Un jeu élégant et racé, un pied dans le passé, l'autre dans la modernité

8,5

Concordia a l'élégance d'un classique allemand tout en s'appropriant ingénieusement une mécanique récente, vue par exemple dans Lewis & Clark. Chaque joueur commence la partie avec son propre paquet de cartes d'action, de composition identique. A son tour le jeu d'une carte permet de réaliser une action déterminée par celle-ci. Pour synthétiser on peut : mettre en jeu des colons, déplacer ceux-ci, bâtir des villas à proximité de ses colons (avec un coût croissant selon la ressource considérée et le nombre de joueurs qui exploitent déjà celle-ci), produire (soit ses ressources d'un type prédéfini par la carte jouée, soit les ressources d'une province - ce qui profite aussi aux autres joueurs présents), acquérir de nouveaux personnages (c'est-à-dire de nouvelles cartes d'action) et les ajouter à sa main, commercer (vendre et acheter des marchandises), reproduire l'effet de la dernière carte jouée par un autre joueur et enfin reprendre sa défausse pour se refaire une main. La partie s'achève quand un joueur a placé toutes ses villas ou quand le dernier personnage est acheté. La mécanique devient redoutable quand on sait que chaque carte est affiliée à l'une des cinq divinités qui interviennent au moment du décompte des points de victoire. A chaque divinité son mode de calcul, un joueur marquant ce résultat autant de fois qu'il a d'occurrences de cette divinité dans ses cartes. Pêle-mêle on trouve le nombre de villas bâties (Jupiter), le nombre de régions où le joueur est présent (Saturne), le nombre de marchandises différentes produites (Mercure), le nombre de colons (Mars) et un score prédéfini sur la carte (Minerve). Concordia est un jeu particulièrement réussi et comme je les aime : simple dans le principe mais avec un rendement ludique exceptionnel.

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