Un jeu d'horreur abstrait et immersif ?

sur Sub Terra
8,4
Sub Terra est l’un de ces jeux dont tout le monde parle, même bien après le KickStarter, et dont la nouvelle qu’il était épuisé a désespéré les communautés de joueurs. Avec les milliers de sorties annuelles, que l’on s’arrête si longtemps sur un titre est une preuve étonnante de la fascination qu’il exerce. Alors même qu’il ne correspond pas tout à fait aux genres les plus populaires dans les communautés ludistes, bien trop immersif pour rivaliser avec les jeux de gestion abstraits, bien trop sobre pour qu’on lui compare les jeux au matériel pléthorique, ceux qui ne font pratiquement reposer leur promotion que sur le design. Sub Terra tient quelque part du tour de force : les actions sont juste assez nombreuses et variées, les spéléologues juste assez particuliers, pour qu’on se mette réellement dans la peau de ces malheureux personnages, sans être narrativement frustré par des impossibilités mécaniques ; le jeu est juste assez abstrait pour qu’on y plaque nos propres représentations, et pour bénéficier de la fluidité, de l’aisance de manipulation et de lecture du territoire, que les excès de cubes, de dessins et de figurines perturbent souvent.

J’ai donc une excellente nouvelle : Nuts! Publishing vient de promettre un nouveau tirage pour le mois de novembre au plus tard, après avoir fermement annoncé que le jeu serait définitivement introuvable. Je ne doute pas que l’éditeur soit le premier ravi d’avoir trouvé une solution pour répondre aux désirs des joueurs, et il y a de quoi. Immersif, simple, dynamique et vraiment très tendu, Sub Terra est l’un des incontournables du moment, et il aurait été extrêmement regrettable que sa carrière s’arrête là malgré un prix parfaitement raisonnable pour un KickStarter. Peut-être les joueurs les plus exigeants pourront-ils seulement lui reprocher une rejouabilité très bonne, mais un peu en-deçà de ce que l’on attend des meilleurs jeux modernes. C’est le contre-coup de l’excellence : comme le jeu est bon, on a envie d’y jouer toujours davantage, et il y a un moment où le hasard du dé et des tuiles, ainsi que la variété des configurations (seul, à deux, à quatre, à six, l’expérience est vraiment différente) montre ses limites, où l’on commence à connaître les spéléologues et les cavernes par cœur. Ces joueurs exigeants croyaient-ils vraiment que les concepteurs d’un jeu aussi impeccable ne prendraient pas cette limite en compte ? Comme on le verra dans quelques jours, entre les extensions (au pluriel) et les figurines, Inside the Box a très bien fait les choses…

L'intégralité de l'avis est lisible sur VonGuru : https://vonguru.fr/2019/05/13/sub-terra-ladaptation-socioludique-du-film-dhorreur-the-descent/

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