Sombre Sylla

8,0

La Rome de la décadence... C'est bien ici que nous nous trouvons. Ambiance crépusculaire, du plateau aux cartes. Déchéance du verbe : pour internationaliser l'édition, on évite toute info textuelle.
Le résultat, c'est un jeu aux mécanismes archi-simples mais dont l'enchaînement se heurte à des problèmes de lisibilité incroyables.

Sylla est un jeu politique au thème plutôt accrocheur, mais dont on ne perçoit pas assez vite les enjeux, car les illustrations, en fait, n'ont pas la charge symbolique qui leur permettrait vraiment de se dispenser de texte.

Les fléaux qui s'abattent sur la ville et les Grands Projets seront donc fréquemment désignés par leur fonction mécanique plutôt que par leur immersif petit nom. Pas la faute aux joueurs.

Au niveau mécanique, le jeu coule bien (aussi bien qu'il est possible considérant son manque d'ergonomie), et au bout de quelques parties, l'on commence à percevoir les enjeux, la nécessité absolue de jouer "à la parlante" pour l'ambiance autour de la table MAIS SURTOUT pour prendre la pleine mesure des qualités ludiques de Sylla. C'est typiquement un jeu où l'implication de chaque joueur est importante. Lors des premières parties, les habitués de gestion à l'Allemande un peu trop fermés passeront certainement à côté du jeu, car Sylla nous demande tout autant de gérer des ressources que de l'Humain.

Je monte ma note à 4, je ne sais pas ce qui m'avait pris de mettre une note si basse alors que j'apprécie chaque partie. Le rythme beaucoup trop haché des premières parties est sûrement ce qui a ôté à beaucoup l'envie d'approfondir leur pratique de Sylla, et dans un sens je les comprends.

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