Soulfall

de John Clowdus
Soulfall
6.20 
1 avis

Description du jeu :

Soulfall est un jeu de plateau de 2 à 4 joueurs conçu par John Clowdus et illustré par Sandro Rybak. Les parties durent en moyenne 10 minutes par joueur.Chaque joueur incarne le chef d'une tribu Nomad... En savoir plus

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Un bien cruel manque d'ambition

Ce qui m'a attiré vers Soulfall, ce sont les illustrations absolument magnifiques de Sandro Rybak. Un peu abstraites, on y devine les silhouettes de ces terribles et inquiétants Seigneurs qui conduiront les tribus en jeu vers la victoire. Le travail est réellement démentiel. A lui seul, il crée les conditions d'une réelle immersion. L'univers ainsi dépeint est totalement fantasmagorique et parvient à transmettre une impression de puissance surprenante. On est loin des représentations hollywoodiennes avec leurs héros huilés et bodybuildés. Chapeau ! Il y a à n'en pas douter du génie dans ce pinceau. C'est un véritable coup de coeur.

Ce qui surprend tout autant, c'est la piètre qualité d'édition. D'abord, le jeu est tout petit et les rebords du couvercle s'arrêtent à mi-hauteur, assurant ainsi la dispersion du matériel à la moindre mauvaise manipulation. Il aurait sans nul doute gagné à recevoir un écrin digne de ce nom, sans compter qu'en l'état, l'illustration de couverture (qui n'est pas celle de la fiche Tric Trac) est, en regard de toutes les autres, relativement quelconque. Le nom y est en outre difficilement lisible, imprimé en noir sur fond noir, ce qui, avec un autre choix de couverture, n'aurait pas forcément été un problème - Abyss ayant de ce point de vue marqué l'édition du jeu d'une pierre blanche avec ses boites vierges de tout texte. Ensuite, la qualité d'édition est réellement pauvre : les planches de pions sont recouvertes sur une face d'un film plastique qu'il est impossible de ne pas décoller lorsque l'on s'avise de dépuncher les dit-pions. Forcément, ce film, en se décollant, a tendance à arracher le motif des pions. Il faut être extrêmement minutieux et s'armer d'un scalpel. Le choix des couleurs et des illustrations de ces mêmes pions est au passage peu judicieux car il est délicat de les distinguer les uns des autres. Dommage ! Enfin, la taille de la boîte fait que les plateaux (il y en a deux, réversibles, a choisir selon le nombre de joueurs et le niveau de difficulté souhaité) sont minuscules. On a l'impression de jouer sur une version voyage. Frustrant.

Quant au jeu lui même, il est loin d'être mauvais, bien au contraire. C'est fluide tout en permettant des combinaisons parfois surprenantes, ainsi qu'une variété de stratégies appréciable. On réalise à son tour trois actions (rapide) puis c'est au tour du joueur suivant. L'éditeur annonce 10 minutes par joueur. On n'est pas si loin du compte. J'ajoute que Soulfall est un vrai jeu d'affrontement. Impossible de jouer tranquillement dans son coin. Beaucoup de cartes sont offensives. Tout s'emmanche impeccablement. C'est très bien senti, bien ramassé autour de cette idée de lutte pour la survie. Ca nous change !

Un mot sur la langue d'édition : l'anglais, exclusivement. Pas de souci toutefois : les règles tiennent sur quatre pages A5 et sont écrites dans un anglais très simple. Elles sont également sans ambiguité. Même chose pour les cartes sur lesquelles on retrouve souvent les mêmes termes. Pour exemple, ma fille de 10 ans, si elle a un peu ramé au début, a vite pris le pli.

Pour finir, je dirais que ce jeu manque franchement d'ambition. J'aurais vraiment aimé avoir une belle grosse boite avec un chouette matos pléthorique, et des règles peut-être à peine plus fouillées, d'avantage orientées vers le plateau, au moins autant que vers les cartes. Il doit y avoir largement moyen de creuser tout ça pour lui donner d'avantage de relief. Des extensions futures ?... J'ai l'amère sensation que l'édition n'est pas à la hauteur du travail titanesque (c'est le cas de la dire) de Sandro Rybak qui, on le sent, a vraiment dû donner beaucoup de sa personne. Du coup, le jeu perd de son attrait en même temps que de sa force d'immersion. Une réelle déception, inversement proportionnelle à la fascination qu'exercent sur moi ces illustrations à la puissance évocatrice si rare qu'elles ont constitué à elles seules la raison de cette acquisition.

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