Ce jeu est sorti le 17 nov. 2014, et a été ajouté en base le 17 juil. 2014 par Filosofia

édition 2014
Par Isaac Vega et John Gillmore
Illustré par Fernanda Suarez
Édité par Filosofia
Distribué par Asmodee

Standalone 1 extension 3 éditions

Une communauté en léger froid

Etant assez fan de la thématique des Zombies, le visuel très réussi de la boite, entre le comics et l'affiche de lancement d'une série ne m'avait déjà pas laissé indifférent...

Il y a jeux de zombies et jeux de zombies.

Les uns, souvent pleins de figurines font la part belle au démastiquage de mort-vivant avec tout l'arsenal de la création, Zombicide étant le plus plus représentatif de cette tendance. J'aime beaucoup Zombicide pour son côté fun, tactique et de sa cible joueur étendue allant de l'adolescent au retraité (si si) mais du fait de sa nature pleinement coopérative, une des thématiques , si ce n'est LA thématique du genre, passe à la trappe...Je veux parler de celle des tensions générées par la vie en promiscuité dans des conditions de pression psychologique écrasante, le choc entre les intérêts personnels et l'altruisme, entre les impératifs liés à la survie et l'aspiration à préserver son humanité et sa morale...
Pour cela, il y avait déjà des jeux tels que Zombie (Asmodée) ou son digne successeur City of Horror qui toutefois déséquilibrent ce rapport en penchant nettement vers l'égoïsme forcené, ces jeux n'étant absolument pas coopératifs.

Dead of Winter serait de cette famille, mais bénéficie en plus d'une très forte couche narrative. Chaque partie (nous avons du en jouer 5) nous raconte à chaque fois une histoire, celle de ces survivants plongés au plus froid de l'hiver, terrés comme des animaux dans cette petite ville américaine assaillie par le blizzard mais également hantée par des hordes de Rôdeurs.
Ce dernier petit clin d'oeil à Walking Dead n'est pas innocent car c'est bien de cet esprit que se réclame le jeu: l'Homme est un loup pour l'Homme...

En effet, chaque joueur poursuit un objectif personnel pour gagner (l'individualisme) que sert un objectif collectif (la nécessaire coopération) qui n'est qu'une condition sine qua non de victoire... à moins bien sûr qu'un traitre ne soit de la partie (autour d'une chance sur deux à 4 ou 5 joueurs, ce qui suffit à constamment faire planer une lourde atmosphère de suspicion autour de la table) cherchant à remplir un objectif totalement opposé à celui de la Colonie, passant souvent par la destruction du Moral de la Communauté (un moral tombant à 0 étant un des évènement mettant un terme à la partie). Le "salaud" devra mener sa barque sans se faire repérer au risque de se faire exiler dans les faubourgs incertains, hors des murs sécurisants de la colonie.
Au delà d'objectifs variés (disponibles en mode normal ou hardcore, l'histoire se révèle par le truchement de carte dites de la Croisée des Chemins proposant des situations et des choix souvent emblématiques du genre : doit-on laisser le couple de petits vieux séniles et inconscient du drame se jouant à l'extérieur partir en espérant gagner le soleil de Miami afin d'économiser de la nourriture, tout en sachant qu'il n'y arriveront jamais ? Passant par la rue où vous avez grandi et pénétrant prudemment dans la maison de vos parents, confronté à l'horreur, allez-vous abattre d'une balle dans la tête la parodie de ce qui fut votre père ?)Certains déplorent à ce sujet que les conditions d'exécution de ces cartes ne surviennent pas si souvent. Nous n'avons pas senti de frustration à ce propos. Cela permet de ne pas avoir le côté un tour = une péripétie imprévisible, mais plutôt des évènements venant de temps à autre ponctuer la vie déjà bien difficile des survivants tout en présentant des situations susceptibles d'entrainer de sérieux revirements de fortune (en bien comme en mal, signalons-le). De plus, cela évite d'avoir rapidement fait le tour des situations que propose le jeu (80 cartes pour l'instant mais le site de l'éditeur propose un éditeur permettant de créer et d'imprimer ses propres cartes voire de les mettre à disposition de la communauté.

Enfin, je recommande si vos joueurs sont dans cet esprit, de la jouer "Roleplay", c'est à dire d'incarner les personnages dans les discussions autour de la table, cela contribue énormément à l'immersion et à l'ambiance, que vous pouvez encore renforcer en passant en fond sonore une BO appropriée, comme par exemple l'excellente Bande Son créée spécialement pour le jeu par un internaute américain de BoardGameGeek (que Mr Phal me pardonne de citer la concurrence US ^_^) avec son blizzard obsédant, ses cris de corbeaux charognards, ses volets claquant au vent et bien entendu ses vagissements de zombies de temps à autres... du grand art !

Amoureux des zombies (bande de nécrophiles, va!) et des jeux (semi)coopératifs à ambiance narrative, brisez la glace et courez dans la tempête, ce jeu est fait pour vous....

 Voir d'autres avis...

Commentaires

Default