Un jeu en béton...enfin en marbre :)

7,8

Tout d’abord, il faut savoir que les Palais de Carrara propose deux niveaux de règles. Un niveau d’initiation et un niveau « expert ».
Le niveau d’initiation vous permet de vous familiariser avec les principes de base du jeu (heureusement sinon il ne servirait à rien vous me direz) mais à l’avantage d’être déjà suffisamment intéressant pour être joué régulièrement avec un public mou du ciboulot, communément appelé « joueurs occasionnels » (ceci est une plaisanterie bien sûr. Chacun sait que les joueurs occasionnels n’ont même pas de ciboulot :) ).

Dans les Palais de Carrara, les joueurs incarnent les dirigeants de grandes familles de l’Italie de l’âge-moyen qui vont chercher à s’attirer les faveurs de sa Majesté le Roi en construisant en son honneur les plus belles bâtisses dans cette magnifique région qu’est la Toscane. Ils vont utiliser pour cela le matériau le plus recherché, le plus noble, le plus difficile à travailler: le marbre de Carrare (oui, en français on dit Carrare monsieur). La faveur du Roi est représentée sous forme de points de victoire dont le total en fin de partie déterminera le vainqueur, celui qui aura l’insigne honneur de rejoindre la cour de sa Majesté.

Comme tous les meilleurs jeux, les actions possibles à chaque tour de joueur sont peu nombreuses et se comptent sur les doigts de la main d’un flambeur endetté, c’est-à-dire trois. Acheter, construire, évaluer. Basta. Pas plus.
Une remarque, nous allons ici vous présenter le jeu avec les règles d’initiation, c’est-à-dire comme vous le découvrirez si vous avez la bonne idée de vous le procurer.

L’action d’acheter va vous permettre de vous fournir en marbre, matière première indispensable pour construire vos édifices. C’est la seule ressource présente dans le jeu (avec les brouzoufs, certes) mais elle existe en six niveaux de qualité, en allant du noir vers le blanc. Cette donnée est cruciale car les cités dans lesquelles vous allez pouvoir construire n’acceptent l’érection de nouveaux édifices que s’ils sont bâtis avec une certaine qualité de marbre, et forcément, plus le marbre est de qualité, plus il est rare et plus il est rare, plus il est cher.

La première particularité du jeu (qui l’est de moins en moins d’ailleurs) est de proposer une roue pour gérer le coût des ressources. Lorsqu’un joueur choisit d’acheter, il va tourner la roue d’un cran, puis en compléter le premier secteur avec des ressources tirées au hasard. Il va ensuite choisir sur quel segment il souhaite faire ses achats. Plus le marbre a tourné sur la roue, moins il est cher et plus il est convoité (forcément). Encore faut-il que la qualité de marbre que vous recherchez soit disponible sur la roue.

Une autre action possible est celle de construire. Le plateau de jeu propose en permanence neuf bâtiments à la construction parmi les six types de bâtiments du jeu. Ceux-ci ont un coût qui va indiquer le nombre de blocs de marbre dont vous allez avoir besoin. En revanche, la qualité de marbre que vous allez devoir utiliser dépend de la ville dans laquelle vous souhaitez construire. Certaines villes rapportent des points de victoire, d’autres de la monnaie sonnante et trébuchante. Par exemple, construire un bâtiment dans la belle ville de Livorno est le plus rentable en points de victoire mais ne peut se faire qu’avec du marbre blanc, le plus cher. En revanche construire dans la ville portuaire de Lerici est peu rentable mais peut se faire avec tout type de marbre.

La troisième action possible du jeu est évaluer. Une fois que l’on a construit suffisamment de bâtiments dans une ville, on peut inviter le Roi à venir constater le dur labeur de ses ouailles. Celui-ci va nous attribuer soit des points de victoire, soit du financement, en fonction du type de ville évalué. Plus vous aurez construit de bâtiments chers dans des villes prestigieuses, plus vos gains en points de victoire et en brouzoufs seront élevés. En revanche, il n’est possible d’évaluer une ville qu’une seule fois par partie. le premier joueur à évaluer une ville sera aussi le dernier et le seul à bénéficier des gains associés.
Il est en revanche possible à chaque joueur d’évaluer indépendamment chacun des six types de bâtiments présents sur toutes ses villes, et il peut le faire une seule fois par type de bâtiments et par partie.

Les règles avancées gardent la même base des trois actions possibles maispermettent plus de possibilités dans chacune d’elles. Le jeu devient alors réellement calculatoire et on s’éloigne d’un jeu accessible à tous, même si la complexité reste raisonnable.

Signe qui ne trompe pas, nous avons débriefé la partie une fois celle-ci terminée, ce qui est généralement la marque des jeux qui ne demandent qu’à être rejoués pour tester d’autres combinaisons.

http://blog.jumanji-shop.com/cannes-2013-les-nouveautes-ou-pas-episode-2/

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