Le Havre
Par Uwe Rosenberg
Illustré par Klemens Franz
Édité par Lookout Games
1 à 5
Joueurs
12 ans et +
Âge
180 min
Temps de partie
30,00 € prix de vente conseillé
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Si vous aimez voir tourbillonner 100 jetons...

4,0

Vous n'aimez ni Caylus ni Agricola? Passez votre chemin, Le Havre sera une cause de suicide potentiel pour votre classe socio-ludique.

Le Havre n'est pas un mauvais jeu : on sent que la mécanique a été pensée, pesée, rectifiée, équilibrée.
Aucun doute, c'est un jeu de réflexion réfléchi.

Aucun doute non plus, son originalité est faible. Une fois de plus (et on peut aimer ça), on échange des jetons contre d'autres jetons et des cartes en déplaçant son marqueur sur des cases, qui permettent d'obtenir de nouveaux jetons et de nouvelles cases sur lequelles on pourra de nouveau échanger trois vert et deux bleus contre un rouge et ainsi de suite toute la partie.
A consommer sans modération pour les gros QI et les pratiquants du sudoku.

Je n'aime pas ce genre de jeux, mais Le Havre m'inspire quelques réflexions spécifiques comparativement à Agricola et autres:
La case premier joueur disparait et c'est bien dommage, car du coup, s'emparer de la tête et faire son choix en premier n'est plus une possibilité tactique. On doit simplement calculer en fonction de l'ordre du jeu quand on aura la possibilité de nouveau d'avoir deux ou trois actions au cours d'un tour en fonction de l'ordre des bateaux.
Par ailleurs, du coup, comme les jetons ne sont pas repris à la fin d'un tour, impossible de prendre de force une case précieuse pour sa stratégie. En gros, si votre voisin de gauche a investi le chantier naval, vous ne pourrez pas l'avoir même après un tour complet, et il y a de fortes chances pour que le joueur qui le suit pose son pion dès qu'il l'aura enlevé, ce qui limite votre tactique à attendre qu'il se libère, et non pas à tenter quelque chose pour le prendre de force parce que vous en avez besoin.
Le système des bateaux à mon sens est bien pourri, car on ne peut pas faire sans. Même si vous tranchez du bétail en masse, que vous utilisez jour et nuit votre four à pain, vous ne pourrez pas vous passer de bateaux car la bouffe y est gratuite, ne demande ni action, ni ressource. Passage obligé, pas d'alternative.
Par ailleurs, impossible d'avoir de nouvelles actions : vous garderez votre pion d'action unique jusqu'à la fin, pas de stratégies pour s'en procurer un autre ou multiplier vos possibilités.
Et ceci rend du coup le jeu long, car il faut beaucoup de tours pour parvenir à la fin, à suffisament d'actions pour acheter les cartes les plus puissantes.

Et c'est là le caca du jeu. Si Agricola a su trouver un équilibre et une cohérence qui permet de se développer selon des voies différentes et des choix alternatifs, le Havre comporte des "passages obligés", comme le très puissant marché du début qui va au premier joueur...
Ce n'est pas un mauvais jeu, mais il part un peu dans tous les sens, et n'offre pourtant pas, à mon sens, au joueur, la variété d'un Agricola qui reste quand même le maître de ce genre de jeu où les pions volent par centaines.

Commentaires

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