Pour le plaisir de l'aventure

sur Corto
8,7

Corto Maltese est à la bande dessinée ce que Carcassonne et Catane sont aux jeux de société modernes, le marqueur du passage à l'ère moderne.

Les lecteurs d'Hugo Pratt, qui ont aujourd'hui plus de 40 ans, se souviennent avec nostalgie du coté novateur et créatif des aventures de Corto.

La grande qualité de ce jeu est de nous proposer pendant une trentaine de minutes, comme dans la BD, de découvrir des trésors, de dévaliser des trains, de faire fortune ou de se ruiner, de rencontrer des personnages troubles et exotiques.

Les mécanismes ludiques sont variés et efficaces : on évolue au rythme des alliances et trahisons, au milieu des pièces d'or et des coups de feu.

Le problème du jeu intervient à la fin de la partie là où apparait la différence essentielle entre un jeu de société et une bande dessinée. A la fin des livres de Corto il n'y a pas de bilan, de récapitulatif, de comptage, de bons et de méchants car l'aventure et la vie continuent. A la fin du jeu il faut bien compter les points, désigner un vainqueur. Les auteurs ont mis au point un système qui remplit cette fonction mais qui déplaira aux joueurs gestionnaires, qui aiment les courbes d'apprentissage et les stratégies élaborées à l'avance. Dans CORTO, jusqu'au dernier moment il peut y avoir un retournement de situation, comme dans une avanture, comme dans la vie.

Dans sa philosophie ce jeu me fait penser à Tokaïdo (par ailleurs fondamentalement différent) car il est totalement en phase avec son thème. Rien que pour cela c'est une grande réussite, esthétique (le matériel est magnifique) et ludique.

Il est à conseiller à tous les amoureux de l'oeuvre d'Hugo Pratt mais aussi à tous ceux qui veulent passer un bon moment, prendre plaisir à vivre une aventure dans un univers dépaysant et chaotique sans chercher à toujours savoir s'ils sont en tête sur la piste de score.

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