Un classique instantané du jeu allemand

La dernière création d’Andreas Steding, l’auteur - entre autres - des excellents Norenberc et Hansa Teutonica. C’est un jeu issu du plus pur classicisme allemand : pas d’interaction, un thème absent mais une mécanique élégante et calculatoire. La partie se déroule en 5 tours, chaque joueur bénéficiant de trois actions par tour, alternées selon un système vraiment malin (je suis toujours stupéfait de constater l'importance qu'accordent les Allemands à cet aspect souvent essentiel qu'est l'ordre du tour). Seules deux actions sont possibles : se réapprovisionner en conseilleurs (simples émissaires ou nobles - ces derniers étant prépondérant dans les majorités et certains sièges leur étant réservés) ou en placer un sur un siège vacant dans l'une des six provinces du plateau. Sachant que plus on joue loin de la province royale (province dans laquelle se trouve le roi et sa cour) plus le déplacement mobilise de conseilleurs - un par province traversée - et, de manière similaire, plus un siège est intéressant pour le décompte de majorité plus il coûte en conseillers de l'occuper - les conseillers payés sont placés sur les provinces suivantes, à raison encore d'un par province. Là où le jeu est vraiment ingénieux - et retors - c’est qu’à la fin de chaque tour de jeu deux provinces sont décomptées (l’une est fixée par avance, l’autre dépend de la situation du plateau mais ses modalités de désignation sont connues) puis le roi se déplace. Le décompte d’une province provoque la perte des personnages qui siégeaient et le déplacement royal libère les personnages mobilisés pour le déplacement / acquisition de siège qui se trouvent dans les provinces traversées. A cela il faut ajouter que chaque joueur possède trois objectifs secrets pour marquer des points en fin de partie (qui tous concernent des conditions de siège ; il faut donc jongler entre bénéfice immédiat – le décompte des provinces – et bénéfice à long terme – les cartes objectifs), que des trésors procurent de nombreux bonus (mais sont dépensés à l’usage) et que des cartes privilèges peuvent être acquises qui procurent des avantages permanents. Le seul élément aléatoire vient des objectifs qui peuvent se recouper ou non et procurent plus ou moins de points selon leur difficulté supposée (on peut donc se retrouver avec une sélection avantageuse ou non, façon Les Aventuriers du Rail). Un très bon jeu 'à l'ancienne', abstrait et calculatoire mais prenant.

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