"
Le PS tomberait bien bas s'il devenait supplétif d'un parti supplétif.

ce n'est pas ça que je voulais dire.

Dans toute élection, lors d'accords, les partis doivent brider certains candidats au profit de leurs alliés, au PS, ça c'est fait pour le PC, les verts, les radicaux de gauche.
Dans le cas d'un parti PSD, il faudrait que se renouvelle cette opération avec le modem et d'un côté comme de l'autre.

Ce que je dis c'est qu'autant c'est réalisable dans des législatives, autant pour des présidentielles, les 2 partis se présenteraient au premier tour car incapable de présenter un candidat unique.

C'est pour cela que je redis que les ambitions de DSK et de Bayrou les empêcheront probablement de s'associer dans un mouvement social démocrate.

Parlant des changements à gauche, je ne citais que ce que la gauche allait faire.
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greuh
greuh
arthemix dit:Une fois qu'on aura un beau cimetière [ndg : d'éléphants], on pourra enfin ivoire plus clair.


On ne peut plus d'accord.
greuh.
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Al1_57
Al1_57
le poney dit:
Parlant des changements à gauche, je ne citais que ce que la gauche allait faire.


Si le PS opere sa mue en un parti Radical socialiste (avec ou sans Bayrou), et effectue son "Bad Godesberg" (pres de 50 ans apres l'allemagne!!!) il va perdre un max de sympathisants...

Cela a boutirait a trois blocs (je ne parle pas de parti)
-une gauche antiliberal
-un centre droit/gauche social democrate
-une droite liberale/ultra liberale.

Le PS perdrait une bonne part de ses electeurs traditionnels dans cette mutation au centre....En effet son electorat traditionnel n'est majoritairement pas dans cette mouvance, de plus ce nouvel essor est plutot porté par Bayrou au yeux des Français....
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XavO
XavO
Al1_57 dit:Le PS perdrait une bonne part de ses electeurs traditionnels dans cette mutation au centre....En effet son electorat traditionnel n'est majoritairement pas dans cette mouvance, de plus ce nouvel essor est plutot porté par Bayrou au yeux des Français....


C'est clair. Je pense que la logique voudrait qu'un centre gauche se constitue autour de Bayou / Strauss Kahn et que le PS porte des valeurs plus traditionnellement de gauche allant de Mélanchon à Royal en passant par Fabius (j'ai du mal à trouver un jalon : à partir de qui couper ?).
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ElComandante
ElComandante
Ce que je trouve assez juste dans la colonne de Clémentine Autain, c'est l'idée que la gauche doit assumer ses idées, comme l'a fait NS pour la droite. En plus, apparemment, les Francais aiment ca, le débat.
Le problème est maintenant de savoir quelles idées, quelles perspectives; ce qui n'est pas la même chose qu'un programme électoral.
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Batteran20
Batteran20
El comandante dit:Ce que je trouve assez juste dans la colonne de Clémentine Autain, c'est l'idée que la gauche doit assumer ses idées, comme l'a fait NS pour la droite. En plus, apparemment, les Francais aiment ca, le débat.


Juste pour dire que je suis assez d'accord avec ça: Une vraie gauche, moderne, aussi décomplexée et débarassée de ses "vieux éléphants" et autres old's 68, c'est un peu ce qu'il a manqué et manque encore.
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O_cedar
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xavo dit:C'est clair. Je pense que la logique voudrait qu'un centre gauche se constitue autout de Bayou / Strauss Kahn et que le PS porte des valeurs plus traditionnellement de gauche allant de Mélanchon à Royal en passant par Fabius (j'ai du mal à trouver un jalon : à partir de qui couper ?).


Un tour de manège gratuit pour celui qui arrive à situer Fabius sur une ligne politique !
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bigsam
bigsam
O'Cédar dit:
Un tour de manège gratuit pour celui qui arrive à situer Fabius sur une ligne politique !

Facile, ça dépend si il a son perfecto ou les weston sur la photo.
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arthemix
arthemix
Ah non, on avait dit, pas les affaires, pas les parents, et pas les opportunistes démagos...
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ElComandante
ElComandante
Intéressante tribune de Mélenchon. Un des rares types du PS qui parlent aux citoyens avant de parler aux électeurs.

LE DEVOIR D’AUDACE
Tribune publiée dans l’Humanité du mercredi 9 mai 2007
Depuis 1978 avec Michel Rocard, dès 20 heures, les soirées de défaites électorales voient surgir de l'horloge socialiste un coucou familier. Il chante la chanson désormais traditionnelle de l'appel à la rénovation et à la conversion sociale-démocrate de la gauche. Hier surprenante, l'antienne est aussi obsolète que son objet après trente ans d'usage. On pouvait y réfléchir au siècle dernier. Mais en 2007, comment le navrant naufrage de la social-démocratie européenne, suivant de près celui du communisme d'Etat, pourrait-il encore servir de modèle? Au Royaume-uni ou en Allemagne, seule ou en alliance avec la droite elle démantèle l'Etat social qu'elle avait construit. En Espagne ou en Italie, tranquillement ou dans les combinaisons, les réformes sociétales remplacent les conquêtes sociales. Et je ne dis rien du bilan effrayant de la social-démocratie latino américaine. Ici ou là, bien sûr, passent quelques rayons de lumière. Mais la social-démocratie qu'idéalisent d'aucuns, faute d'imagination, n’est pas un avenir utile en France. Nous ne pouvons échapper au devoir de remiser au rayon des archives toutes les formules dorénavant épuisées. La modernité n'est pas un prêt à porter mais une création à accomplir. Cette réinvention de la gauche a lieu en ce moment même en Amérique latine, au Brésil, Vénézuéla, Bolivie, Equateur parmi d'autres pays. Evidemment, aucune ne nous fournit de modèle transposable. Mais l'énergie, l'audace et la persévérance qui les ont rendues possibles doivent impérativement nous servir de référence. Elles valent bien mieux que certaines illusions de confort. Comme par exemple de croire que notre nouvelle défaite est seulement affaire de personne ou de style de campagne. Elle sanctionne d'abord l'échec de la gauche - toute la gauche- à entraîner la société. Quelle rude leçon nous inflige la droite à ce sujet! La rupture proposée par Nicolas Sarkozy est le miroir de nos timidités, sa provocante clarté le revers des euphémismes sociaux-démocrates embarrassés dès qu'il s'agit de dénoncer l'accumulation des richesses dans les mains de quelques uns et le système qui rend possible cette spoliation. Le triomphe de Sarkozy est construit sur une victoire culturelle telle qu'à l'heure du choix, en toute bonne foi, la conscience sociale aveuglée par les mirages de l'idéologie dominante, les pauvres votent comme s'ils étaient riches!
Face à une droite décomplexée, une gauche tout aussi décomplexée doit enfin s'affirmer pour construire une nouvelle conscience citoyenne. Assez rasé les murs pour parler du partage de la richesse, pour assumer le rôle de l'Etat stratège dans l'économie, maître du temps long, gardien de l'intérêt général, acteur de première ligne face à l'urgence sociale. Assez de litote pour rejeter la monarchie patronale, affronter la tyrannie de la dictature de l'actionnariat sur l'économie productive. Tout tourne autour d'une question: quelle attitude avoir face à la mondialisation libérale, ce nouvel age du capitalisme? L'adopter : c'est la droite. L'accompagner : c'est l'illusion sociale-démocrate. Faire bifurquer le système au profit de priorités sociales et écologiques : c'est notre devoir d'invention. Comment faire? Avec qui? Dans quelle forme d'institution Républicaine en France et en Europe ? Qui oserait dire que nous ne possédons aucune réponse après tant d'années de colloques, de luttes, de forums sociaux et d'expériences sous toutes les latitudes. Ce qui manque c'est le lieu politique de la mise en mots partagée et en programme. C’est la condition pour que les idées deviennent une force matérielle : celle des millions de consciences qui la prendront en charge. Nombre au sein du PS évoquent la création d'un nouveau grand parti progressiste largement ouvert aux forces diffuses de la société civile qui agissent aujourd'hui sans débouché politique. L'autre gauche est ainsi mise au défi. Comme pour la candidature à la présidentielle va-t-elle maintenir sa fragmentation si désespérante et si nuisible à la gauche toute entière ? Alors il faudra admettre que l'avenir de la gauche est dans le parti unique que préfigure le Parti socialiste. Au contraire saura-t-elle proposer un dépassement de ses structures ouvrant ainsi un autre choix à gauche ? Celui d’une alternative prête à la conquête des pouvoirs plutôt qu'à l'adjuration, à des alliances plutôt qu’à l'ostracisation de ses voisins et cousins de gauche? Comme au lendemain du référendum les délais de réponse ne sont pas infinis. Et la droite ne nous laissera pas de répit.
Jean-Luc Mélenchon
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
O'Cédar dit:
xavo dit:C'est clair. Je pense que la logique voudrait qu'un centre gauche se constitue autout de Bayou / Strauss Kahn et que le PS porte des valeurs plus traditionnellement de gauche allant de Mélanchon à Royal en passant par Fabius (j'ai du mal à trouver un jalon : à partir de qui couper ?).

Un tour de manège gratuit pour celui qui arrive à situer Fabius sur une ligne politique !


Depuis la campagne du référendum sur la constitution européenne, Fabius s'est classé plutôt sur la ligne anti libérale, par conviction, par opportunisme ou par posture.

Mais on peut se poser la même question de la ligne politique de Bayrou et de son UDF Modem . J'ai du mal à comprendre ceux qui le classent au centre gauche avec DSK.

Et je suis d'accord avec Clémentine Autain et El Commandante sur la nécessité d'une gauche décomplexée. La gauche n'a pas à faire repentance pour un passé inavouable qui n'existe pas mais à se réapproprier et assumer ses idées.

Lesquelles?

Selon moi:
la question du partage de richesses

la question des droits et devoirs

La question du choix de société: consumérisme ou développement durable

La question démocratique: la démocratie représentative n'est plus suffisante dans notre société. Il y a nécessité de mettre en place, paraléllement une certaine démocratie participative. Nécessité aussi de mettre une dose de proportionnelle dans les élections législatives.

La question des partenaires sociaux. leur place dans notre société.

la question de l'héritage idéologique: sous la pression de l'extrème gauche(plutôt internationaliste),d'une part et de la droite bobo (plutôt européaniste) d'autres part certains thémes, comme celui de l'identité nationale , de la sécurité , de l'autorité de l'Etat, ont été abandonnés à la droite républicaine mais aussi à la droite extrème qui les a pervertis. Quand j'étais gamin, je me souviens que l'Internationale cotoyait La Marseillaise au PCF, que le chiffon rouge cotoyait la marseillaise au PS, tout en étant ouvert au monde.
Aujourd'hui, il me semble que parfois à gauche cela parait réactionnaire d'aimer son pays et de chanter La Marseillaise, qu'on ne trouve que mépris pour l'histoire française.Pourtant La gauche et la france n'ont pas à rejeter leur histoire commune, l'un et l'autre se construisant ensemble mutuellement.
Des racines et des ailes.

Les questions sociétales. même si elles sont importantes, ne doivent pas être le seul cheval de bataille de la gauche décomplexée, . pour autant il ne faut pas les occulter. A cet égard une attitude telle que celle de Mamére me parait appropriée( premier mariage homosexuel,piscine écologique). Des discours et des actes

la question de l'education: former des travailleurs ou des citoyens? arriver à concilier les deux?

petit inventaire à la Prévert mais qui n'est pas exhaustif. cependant, peut-^tre une bonne base de départ à la discussion?
ElComandante
ElComandante
bertrand dit:pleins de trucs pas cons l'est pas con El Bertrand ;)


pour mettre les pieds dans le plat : "développement durable", c'est un oxymore. D'ailleurs si depuis quelques années on colle l'adjectif durable, c'est parce qu'on s'est rendu compte que le modèle de développement (modèle politique défini dans les années 40) était une catastrophe. Le durable en soi n'a rien apporté, à part des bonnes intentions et de la bonne conscience. Maintenant quand les Brésiliens coupent l'Amazonie pour y mettre du soja qui va engraisser nos vaches, avant d'y mettre de la canne qui ira alimenter nos voitures, on se dit que c'est contenu dans un "plan de développement durable" et donc on est rassuré. Bullshit. Il faut se repencher sur le mot même de développement.
L'alternative c'est entre une socièté de consommation et une société de non consommation. Et ca va être dur à faire passer vu que quelqu'un a déjà loué à Coca Cola le temps de cerveau disponible. Just do it.
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XavO
XavO
bertrand dit:Mais on peut se poser la même question de la ligne politique de Bayrou et de son UDF Modem . J'ai du mal à comprendre ceux qui le classent au centre gauche avec DSK.


Ben c'est lui qui le dit en fait. Il proposait de gouverner avec un premier ministre de centre gauche.
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Maurice la Grammaire
Maurice la Grammaire
Je suis bien content d'avoir lancé ce sujet, car je trouve vos réponses intéressantes... la réflexion a déjà avancé en 10 jours ! Donc, une gauche moderne n'est pas une gauche qui renonce à son héritage, bien au contraire, et elle doit s'affirmer ainsi sous peine d'une confusion avec le centre de Bayrou et la perte d'une base électorale importante, c'est ça ?

Donc, autre question, sur le mode de Jean le Bon à la bataille de Poitiers ("Père, gardez-vous à votre droite, père, gardez-vous à votre gauche")... Si le PS s'ancre bien à gauche, plus nettement qu'aujourd'hui, quelle est sa spécificité par rapport aux mouvements et partis situés à sa gauche ?
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Bertrand Lecomte
Bertrand Lecomte
Une différence importante avec "la gauche pure", c'est d'accepter de se salir les mains, de mettre les mains dans le cambouis gouvernemental.

C'est là dessus que le mouvement anti-libéral a trouvé son point de rupture.
Maurice la Grammaire
Maurice la Grammaire
Tu crois que les extrêmes seraient bien embêtés de gagner les élections, en fait ? Je pense que ce n'est pas faux... mais je vais encore me faire mal voir, là.
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