Caylus
Par William Attia
Illustré par Arnaud Demaegd
Édité par Ystari Games
2 à 5
Joueurs
12 ans et +
Âge
120 min
Temps de partie
40,00 € prix de vente conseillé
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Tours et détours !

7,0

Caylus est un jeu de pose d'ouvriers qui se situe entre un Agricola et un Monopoly +++ (si si...). Découvert sur le tard dans sa version remaquillée, mon sentiment alterne entre joie et frustration quant à ce titre culte dans le milieu du jeu.

Le principe de jeu est assez jouissif puisque, malgré son livret de règles trop fourni, la mécanique est assez simple : il suffit de poser un ouvrier chacun son tour sur une action (générée par un bâtiment de base ou construit au cours du jeu), en payant son salaire et en réalisant l'effet un peu plus tard dans le tour (quand tout le monde a fini de poser et dans l'ordre des bâtiments sur la route du village). Certaines actions peuvent être omises par un habile coup de vilain de la part d'un adversaire (en déplaçant le prêvot sur la route, personnage après lequel tous les bâtiments situés ne produisent rien...).

Les multiples possibilités offertes pour réaliser des points de prestige, pour agir sur le cours du jeu ou s'octroyer des bonus en font un titre extrêmement intéressant stratégiquement parlant. L'ordre des actions est très important pour pouvoir faire aboutir ses tactiques, ce qui donne un jeu exigeant au niveau du réchauffage de méninges... Un peu trop peut-être, compte tenu du nombre important d'ouvriers dont l'on dispose, ce qui ne joue pas en faveur de sa fluidité.

Alors avec un descriptif pareil, vous allez me dire "Mais que vient faire ce pauvre Monopoly là dedans" ? Hé bien figurez vous que lorsque vous construisez un bâtiment, si un adversaire souhaite l'utiliser par la suite pour bénéficier de son action, vous recevrez un dédommagement de la banque. Ce mécanisme de jeu est redoutable puisque certains bâtiments procurent des actions uniques et l'on est obligé de passer par ces derniers pour se renforcer. Le joueur possédant cette construction en profite donc régulièrement, ce qui génère un effet "monopolesque" : il est bon d'acheter directement un max d'immeubles (si possibles inévitables pour les adversaires) pour se sucrer sur le dos des autres.

D'ailleurs il est amusant de noter que les pions "maisons" sont identiques à ceux du Monopoly et que pour construire certains bâtiments plus valorisés il faut "écraser" certains de ses anciens édifices... (ça ne vous rappelle rien ?...)

J'écrivais que la fluidité du jeu était remise en question par le nombre d'actions disponibles, de tactiques possibles et le soin qu'il faut apporter à l'enchaînement de ses actions pour arriver à ses fins. Il faut savoir également qu'une partie de Caylus prend du temps : comptez entre 2h30 et 3h de jeu tout de même !

Au niveau du matériel, le tout est assez esthétique et aide à la compréhension du jeu (ce qui est fort appréciable pour un titre où les bonus et actions disponibles sont légions !). Les pictogrammes résumant les pouvoirs sont intuitifs et évitent les retours à la règle, et ça, c'est un super bon point ! Par contre, c'est peut-être un détail mais il est dommage que côté immersion, on ai pas forcément apporté le même soin aux éléments de jeu : les noms des bâtiments ne sont pas présents sur les tuiles et la construction des différentes parties du château est représentée pauvrement par la pose de pions "maison" (il aurait été appréciable de poser des pierres par exemple, ou mieux, de disposer des éléments à la verticale pour voir l'édifice pousser sous ses yeux !...).

Bref, Caylus est un excellent jeu de pose d'ouvriers qui ravira les gourmands de stratégie de haute volée et qui disposeront d'un minimum de temps devant eux. Esthétique et exigeant, avec une mécanique qui tourne bien, il dispose d'atouts non négligeables qui expliquent facilement son énorme succès. Il est simplement un peu dommage que le rythme n'y soit pas plus punchy, que la durée d'une partie ne soit pas un peu plus courte et que le côté immersif n'ai pas été plus travaillé... Dommage, ça y'était presque pour ce titre qui reste néanmoins une valeur plus que sûre de l'univers ludique !

Commentaires

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