Salade romaine

En lisant la critique de Republic of Rome, par Bruno Faidutti, j'ai eu, comme toujours, immédiatement envie d'acquérir le jeu. Il y avait pourtant un je-ne-sais-quoi de déjà vu. Quelques minutes plus tard, alors que j'effectuais des recherches pour me le procurer, ce fut le flash, bon sang mais c'est biensûr : Respublica Romana ! J'ai donc sorti mon exemplaire et vérifié le copyright : le jeu de Descartes était bien la traduction du titre tant vanté d'Avalon Hill. Quoi ! Cette horreur frankestenienne qui prenait la poussière au fond du tiroir ! B. Faidutti avoue humblement : "Ma culture classique est assez maigre, mais je doute que l'historien le plus maniaque puisse trouver à redire à quelque carte personnage ou événement que ce soit". Je lui laisse la responsabilité de ses propos. En effet, le syndrome du wargamer a encore sévi avec les règles les plus longues et les plus écrites tout petit, mélangeant jusqu'à la nausée 1000 ans d'événements disparates. Par exemple, au hasard : on va vous expliquer en long et en travers tous les pouvoirs des redoutables tribuns de la plèbe en oubliant au passage qu'il n'en ont eu aucun sous l'empire. La chronologie, moëlle épinière de l'histoire, est complètement étrangère à l'auteur qui fait voisiner sans complexe la Rome des rois et celles des derniers empereurs. Pour comparaison, je précise que cela revient à considérer que la société n'aurait pas évolué entre l'an mil et aujourd'hui. Les règles, qui s'acharnent à faire tenir ce patchwork historique, se réduisent donc à une tentative d'administration massive par intra-veineuse du thème, si bien que l'ensemble n'est qu'une grande table d'événements aléatoires piquée à D&D : si vous faites ça, les barbares se massent aux frontières, si la plèbe à faim c'est la révolte, etc. Les joueurs sont censés s'allier pour remettre de l'ordre dans tout ça. Pour ma part, ma plus belle victoire est d'avoir réussi à trouver un plébéien pour me racheter ce monstre étrusque.

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