Ce jeu est sorti le 15 mai 2012, et a été ajouté en base le 15 mai 2012 par Docteur Mops

édition 2012
Par Antoine Bauza
Illustré par Naïade
Édité par Funforge

Standalone 5 extensions 3 éditions
Illustration haut boutique Tric Trac
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Turpitudes nippones...

Ah, Tokaido... J'ai longtemps soupiré devant cette boîte quasi-immaculée, ce plateau graphiquement épuré et magnifiquement illustré par Naïade, à la fois zen et acidulé. J'ai longtemps été intrigué par l'expérience ludique qui semblait se dégager de cet OLNI, à la limite de l'expérience mystique si j'ose en croire certains qui m'en vantèrent alors les mérites.

J'ai longtemps hésité, à la fois désireux d'arpenter moi aussi la route du Tokaido et d'emplir mon esprit de tous ces souvenirs incroyables, de me laisser bercer par le bruit des vagues en bord de mer, le corps apaisé par de délicieux bains dans les sources chaudes couronnés par, ô merveille, des mets aussi exquis qu'exotiques, mais également craintif que l'expérience puisse être un échec t que ce parcours initiatique ne se révèle être qu'un mirage soigneusement conditionné.

C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai découvert Tokaido. Découvert et parcouru de nombreuses fois avant de livrer mon avis définitif sur la chose...
Si je ne peux que m'incliner devant le désir de félicité qu'Antoine Bauza a souhaité faire éprouver à la populace ludique, je ne peux que m'attrister devant l'écueil imparable d'un système de jeu qui pousse à la compétitivité, voire presque à l'anti-jeu.

Ô combien j'aurais aimé ne dresser qu'un portrait élogieux d'un jeu que j'ai presque adulé dans des rêves un peu fous, ô combien j'aurais souhaité conserver l'image idéalisée que j'en avais avant de poser plus que les yeux sur ce plateau de jeu presque semblable à un Sam Francis qui aurait mangé du Mondrian... Hélas, après plusieurs dizaines de parties, j'en reviens à un constat identique.

Ce que je reproche avant tout à Tokaido, c'est l'aspect indirectement compétitif de la chose, le fait qu'on nous propose un voyage mystique, une véritable expérience de soi au travers d'une illumination contemplative mais que tout cela se fasse au travers d'une "course qui n'en est pas une parce qu'il ne faut pas aller trop vite pour profiter de tout".
Profiter de tout, oui, mais pas au service de l'expérience, simplement au service d'un décompte de points final qui désignera le meilleur tacticien ou le plus bloqueur des joueurs.
Car c'est là que le bât blesse dans Tokaido. Selon le personnage de chacun, et dès lors qu'on a saisi la simplicité du système et ses déséquilibres flagrants (les arrêts aux relais notamment), il ne devient que trop aisé de réfléchi, moins qu'à l'optimisation de ses mouvements, à la meilleure façon de rendre la vie dure à ses compagnons de route...

J'ai pourtant lutté et tâché de ne jamais jouer autrement qu'en cherchant à faire un voyage plus beau que le précédent, à m'emplir les yeux de ces paysages propres à figurer sur une estampe et à imaginer les saveurs marines ou épicées qui monteraient jusqu'à mes narines...

Je ne renonce pas, Tokaido restera dans ma ludothèque comme un trophée à la fois précieux et douloureux, mais je ne le sortirai désormais plus qu'avec le sentiment amer de la trahison d'un rêve que j'aurais aimé faire.

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