Ys

Ys

Édition 2004
Par Cyril Demaegd
Illustré par Arnaud Demaegd
Édité par Ystari Games
3 à 4 joueurs
Nombre de joueurs
12 ans et +
Âge
75 min
Temps de partie
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L'avis de Tric Trac sur ce jeu
Docteur Mops
Tric Trac team
10,0
La première pierre d'un grand auteur ?

Une belle idée du jeu ...

sur Ys
10,0

Ys, pour moi comme pour plusieurs, est un grand et beau jeu, à vous tourner la tête en pouic ravi, que cela soit clair, qu’une note suffit à exprimer.

Si je tape, ce ne sera alors que pour faire sonner un peu différemment les compliments que ce jeu suscite : jeu à l’allemande, lira t’on, assemblage huilé parfaitement de mécanismes éprouvés auquel le beau thème de la cité d’Ys, artificiel comme il se doit, permet d’ajouter un graphisme attirant.

Rien qui ne fâche ou d’inexact, mais ne manque t’on pas alors ce qui fait qu’une œuvre n’est pas que la somme de ses qualités analysables ?

Ainsi, de ce jeu poussé sur d’autres jeux la mécanique a pour moi un goût unique de fraicheur et de vivacité qu’apportent son rythme soutenu (on joue souvent et l’on ne s’ennuie pas durant son bref « entre deux tours » puisque l’on ne perd pas une miette de ce que les autres font) et son intensité ludique (chacune de nos poses de courtier suscite de complexes conséquences sur la partie, voire la mise aux enchères de l’ordre du tour qui influe directement sur la résolution des égalités lors du décompte ; ou comment une belle idée assure en un tour d’esprit le lien entre la première et la dernière phase du tour, mécanisme compact qu’il est plaisant seulement de voir tourner, truffé de trouvailles comme autant de bombons ).

Du peu de thème, alors, comme rebrousse-poil de l’enthousiasme ?

Certes, on pourrait aussi bien être aussi bien à la criée de Concarneau qu’à une foire aux cochons de combat d’un bas-empire quelconque, qui le nierait ?

Mais, ce que d’aucuns nomment l’ « artificialité » des thèmes des jeux à l’allemande je le tiens moi pour tentative d’associer à un mécanisme abstrait l’ « imaginaire » seul qui lui convient pour qu’entrainé par l’engrenage du thème celui du mécanisme « tourne » à plein régime dans l’esprit du joueur, lieu seul où se raconte l’ « histoire » de la partie …. Amha, , un thème de jeu peut avoir le même genre de justesse qu’une image poétique ( et qu’imaginer de plus artificiel et juste pourtant que ce que nous propose toute poésie (« Là haut un village d’oiseaux plane et passe » (citation non contractuelle…) ) ?

Le temps irréel et pas trop visité de la cité d’Ys me fait me couler dans le temps de la partie avec une facilité et un plaisir qu’aurait échoué à me procurer n’importe lequel des thèmes « à l’arrière gout de veau froid mayonaise » qui viennent souvent lourdement se plaquer sur nos jeux favoris ( chic, incarner encore de gras marchands de la hanse ou quelque capitaine d’industrie comptant ses rails à l’aube de la révolution industrielle, ça faisait longtemps …). De ce point de vue, on ne peut alors que regretter que sur les cartes personnages ne figurent que de peu clairs pictogrammes, quelques dessins en plus auraient suffit pour s’entendre dire « chic, je gagne le mercenaire » au lieu de « trop puissant, un pion 5 au prochain tour…. »

Me frappe dans ce bel ouvrage qu’est Ys non pas son classicisme, ce qui dans ce jeu doit à ses prédécesseurs, mais bien les subtils déplacements qu’aura opéré l’auteur dans un champ très balisé, le fait que tout cela respire uniquement et constitue à soi seul une preuve qu’un jeu est bien une œuvre, une création de l’esprit que l’esprit échouera toujours à analyser parfaitement.

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