Ce jeu est sorti le 13 juil. 2011, et a été ajouté en base le 3 mars 2011 par PtitJu

édition 2011
Par Claude Leroy
Édité par Gigamic
Distribué par Gigamic

Standalone 3 éditions

Saute neurones !

Petite histoire...

Gygès est un jeu de stratégie abstraite inventé par Claude Leroy, un spécialiste des créations où les neurones sont sollicités, dont la première mouture éditée date de 1984. Pour les nostalgiques, le magazine Jeux et Stratégie avait plébiscité cette conception en lui attribuant une notation correcte, deux cœurs (sur un maximum de quatre). Malgré sa confidentialité éditoriale, Gygès a réussi à traverser les décennies et a connu plusieurs rééditions dont une en cuir par Jactalea en 2007. Gigamic reprend le flambeau en livrant une boîte plus conventionnelle et un matériel moins atypique. Toutefois, l'esthétisme demeure présent et on constate un pragmatisme salutaire dans l'élaboration du plateau et des différentes pièces du jeu. L'ensemble bénéficie d'un matériel plus adapté qui facilite une meilleure visualisation d'une situation donnée lors du déroulement d'une partie. Le contenu de Gygès se résume à un plateau en bois avec un tablier de six cases sur six dont les alvéoles ont été creusées. Douze pièces en trois tailles, quatre petites d'un étage, quatre moyennes de deux, quatre grandes de trois et la règle présentée sur deux pages parachèvent une belle qualité de réalisation.

Petites règles...

Le but du jeu est d'emmener une pièce quelconque sur la case « But » de son adversaire. A son tour, on déplace une pièce qui se trouve sur la ligne la plus proche de soi. Elle bouge d'autant de cases qu'elle possède d'étage (une case si un étage, deux si deux...). Si la case d'arrivée est occupée, la pièce « rebondit » et entame un nouveau mouvement d'une à trois cases (en fonction de la taille de la pièce qui sert de « trampoline »). Ce mouvement se déclenche plusieurs fois si les circonstances le permettent.

Grand jeu...

Gygès surprend les premières parties par l'impression désordonnée qu'il dégage. En effet, aucune pièce n'appartient réellement à un joueur, toutes sont éventuellement accessibles et cela requiert une habitude afin de maîtriser, au moins partiellement, les multiples combinaisons et déplacements qui s'offrent à chaque tour de jeu. On ne visionne qu'imparfaitement les mécanismes actifs de Gygès. On s'interroge même sur leur pertinence tant leur contrôle échappe complètement à la logique innée issue de l'exercice pratique des classiques comme les échecs ou les dames. On ne possède pas de couleur, on ne capture pas, on se déplace en s'appuyant sur les pièces déjà jouées et en tentant d'établir un chemin optimal pour atteindre la case victorieuse. Avec l'enchaînement des parties, on découvre avec plaisir et ravissement la profondeur insoupçonnée de cet opus de Claude Leroy. De la déstabilisation, on passe progressivement à une réflexion maîtrisée, désirée et finalement accessible. Si un profane même éclairé ne possède qu'une chance infinitésimale de l'emporter face à un joueur aguerri, les confrontations entre personnes de niveau équivalent demeurent passionnantes tant les rebondissements se cachent derrière un mouvement anodin, un calcul hautement improbable, une stratégie bien pensée. Gygès ne s'étale sur des heures, mais opte pour quinze minutes de cogitation sérieuse et dynamique. La petitesse du plateau, sans diminuer les possibilités tactiques, autorise toutefois la préservation des neurones d'un grand nombre de joueurs. En effet, contrairement à de nombreux jeux de stratégie abstraite, il est possible sans trop de difficultés, ni entraînement spécifique, d'enchaîner plusieurs rounds (ou parties) sans risque de mal au crâne ou d'épuisement psychologique. De plus, le site consacré au jeu propose de s'initier, pas en douceur car des défaites blitz sont à prévoir (comptez trente secondes pour votre première partie), et surtout cela constitue une excellente approche à l'univers riche de Gygès. Une belle histoire pour un beau jeu !

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