18 Lapins
Ce jeu est sorti le 15 févr. 2005, et a été ajouté en base le 15 févr. 2005 par ybkam

édition 2005
Par Patrice Vernet

Standalone 2 éditions
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Tikal avant les fouilles

Si faire l'archéologue dans Tikal vous a donné l'envie de creuser l'histoire des Mayas et de redonner vie à leur civilisation, alors il vous faut jouer à 18 lapins.
Sinon ... il vous faut y jouer quand même !
Excepté un thème superbement rendu et des tuiles pour plateau, les deux jeux, n'ont, à vrai dire, pas grand chose en commun.
18 lapins est un jeu de développement. A la base, rien que de très classique : on bâtit des cités dont les équipements sont financés au moyen de certaines ressources, ici du maïs, du cacao, de la jade etc...
Comme, sur chacun des sites, les terrains à bâtir sont limités à 4 voir 2 (ceux produisant les coquillages), il faut donc planifier son développement en s'assurant au mieux de l'interconnection de l'ensemble des implantations. Car la production des villages doit impérativement être acheminée vers les palais ou vers les temples sous peine de se perdre. Via les palais, elle alimente votre trésor, dans les temples où elle est sacrifiée, vous gagnez en gloire.
A ces ingrédients typiques d'un jeu de gestion, 18 lapins ajoute le conflit armé. C'est une des réussites du jeu. L'équation gestion + baston est périlleuse et donne souvent lieu à des jeux monstre, Age of Mythology par exemple. Ici, c'est exactement l'inverse. L'intégration du conflit non seulement n'alourdit pas le jeu - la règle claire et complète tient en 6 pages ! - mais, qui plus est, elle lui donne toute sa saveur, un exhausteur de goût en somme ! Interaction terrible au menu.
Développement, placement, gestion, affrontement ... j'oubliais dans la potion un zest de majorité pour les amateurs (de Kramer) avec le décompte des terrains de pelote, sans parler aussi des cartes évènements qui donnent du rythme et de la tension à l'ensemble. Et comment ne pas souligner parmi toutes ses qualités le caractère modulable du jeu pour ce qui est du plateau avec ces tuiles que vous disposez selon les matrices de votre choix rendant ainsi les parties plus ou moins agressives, ou modulable encore dans la durée par le nombre des matchs de pelote fixé au départ.
Enfin, le thème et sa transposition. On peut véritablement parler de modèle du genre. Le jeu vous convie à une découverte de la société maya sous tous ses aspects y compris ludiques sans rien d'artificiel ou de plaqué sur les mécanismes!
Le mieux au final c'est de découvrir tout ça par vous-même. Il vous en coûtera, cerise sur le gateau, quelques séances de travaux manuels - ce qui ne peut pas faire de mal à nos habitudes de consommateurs. Moi qui n'ai que deux pieds comme dirait Thomas Fersen, j'ai vécu ça comme une pénitence, je vous l'avoue, mais c'est le prix à payer pour jouer à ce bijou.

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