César et Cléopâtre

de Wolfgang Ludtke
César et Cléopâtre
6.75 
132 avis

Description du jeu :

Qui n'a pas rêvé un jour d'être César ?Qui n'a pas rêvé un jour d'être Cléopâtre ?Dans ce jeu de bluff et de manipulation, deux joueurs s'affrontent pour la prise du pouvoir. Pour cela vous devez infl... En savoir plus

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Jeux de cartes

Tous les chemins mènent en Egypte

Si le thème n'est pour une fois pas artificiel, et si l’on retrouve bien l’atmosphère trouble de la Guerre Civile et le cachet « haut-antique », on a rarement vu l’histoire si malmenée. Quel affrontement entre César et Cléopâtre est évoqué ici, la seconde ayant même donné un fils au premier ? Comment un reine égyptienne pourrait avoir recours aux magistrats romains, donc les adversaires, contre le volonté d’un général romain… mandaté par le Sénat, émanation du peuple romain. L’auteur mélange en outre allègrement les magistrats avec les sénateurs, qui ne sont pas tous des magistrats, loin de là, et les patriciens avec les sénateurs, qui ne sont pas davantage interchangeables : il y a des sénateurs et des magistrats plébéiens. De plus, l’Egypte, la plus haute magistrature de la carrière équestre, principal grenier à blé de Rome, était la seule province interdite aux sénateurs qui ne pouvaient donc décider en lieu et place du chevalier qui la gouvernait. Bref, l’auteur ferait bien de relire Astérix et Cléopâtre...

Sur le jeu lui-même, je dirais qu’il est à l’image du thème, un peu fourre tout. Le meilleur exemple est le principe du choix : choisir comment organiser ses cartes en début de partie, choisir chaque tour entre être actif et passif, choisir entre jouer une carte face cachée ou 2 face visible, choisir entre les cartes d’influences ou celles de manipulation pour recomposer sa main, etc.. Bref, le joueur a tout plein de possibilités. Si cela a l’air très bien sur le papier, il faut que les choix soient équivalents pour être valables. Or, dès la première partie, on n’a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que 2 cartes face visible c’est 2 fois mieux qu’une carte face cachée puisque la partie s’arrête dès qu’un joueur a épuisé ses cartes influences. De même, il faut être stupide pour être passif, puisque cela revient ni plus ni moins à perdre un tour. Dans cette même veine, l’inutilité des cartes orgies est flagrante (la notice suggère même leur suppression partielle !), ne faisant que rajouter du hasard et rallonger un jeu suffisamment lourd sans cela. Bref, il semblerait que l’auteur ait voulu intégrer à son jeu tous les mécanismes qu’il appréciait, sans trop se soucier de leur cohabitation ni de leur cohérence. Et je ne vous ai même pas parlé des missions secrètes… D’où l’impression tenace que le jeu est inutilement lourd et aurait pu être beaucoup plus simple. Rien que la préparation prend près d’un quart d’heure, ce qui fait trop pour un jeu de ce genre.

Mais qui châtie bien, aime bien. En effet, le jeu est sympathique une fois les mécanismes assimilés, et les suffrages au hasard entretiennent l’adrénaline, puisqu’il est impossible de savoir sur quelle magistrature portera le prochain suffrage. Il faut donc gérer son influence au plus juste, puisque l’on dispose en tout et pour tout que de 2 malheureuses cartes pour obtenir les suffrages de cinq magistratures différentes à chaque tour. Heureusement pour vous l’adversaire est logé à la même enseigne. L’instinct compte donc au moins autant que la psychologie. En effet, lorsque vous n’avez en main que des cartes faibles, vous avez toujours la possibilité de faire peur à l’adversaire en jouant là où ça fait mal : la rangée où il lui manque une carte pour la majorité ou la totalité, où celle où il s’accroche pour remplir sa mission secrète (un objectif confidentiel tiré au début de la partie). Car une carte faible est d’abord l’occasion à ne pas rater de griller une carte forte de l’adversaire. La possibilité de préparer le paquet de manipulations avant de commencer permet de personnaliser son jeu en fonction de son style, offensif ou défensif. Bref, la tactique, la chance, le bluff, l’astuce et l’intuition s’équilibrent en un cocktail (presque) harmonieux. Dommage que quelques modifications soient nécessaires pour rendre le jeu parfaitement jouable.

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