Alchimistes
Ce jeu est sorti le 13 mars 2015, et a été ajouté en base le 29 janv. 2015 par Monsieur Guillaume

édition 2015
Par Matúš Kotry
Illustré par David Cochard
Édité par IELLO
Distribué par IELLO

Standalone 2 extensions 2 éditions
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Qu'est ce que j'obtiens lorsque j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise?

Tout simplement exceptionnel.

Dans la droite lignée de Dungeon Lords/Petz, on est là dans du jeu bien costaud de placement d'ouvrier, mais où le thème est essentiel, et chaque petit point de règle trouve sa justification thématique.

Le jeu a beaucoup fait parler de lui pour son utilisation du smartphone, mais ne nous laissons pas berner : il s'agit là d'un pur jeu de plateau, avec du matériel à foison. Le smartphone n'est finalement qu'une partie du matériel, il est présent pour pouvoir gérer des informations connues du jeu mais qui doivent demeurer cachées de tous les joueurs.

Mais Alchimistes est loin de se reposer uniquement sur ses innovations : c'est un vrai jeu de placement d'ouvrier retors, avec de la gestion et du pétage de neurone pour les optimiseurs fous.

Oui, il y a une part non négligeable de déduction et de logique : ce sera la partie "individuelle" du jeu, le casse-tête qu'on résout derrière son petit paravent. Et là, autant le dire, c'est mieux d'être un amateur de Sudoku et de grilles de Picross. De même que quelques chiffres de départ suffisent à remplir une feuille entière de Sudoku, on peut déduire un nombre incroyable de choses juste parce qu'un aventurier n'est pas satisfait de notre potion.

Et c'est là que la partie optimisation entre en compte : le but du jeu est en fait de réussir à maximiser l'acquisition d'information en un minimum d'action possible. Rien ne sert d'exploiter des pauvres étudiants en faisant des dizaines de test : il faut juste effectuer les bons. En cela le jeu a une vraie courbe d'apprentissage : au début on est un peu le nez dans ses déductions, mais une fois la partie déduction maîtrisée, un tout nouveau jeu s'offre à nous et on peut enfin commencer à anticiper : les artefacts, les aventuriers qui vont arriver, le placement pour les subventions... Il y a une vraie course à la publication et tout l'enjeu est de réussir à déduire plus de choses que les adversaires, avant eux.

On est tellement immergés dans le thème et toutes ces problématiques que la partie, pourtant longue, file à toute allure. Et il y a une vraie fierté à s'apercevoir à la fin qu'on avait tout juste (ou pas...), d'autant que le jeu est parfaitement rythmé : c'est généralement au dernier tour qu'a lieu LA révélation qui permet de tout déduire.

Ajoutons que Alchimistes est une excellente parodie de l'univers de la recherche universitaire (qui prête à réflexion... vous vous rendez compte que si c'était un jeu coopératif, toutes les molécules seraient trouvées en deux tours ?) Et je trouve assez dingue d'avoir une boîte remplie de 2kg de matériel somptueux pour un prix parfaitement raisonnable.

Le seul défaut d'Alchimistes va être le même que pour Dungeon Lords : il n'est pas facile à sortir. Dès qu'on a un nouveau joueur à la table, il faut se farcir l'explication de règle, pas désagréable (tout est logique) mais qui a une durée conséquente, à prendre en compte dans la durée totale de la partie. Et on ne peut clairement pas proposer ce type de jeu à tata Simone pour une partie en famille.

Mais quel pied, pourtant !

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