Ce jeu est sorti le 17 mai 2004, et a été ajouté en base le 17 mai 2004 par Rémy-lee

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Par : surame | mardi 7 octobre 2008 à 14:37
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surame
surame
Y a-t-il des TTraciens qui sont allés le voir ?
Je suis allé le voir ce week-end et quelle claque ! J'étais presque déprimé après avoir vu ce film. Je suis dans le supérieur et je forme des enseignants (CAPES et co) et lorsque je vois le niveau théorique qu'on leur demande et la réalité quotidienne, ce n'est pas un gouffre qu'il y mais un abîme.
Quand je pense que maintenant il va falloir être en Bac+5 pour pouvoir enseigner au collège !
Je suppose qu'il y a des lecteurs de ce forum qui sont enseignants, est-ce que le film décrit la réalité à laquelle vous êtes confronté ?
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scand1sk
scand1sk
Bon, je ne suis pas enseignant en milieu difficile, ni même en collège, mais les retours que j'ai eus étaient que ce film est plus une compilation, une concentration de ce qu'il peut ne pas aller dans une classe. Ça ne reflète pas un quotidien mais seulement quelques moments « forts », qui ne surviennent que de manière exceptionnelle au cours d'une année scolaire…
MOz
MOz
Ce n'est pas un documentaire. Et je ne suis pas sûr que ce soit un film sur l'enseignement, même si le film a lieu au sein d'une école. De toutes façons, il y a assez peu de moments d'enseignement à proprement parlé. On ne suit jamais un cours du début à la fin. D'ailleurs, le film se concentre beaucoup plus sur les moments où le cours sort du cadre de l'enseignement pour se transformer en un dialogue entre le professeur, représentant de la majorité blanche et catholique (au pouvoir), et les élèves, représentant des différentes minorités (maghrébine, noire, musulmane, asiatique, gothique (sic), homosexuelle...). En bref, un film sur l'état de la République française.
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ElComandante
ElComandante
Pas vu mais ma moitié est enseignante et j'ai compris que cela faisait du bruit en salle des profs, sur le mode "les gens vont croire que c'est ça notre boulot..." / "il n'y a rien sur la transmission de savoirs, qui reste la première mission" / "encore un film bien pensant pour les lecteurs de Télérama et de Libé"...
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Zerepier
Zerepier
Le film pourrait s'intituler "une année dans une classe de banlieue".
Il n'y a pas vraiment d'histoire, c'est juste une tranche de vie. Ce n'est pas un documentaire; mais que de bons acteurs!

Pour ceux qui pensent que c'est exagéré, sachez qu'au contraire y'a bien pire. Mais c'est sûr tous les lycées ne sont pas comme ça.
Le but était de montrer la difficulté de compréhesion entre les enseignants, leurs élèves et les parents;et la difficulté de transmettre un savoir. Le film se montre le plus neutre possible et se content de faire un constat.
Je connais un prof d'EPS en banlieue et il m'a dit que franchement; il a tout vêcu tout pareil que dans le film...
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MOz
MOz
El comandante dit:Pas vu mais ma moitié est enseignante et j'ai compris que cela faisait du bruit en salle des profs, sur le mode "les gens vont croire que c'est ça notre boulot..." / "il n'y a rien sur la transmission de savoirs, qui reste la première mission" / "encore un film bien pensant pour les lecteurs de Télérama et de Libé"...


J'ai été voir le film avec un ami professeur. L'une des premières choses qu'il m'a dit en sortant de la salle, c'est que l'enseignement du héros du film, c'était un peu n'importe quoi, à ses yeux. Le héros se laisse déborder en accordant beaucoup trop de valeur à la parole des élèves, ce qui fait qu'il les laisse lui répondre et qu'il se retrouve souvent dans la situation de devoir s'expliquer ou se justifier.

On ne pourra pas empêcher les enseignants de voir le film avec un oeil professionnel. Mais ce faisant, ils passeront à côté de l'essentiel. L'important c'est moins le cadre, c'est-à-dire l'école, que ce qui se dit de la société française. L'école a été choisi pour cadre uniquement parce qu'elle reste le dernier lieu de mixité sociale. C'est le seul endroit où on rencontre encore (plus ou moins à égalité) toutes les composantes sociales de la République française. Ce n'est pas pour rien si le film s'achève sur la République de Platon, qui n'est ni plus ni moins qu'un traité sur la société idéale.
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MOz
MOz
repier dit:Le film pourrait s'intituler "une année dans une classe de banlieue".

C'est un collège du XXe arrondissement de Paris, et pas la banlieue. Laurent Cantet a justement voulu éviter les banlieues difficiles.
repier dit:Le but était de montrer la difficulté de compréhesion entre les enseignants, leurs élèves et les parents;et la difficulté de transmettre un savoir.


Non, je ne crois pas.
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adel10
adel10
mode gros troll on

c'est un film français pur ju donc quel interêt

mode gros troll of
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Jer
Jer
Je l'ai pas vu, je m'abstiendrai d'en parler.
Mais dans mon entourage, c'est un film qui suscite un paquet de discussions. Tout le monde est d'accord pour dire que c'est un film très intéressant qui mérite sa Palme d'or.

J'ai un copain qui a interviewé Laurent Cantet, le réalisateur, si ça vous intéresse, l'entretien est en ligne ici :

http://cutleblog.wordpress.com/2008/09/25/entretien-avec-laurent-cantet-lintegrale/
Snakeyese
Snakeyese
Pour ma part j'ai participer à la diffusion du film dans un cinéma et d'ensuite un "conférence" sur le film ces apports, ses défauts , sa projection dans l'inconscient collectif

Effectivement pour parler dans un premier temps de mon ressentit pur, je ne dirais pas que c'est un documentaire, et pour moi ce n'est d'ailleurs qu'a peine un film sur l'école. Tout est surjoué, nous ne pouvons donc pas affirmer que cela est un documentaire, mais surtout, cela ne ressemble en rien à ce que vive les profs (je ne suis pas profs mais j'étais accompagnés de profs qui ont tous fait ce constat).

Le prof est toujours en situation de devoir s'expliquer (donc de faiblesse) face à des élèves à qui il permet tout. Il utilise la pédagogie du dialogue avant tout afin (soit disant) de les motivés et de les mettre au travail. Or, puisqu'ils sentent qu'ils peuvent parler avec du langage familier poussé à l'extrème, il ne les cadre plus. Plus de cadre, pleins de conflits et le film va reposer à 90% sur du conflits en classe.

Pour ce qui est de la conférence. Une chercheuse de Paris X Nanterre et un Profs de CLIS spécialiste des films traitant l'école se sont fait un plaisir de parler du manque de réalité du film.
Comprenons nous, le film relate des situations évidement réelle, mais tellement peu traité avec finesse et sens de la pédagogie que tout parait être amené volontairement vers le conflits.

Pourquoi se laisser avoir à l'explication et la justification de tout par ses élèves qu'il va lui même mettre en rivalité les uns aux autres car il se retrouve à bout d'arguments ? Ex : Machin lis moi cela ... machin lis ... le profs ... Très bien machin ... Ouai Mr pourquoi lui c'est très bien ... Et bien c'est très bien parce qu'il à lu correctement ... Ouai mais pourquoi c'est toujours lui ... Et bien ce n'est pas toujours lui ... mais là c'est lui qui à lu donc ... Ouai vas y vas y ... Comment ça vas y ? Tu n'as qu'à lire aussi bien et je te dirais que c'est bien ...

Enfin des discussions de sourds auxquels aucun élèves face à sa classe n'est en capacités de laché prise :/

Pour conclure ... Bon film qui n'est pour moi pas du tout dans la ligné des films documentaires dans lesquels ont apprends vraiment ce qu'il se passe dans les classes. Pour moi, le profs est loin de ma pédagogie et ne permet aucune avancée durant tout le film.
Et surtout la fin est complètement néante. Car je suis désolé mais je ne comprend toujours pas pourquoi le film se termine sur cette scène de départ ... Je m'attendais plutôt à une fin avec une classe unis .. le happy end à la française ... mais là ... la fin est sans rapport ! :(
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soze
soze
Ah, le bon vieux débat sur le réalisme... Si vous avez envie de voir un reportage "réaliste" sur l'école, je vous conseille plutôt Envoyé Spécial. C'est très bien fait. Je m'énerve un peu, car le débat est faussé, à force de commentaires hatifs. Pour parler de "Entre les Murs", il faudrait le mettre en perspective avec le travail précédent de Laurent Cantet qui a quand même le talent, à chaque fois, de se coltiner le réel et de s'extraire de son sujet pour le transcender. "Ressources Humaines" n'était pas, ou pas que, un film sur la condition ouvrière et la lutte des classes. "L'emploi du temps", film splendide, ne traitait pas de l'affaire Roman et de l'emploi des cadres. "Vers le sud" que je n'ai pas encore vu, n'est sûrement pas un pensum sur la prostitution masculine. A chaque fois des morceaux de réalisme servaient une réflexion plus large, sur la transmission, l'identité, la citoyenneté, etc. Ce qu'on retrouve dans Entre les Murs.

Le film, puisque c'est un film, pensé, scénarisé, répété, joué, cadré, monté, parle à mon sens d'autre chose. Le sujet est transcendé. Par ailleurs, ce serait une erreur de croire que ce qui est proposé est érigé en modèle, car les contradictions de chacun -- proffs, élève, institution -- éclatent doucement au grand jour. Comme dans la scène de l'alternance des deux nouvelles annoncées en salle des proffs qui est d'une violence incroyable et qui m'a bien rappelé mes collègues de gauche. A ce propos, il me semble bien que la scène finale n'est pas celle décrite plus haut, mais une plus en contradiction avec le propos du film, non ?

Il y a un moment étonnant dans ce film, qui est la scène de "pétage de plomb" dans la salle des proffs qui vient faire rupture car il semble tout de suite faire un peu plus "cinéma". On réalise alors que nous sommes bel et bien dans un film et que le tour de force de L.Cantet c'est de nous avoir fait vivre comme réel et spontané quelque chose de très construit.

Pour enseigner, certes dans le cadre beaucoup plus privilégié d'une fac, et pour vivre avec une enseignante de LEP, ce film nous a beaucoup touché. Elle m'a dit simplement: "C'est ça." (A ce propos, Il y a sans doute une école à deux vitesses, car si des proffs ont le loisir de ne s'occuper que de la transmission des savoirs, j'aimerais savoir où ils enseignent.) Mais le film nous a surtout touché car c'est un beau film DE CINEMA.
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MOz
MOz
snakeyese dit:Tout est surjoué

Hein ?! :shock:
snakeyese dit:Pourquoi se laisser avoir à l'explication et la justification de tout par ses élèves qu'il va lui même mettre en rivalité les uns aux autres car il se retrouve à bout d'arguments ?

La réponse, c'est l'égalité.
snakeyese dit:Et surtout la fin est complètement néante. Car je suis désolé mais je ne comprend toujours pas pourquoi le film se termine sur cette scène de départ ... Je m'attendais plutôt à une fin avec une classe unis .. le happy end à la française ... mais là ... la fin est sans rapport ! :(


Laurent Cantet fait le constat d'un échec partiel de la République française. C'est de la lucidité. Il montre que certains ne seront jamais intégrés et ne seront jamais traité à égalité avec les autres. Une happy end aurait été complètement en décalage avec la réalité sociale. Or, je le répète Entre les murs ne parle que de la grande classe qu'est la France d'aujourd'hui.
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shingouz
shingouz
MOz dit:Or, je le répète Entre les murs ne parle que de la grande classe qu'est la France d'aujourd'hui.

L'important, c'est que tu en sois convaincu !
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MOz
MOz
shingouz dit:L'important, c'est que tu en sois convaincu !


Cela me parait assez explicite dans le film. :)
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adel10
adel10
bon en gros un telefilm penible a peine digne d'un mauvais documentaire fait par pernot
qui plait au fan de telerama et a ceux qui pense qu'une guerre propre ça existe

pour le reste je me suis ennuyé a mort , heureusement que je n'ai payé ,
sinon j'ai assez fait le troll pour aujourd'hui.
n'empeche que j'ai detesté
je vais au cinema pour voir de bon film , pour moi penser que même si je n'ai pas payé ma place , ce sont mes impots qui finance ce genre de truc du coup je trolle

ps sinon vous avez le droit d'aimer hein ? mais m'en voulez pas si ce n'ai pas mon cas
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Toftof
Toftof
Vu le film ce matin. Je ne comprends pas pourquoi il a une palme.
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MOz
MOz
adel10 dit:bon en gros un telefilm penible a peine digne d'un mauvais documentaire fait par pernot
qui plait au fan de telerama et a ceux qui pense qu'une guerre propre ça existe

Ah ? Et tu as des raisons d'affirmer cela ? Tu regardes souvent des téléfilms ?
adel10 dit:je vais au cinema pour voir de bon film


Et c'est quoi un bon film à tes yeux ? Tu as des exemples ?
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adel10
adel10
oui a la tele , un navaro par exemple il y'a plus de moyen , c'est mieux realisé , il y'a une histoire , et parfois même y'a une morale et pas a 2 balle, et je n'aime pas Navaro

sinon je trouve ce telefilm, pedant, pretentieux, ennuyeux , avec un pseudo message typique du genre de film qu'aime telerama

memento , l'effet papillon , munich , ... en film français( belge) a petit budget , c'est arrivé pres de chez vous ...
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soze
soze
adel10 dit: Navarro, c'est mieux realisé


:shock: :shock:

Mieux vaut lire ça que d'être condamné a voir l'intégrale de Julie Lescaut ! Qu'on aime ou pas ce film, une chose qu'il est difficile de lui reprocher est la réalisation. A moins, encore une fois, de la comparer à un standard où elle est voyante et racoleuse. Si Transformers est un sommet de réalisation pour toi, alors nous n'avons rien à nous dire. La réalisation de Entre les murs est subtile, transparente, mais le découpage, le cadrage, la durée des scènes, les ruptures de ryhme, la photographie, tout est extrêmement fin et subtil et au service du sujet. C'est un peu comme chez Brassens où des musiques, semblait-il anodines, étaient en fait très complexes et servaient son texte. Pour moi "Entre les Murs" est de cette race-là. C'est aussi ce qui le différencie d'un téléfilm, quel que soit son budget. Je le répète: le tour de force de ce beau film de cinéma est de sembler être un téléfilm, un reportage, du réalisme, alors que tout est extrêmement construit, joué, arrangé.
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MOz
MOz
adel10 dit:oui a la tele , un navaro par exemple il y'a plus de moyen , c'est mieux realisé , il y'a une histoire , et parfois même y'a une morale et pas a 2 balle, et je n'aime pas Navaro


Je n'en crois pas mes yeux. Si tu penses vraiment cela, rien ne sert de discuter. Il y a des évidences qu'on ne peut pas remettre en question.
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L.S.G.
L.S.G.
Sans discuter de la pédagogie de l'enseignant dans le film, Entre les murs a à mes yeux (de prof) le grand mérite de montrer des situations qui [si elles sont bien sûr concentrées, condensées] sont loin d'être exceptionnelles ou exagérées, avant tout en collège.
Bref, c'est une porte ouverte sur ce que les enseignants ne parviennent pas à dire aux non-enseignants ... parce que ceux-ci n'y croient pas.
Certes, ce n'est pas le sujet du film mais pour moi c'est en cela qu'il est utile.
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adel10
adel10
MOz dit:
adel10 dit:oui a la tele , un navaro par exemple il y'a plus de moyen , c'est mieux realisé , il y'a une histoire , et parfois même y'a une morale et pas a 2 balle, et je n'aime pas Navaro

Je n'en crois pas mes yeux. Si tu penses vraiment cela, rien ne sert de discuter. Il y a des évidences qu'on ne peut pas remettre en question.

et oui je le pense , je trouve qu'entre les mur reflete une part infime de la réalité de l'ecole, et qu'il reflete surtout le message politiquement correcte , ou pensée unique ,qu'il est de bon ton d'avoir dans certain milieu,


maintenant je ne pense pas que navarro soit bien réalisé etc etc etc , je pense juste que c'est mieux qu'entre les murs
ensuite tu noteras que je n'avais pas parlé des transformer ceci dit c'est un assez mauvais film , mais quand même bien meilleurs qu'entre les murs,
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Manfred
Manfred
pour apporter une petite voix dissonante :mrgreen:
http://www.rue89.com/2008/09/29/entre-les-murs-la-palme-de-la-demagogie

Entre les murs : la Palme de la démagogie
Par Laurent Dauré et Dominique Guillemin | Journaliste et enseignante | 29/09/2008 | 20H46
Laurent Dauré et Dominique Guillemin sont respectivement critique de cinéma et professeur d'histoire-géographie. Ils nous ont envoyé cette critique de « Entre les murs » que nous publions ici in extenso, en marge de la synthèse de vos critiques du film sorti le 24 octobre.
Sean Penn souhaitait récompenser un « film politique ». Politique, le film de Laurent Cantet l'est assurément. Une ambition dont nous ne saurions contester la légitimité, tant l'école de la République est au cœur des enjeux qui traversent la société française. Si l'on en juge par les commentaires qu'il suscite, Entre les murs ferait figure de réplique iconoclaste à une poussée conservatrice à l'œuvre dans l'éducation nationale. L'unanimité des éloges – jusqu'à ceux du ministre Xavier Darcos – atteste pourtant d'un profond malentendu sur le sens à accorder au film. En effet on peine à déterminer ce que Cantet sauve, dénonce ou prescrit dans l'école qu'il montre à l'écran. Une ambiguïté qui se retrouve dans les nombreux entretiens qu'il a accordés.
Ainsi, il a affirmé que « le débat sur l'Ecole est suffisamment idéologisé pour que nous nous soyons montrés très vigilants à ce qu'aucun discours idéologique ne se glisse dans le film (1)». Les critiques ont loué cette posture neutre, mimant le documentaire, ainsi que le réalisme social de son cinéma. Mais Cantet déclare aussi :
« Mes positions politiques transparaissent à travers ma vision de l'école,
c'est certain (2). »
Un film politique pourrait ainsi se soustraire à toute idéologie… Que Laurent Cantet en soit conscient ou non, son film repose sur des prémisses idéologiques. Il le reconnaît d'ailleurs explicitement en approuvant la pédagogie de François Bégaudeau :
« C'est sans doute celle que j'aurais souhaitée pour moi et mes enfants (3). »
L'école comme laboratoire de la « civilisation mondiale »
Alors, de quelle école se fait-il le prescripteur (4)? Il a voulu faire part de son « désir d'une école plus ouverte à la réalité qui nous entoure, plus ouverte au langage, à la diversité, à la transmission, au fait de vivre ensemble, d'une école qui ne soit pas
un sanctuaire où les élèves pourraient se débarrasser de ce qu'ils vivent et de ce qu'ils sont (5) ». Des propositions exprimées dans une phraséologie aussi vague que répandue – depuis le racolage publicitaire jusqu'à la communication politique – relevant d'un désordre intellectuel et langagier. Pour commencer, il faudra bien se pencher un jour sur cet usage omniprésent du terme « diversité », mot de passe privilégié du jargon de la mondialisation. Présentée comme le remède à tous les maux de la société française, la diversité se substitue à l'égalitarisme républicain jusqu'à devenir une fin en soi.
Mais de quoi s'agit-il au juste ? Pour Laurent Cantet, c'est la « diversité de profils dans la classe [qui] en fait la richesse:
« J'ai passé ma scolarité dans une petite ville de province. Nous étions entre « petits blancs », de la classe moyenne, parce que le collège unique n'existait pas encore. (…) Mes enfants me semblent beaucoup plus ouverts sur le monde en allant au collège à Bagnolet, dans une classe ressemblant à celle que je décris, que moi à leur âge (6) ».
De tels propos entretiennent une confusion malvenue entre la mission de brassage social de
l'école et une vision ethniciste de la société. Les jeunes français issus de l'immigration sont enfermés dans le rôle d'éléments « exotiques » d'une civilisation mondiale fantasmée dont l'école serait le microcosme (7). En somme, une version postmoderne du noir de service où l'on préfère sacrifier une assimilation possible pour
encourager des aspirations identitaires finalement conflictuelles.
L'école de la tchatche
Dans cet esprit, les termes « diversité », « métissage », « multiculturalisme» ou « mixité » sont employés indifféremment, sans jamais être explicités, privilégiant une conception esthétique de la société au détriment d'une véritable critique sociale.
L'école de la « tchatche ». Refusant de proposer des références communes aux élèves, l'école de Cantet met l'accent sur leur personnalité et leur « créativité ».
Comme le réalisateur le dit lui-même, « beaucoup de profs seront d'accord avec cette idée que les élèves n'apprennent rien si ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent l'apprendre et que sans un certain plaisir à être à l'école, on n'apprend pas grand-chose. Le plaisir préside dans ces échanges, cette « tchatche », ces passes d'armes –
les gamins aiment être dans l'opposition (8). »
Il suffit donc juste de « jouer le jeu de la confrontation, de la délibération, afin qu'une parole juste des élèves puisse surgir (9)». Ce qui se traduit dans le
film par des scènes de « stimulantes joutes verbales (10) » où ni la «tchatche » des collégiens, ni la répartie du professeur ne parviennent à nous convaincre qu'il s'agit là d'un réel apprentissage.
L'école ne sort pas grandie de la mise en scène appuyée de ce qui n'est qu'un pugilat verbal. Marin, le professeur du film, dialogue en effet, mais avec cinq ou six personnalités marquantes, et non pas avec l'ensemble de la classe. C'est la parole de ceux-ci qui est «libérée », et elle seule, écrasant celle de la majorité silencieuse
réduite au rôle de spectatrice du conflit de prestige engagé entre ses camarades et l'enseignant. Pour que son cours se fasse au bénéfice de tous, il lui faudrait limiter cette parole intempestive, et donc établir son autorité. S'il ne le fait pas, c'est parce qu'il refuse d'endosser la légitimité de sa fonction au prétexte d'une posture faussement égalitaire.
La médiocrité pour tous comme idéal démocratique.
Rejetant la mise à distance (l'école « n'est ni une forteresse, ni un sanctuaire (11)»), le professeur adopte une approche compassionnelle qui relègue au second plan la transmission des connaissances. Qu'enseigner en effet lorsqu'il s'agit d'abord « d'accepter une remise en question du savoir par les élèves (12)» ? Bégaudeau se refuse
à s'associer au rôle salutaire d'une école dont les murs devraient faire écran entre les difficultés quotidiennes des enfants et leur découverte des savoirs. Ainsi, flattant les petites individualités – la sienne y compris –, il adopte une pédagogie de la séduction qui révèle un désir de fusionner avec une éternelle adolescence qu'incarneraient ses élèves.
François Bégaudeau revendique lui-même une certaine immaturité :
« Je ne suis pas né prof et je suis assez peu
adulte. Or, un prof se doit d'être un « suradulte ». J'ai toujours
eu du mal à dire à un élève : « il faut penser à ton avenir » alors
que je n'aime rien tant que les jeunes qui s'en foutent (13)».
Cet esprit de démission s'explique par la volonté d'instaurer un rapport
d'égalité entre le professeur et ses élèves. De toute façon, «aucun prof ne peut prétendre être un bon prof (14)». On s'efforce alors de « se mettre à leur niveau », « d'aller les chercher », «de négocier avec la classe ». Avant même d'enseigner quoi que ce soit, les prérequis de la transmission des connaissances sont eux-mêmes discutés (silence, discipline, autorité – rien ne va de soi).
Or,l'enseignement est une activité inégalitaire par essence, le savoir et la responsabilité étant d'un côté et pas de l'autre. Ceux qui par commodité intellectuelle n'assument pas cette position se justifient souvent à la manière de Cantet lorsque celui-ci dit, par exemple, que l'école serait « un terrain d'expérimentation de la démocratie, de la citoyenneté (15) ».
C'est une « école d'après l'école » qui est ainsi décrite, recherchant désespérément l'égalité, elle ne la trouve que dans la médiocrité pour tous ; une post-école qui favorise l'exclusion qu'elle prétend combattre.
Quoi qu'en dise Laurent Cantet, Entre les murs est un film idéologique. S'il s'en défend, c'est pour mieux contredire le « fantasme actuel de la faillite scolaire (16)» et couper court à toute critique. Comme chacun sait, l'idéologue, c'est toujours l'adversaire. Ainsi, neutre mais engagé, dans le confort de ses idées vagues, il célèbre les manifestations du désastre éducatif faute de vouloir les dénoncer.
Applaudisseurs de l'air du temps, Cantet et Bégaudeau ne sont nullement les iconoclastes progressistes qu'on nous a présentés. Gageons qu'une fois les récompenses récoltées et le tumulte médiatique tari, il ne restera d'Entre les murs que le souvenir d'une parodie de débat. Le contraire de ce dont a besoin l'école.
François Bégaudeau disait:
« Moi, je crois à l'historicité, c'est-à-dire à l'évolution des choses, que ce soit dans le langage, le corps, les mœurs… Je pense que l'on gagne là où l'on perd. Depuis une dizaine d'années, on a affaire à une génération de jeunes beaucoup plus doués physiquement. Le corps bouge mieux. On a sans doute gagné en énergie ce que l'on a perdu
en culture classique ou en qualités argumentatives (17). »
1 Laurent Cantet, entretien avec Dominique Widemann, L'Humanité, le 24
septembre 2008.
2 Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre 2008.
3 Entretien avec Elise Domenach et Grégory Valens, Positif, septembre
2008.
4 « J'aimerais que les personnalités politiques qui ont applaudi mon
film à Cannes ou ailleurs, parfois même sans l'avoir vu, aient
l'honnêteté de transposer cet enthousiasme dans leurs actes. Parce
qu'on ne peut pas dire que les décisions relatives à l'école de
l'actuel gouvernement soient vraiment raccord avec leurs concerts de
louanges ». Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre
2008.
5 Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre 2008.
6 Libération, le 22 septembre 2008.
7 « Cette école est traversée par le monde », Laurent Cantet, propos
recueillis par Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com, le 4 juillet 2008.
8 Entretien avec Laurent Cantet par Juliette Cerf et Luce Vigo, Regards,
septembre 2008.
9 Laurent Cantet, entretien avec Laurent Rigoulet, Télérama, janvier
2007.
10 Laurent Cantet, propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC,
septembre 2008.
11 Laurent Cantet, La Croix, le 24 septembre 2008.
12 Laurent Cantet, entretien avec Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com,
le 4 juillet 2008.
13 François Bégaudeau, entretien avec Stéphanie Lamome et Isabelle
Danel, Première, septembre 2008.
14 Laurent Cantet, entretien avec Philippe Lagouche, La Voix du Nord, le
23 septembre 2008.
15 Propos recueillis par Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com, le 4
juillet 2008.
16 Propos recueillis par Laurent Rigoulet, Télérama, janvier 2007.
17 Entretien avec Stéphanie Lamome et Isabelle Danel, Première,
septembre 2008.
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L.S.G.
L.S.G.
Rien de dissonant à mes yeux.
Interpréter, donner un sens à ce film, sera le plus difficile !
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MOz
MOz
Oui, enfin là il n'y aucune interprétation. Cette critique prend le film littéralement. Elle est complètement à côté de la plaque. C'est affligeant.
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soze
soze
Ce point de vue, lui-même idéologique d'ailleurs, est intéressant, sauf qu'il fait l'impasse sur un point: au coeur même du film, les contradictions de la position de l'enseignant sont mises en scène. D'ailleurs, le récit est en partie le constat et la chronique de l'échec de cette position. La confrontation d' ''élèves qui refusent de faire leur métier d'élèves" face à un proff qui... refuse de faire son métier ? essaye de le faire autrement ? est dans une position de séduction ? n'est pas glorieuse. Mais au moins donne à réfléchir. Il est donc étonnant que l'on puisse trouver ce film idéoloogique car ce qui est mis avant est surtout la grande ambiguité des personnages -- car n'oublions pas que ce ne sont pas des idées théoriques de proff ou d'élève mais des personnages incarnés par des acteurs -- et de celui qui nous les montre. Aucun, si l'on regarde au-delà de la surface, n'est présenté sous un jour glorieux, même si les jeunes séduisent évidemment par leur énergie. Le film est imparfait, mais il montre comment des questions que l'école, et là on retrouve la position idéologique sous-jacente de cet article, a volontairement évitées, exclues même, et qui font inévitablement retour, sont saisies à bras le corps. Et comment cela aboutit à un échec. Est-ce idéologique ?

Encore une fois, de quelle école parlent ces proffs ? Et d'où parlent-ils ? Est-ce que ce n'est pas un peu gâcher de l'énergie de tenter de parler de cinéma quand, apparemment, la formation des enseignants, comme je le lisais l'autre jour est en train d'être profondément remodelée. N'est-ce pas plutôt là-dessus qu'il faudrait s'énerver ?
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adel10
adel10
MOz dit:Oui, enfin là il n'y aucune interprétation. Cette critique prend le film littéralement. Elle est complètement à côté de la plaque. C'est affligeant.


disons que l'interpretation est surtout differente de la tienne et d'ailleurs même en partie de la mienne ,

chacun a le droit il me semble d'avoir une opinion differente
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MOz
MOz
adel10 dit:disons que l'interpretation est surtout differente de la tienne et d'ailleurs même en partie de la mienne ,
chacun a le droit il me semble d'avoir une opinion differente


Parce que tu as une interprétation du film ? Interpréter, ce n'est pas dire comment on ressent le film. Interpréter, c'est dire comment on lit le film. C'est analyser ce qui s'y dit. C'est décrypter le discours que tient le film. C'est voir comment il fait sens. Or, on peut se tromper en analysant. On peut sur-interpréter, oublier des éléments qui font sens, voir le film avec de mauvaises lunettes... Rien à voir avec l'expression de son appréciation du film.
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adel10
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MOz dit:
adel10 dit:disons que l'interpretation est surtout differente de la tienne et d'ailleurs même en partie de la mienne ,
chacun a le droit il me semble d'avoir une opinion differente

Parce que tu as une interprétation du film ? Interpréter, ce n'est pas dire comment on ressent le film. Interpréter, c'est dire comment on lit le film. C'est analyser ce qui s'y dit. C'est décrypter le discours que tient le film. C'est voir comment il fait sens. Or, on peut se tromper en analysant. On peut sur-interpréter, oublier des éléments qui font sens, voir le film avec de mauvaises lunettes... Rien à voir avec l'expression de son appréciation du film.




il semble que tu detienne la verité; manifestement il te parait impossible que quelqu'un puisse penser differement de toi

et oui j'ai une interpretation du message du film , voir plus haut , et les auteurs de l'article aussi tu devrais en effet peut être porter des lunettes
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MOz
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adel10 dit:il semble que tu detienne la verité; manifestement il te parait impossible que quelqu'un puisse penser differement de toi

Je peux parfaitement me tromper et je n'ai jamais prétendu le contraire. Par contre, étant donné le peu de valeur que tu accordes au film, je ne vois pas vraiment l'intérêt de débattre des interprétations de chacun.
adel10 dit:et oui j'ai une interpretation du message du film , voir plus haut


Désolé, mais je n'ai lu dans tes interventions que des jugements de goûts extrêmement méprisants à l'égard du film, mais pas d'interprétation.
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adel10
adel10
pourtant j'ai bien parler du message du film

je ne suis pas meprisant je pense vraiment ce que je dit, ensuite comme une partie de mes impots sert a produire ce genre de truc , en plus je suis dégouté
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soze
soze
adel10 dit:pourtant j'ai bien parler du message du film


un peu de la forme aussi...
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