Imperator
Ce jeu est sorti le 16 nov. 2007, et a été ajouté en base le 16 nov. 2007 par JeanBart

édition 2002
Par Frédéric Bey
Illustré par Didier Bourgeois et Christophe Camilotte
Édité par Vae victis

Standalone
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OU

Qu'est-ce que c'est dur mais qu'est ce que c'est bon !

D’une part, j’adore les jeux historiques à l’échelle stratégique, avec une prédilection pour la période antique. D’autre part, j’aime les jeux « à contexte », c’est-à-dire dont l’univers est véritablement intégré dans les mécanismes de jeu et dans la dynamique des parties, et qui ne se contentent donc pas d'un simple « plaquage » de règles abstraites sur de jolies illustrations. Autant dire, qu’avec Imperator je suis servi !

Quel plaisir en effet, que de pouvoir revivre la période de la Rome impériale, les luttes âpres des légions sur le Limes, les guerres civiles fratricides, l'ambition dévorante de revêtir la pourpre d’Auguste à la place d’Auguste et d’échanger sa place avec son adversaire pour devenir soi-même le protecteur de l’Empire qu’on s’efforçait de mettre à genou le tour précédant.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et d’attentes que je me suis lancé dans le découpage des pions et ait entamé le scénario d’apprentissage. Et là… j’avoue qu’on a eu du mal, même avec la version erratée des règles. Résultat, la boîte s'est retrouvée à prendre la poussière quelques années dans l'étagère.

En effet, Frédéric Bey, le concepteur, a fait le choix de mécanismes pas forcément intuitifs pour un joueur débutant dans ce type de jeu et qui donnent l’impression de règles incomplètes, ou mal ficelées, ou mal expliquées, voire les 3 à la fois. En fait, tout se tient très bien et est finalement assez logique (quoique d’une logique parfois un peu abstraite) comme j’ai pu le constater lors de deux récentes parties, m’étant finalement décidé à retenter l’expérience (je ne pouvais décidément me résoudre à laisser non concrétisé le potentiel pressenti !).

Il semble en effet assez contraignant et peu intuitif de ne pouvoir embarquer des légions que dans les ports d’attache des 2 flottes mises à disposition et ensuite de ne jamais pouvoir les rembarquer une fois déposées (« ah bon, deux légions du front du Rhin envoyées en Egypte et maintenant faut rentrer à pied…!? »). De même, pourquoi un chef peut-il laisser des unités derrière lui au cours de son déplacement mais pas en prendre en passant ?

J’imagine que le concepteur avait de bonne raison d’imposer ce genre de limites, en tout cas l’important est qu’il ait répondu à ces problèmes par d'autres mécanismes. Ainsi, pour les légions envoyées à l’autre bout de la carte, il faut simplement avoir compris qu’elles se reconstituent automatiquement dans leur zone d’origine une fois détruites. Pour ce qui est de ne pas laisser des unités à la traîne lors des déplacements des chefs, eh ben vous avez plusieurs chefs à dispositions, qui eux peuvent se déplacer de 4 zones alors que les unités de 3 seulement, et c’est donc à vous de bien les disposer pour assurer la mobilité de vos unités.

Il est en fait très important de bien appréhender les règles comme un tout, certains aspects épineux pouvant être en fait résolus par des points explicités deux pages plus loin, mais cela n'apparait qu'avec la pratique. Il faut considérer notamment l'ensemble cohérent que constituent les règles de mouvement et les règles de réajustement en fin de tour, qui permettent au joueur en charge de Rome de ne pas hésiter à envoyer ses troupes se battre parfois très loin, tout en sachant qu’une fois détruire elle seront redéployées gratuitement dans leurs zones d’origines. N’hésitez dès lors pas à engager une bataille perdue d’avance au sud, cela peut être précieux pour regarnir un front au nord qui vient de faire l’objet d’un soulèvement. Le problème n’est pas là de perdre des troupes (ce qui n’est que temporaire), mais plutôt que cela donne 1 ou 2 points de victoire à l’adversaire, ce qui à force peut faire la différence dans le cas d'une détermination finale du vainqueur aux points.

Au final, un jeu riche, exigeant, qui demande de la pratique, quelques heures devant soi et un partenaire motivé, mais ça les vaut !

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