Ce jeu est sorti le 11 sept. 2012, et a été ajouté en base le 11 sept. 2012 par glouglou

édition 2012
Par Fran Diaz
Illustré par Fran Diaz, Ivan Escuder et Marek Rutkowki
Édité par Mercury Games et Asylum Games
Distribué par Asylum Games

Standalone
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Polis : le jeu que l'on a le droit de cité (sic)

Polis est un très, très bon jeu. Que dis-je, un excellent jeu. En fait sans doute le jeu que je préfère dans la catégorie gros jeu à deux alliant gestion de ressources sur fond de confrontation/expansion, notamment car la simulation de ce conflit historique qu'est la guerre du Péloponnèse est ici très bien rendue pour un jeu de ce style qui n'est pas un wargame. Un jeu trop méconnu en somme. Bref un jeu que j'adore et auquel je ne me lasse pas de jouer.

Tout d'abord c'est un jeu que je trouve beau : la boite est belle, le matériel est de grande qualité, les choix graphiques et l'iconographie sont à mon sens excellents et servent élégamment le thème.
L'élégance c'est bien ce qui ressort globalement de ce jeu qui se distingue avant tout par la finesse de ses règles et les situations très tactiques qu'elles engendrent. Tout est parfaitement équilibré, savamment dosé, pour amener les joueurs à devoir à chaque action soupeser longuement les conséquences de leurs choix.

Ce que j'apprécie particulièrement c'est que l'objectif est très clair : asseoir son hégémonie sur le monde grecque antique, dans une lutte d'influence multiple et une confrontation binaire entre Sparte et Athènes. On voit donc clairement ce vers quoi il faut tendre même si, au départ, les moyens d'y parvenir ne paraissent pas forcément évidents. Car entretenir une ligue coûte cher : il faut lever des troupes, nourrir les populations, gérer ses ressources et surtout en trouver de nouvelles. Tout cela occupe beaucoup le joueur et il ne faut pas perdre de vue la finalité de l'enjeu : assurer sa domination sur l'adversaire.

Pour cela il faut cumuler prestige et population. Mais lorsque l'on sait que le prestige et la population (il faut bien lever des troupes) sont les moyens utiles à la réalisation de cet objectif et qu'ils doivent être durement/chèrement acquis, on commence à saisir tout le sel du jeu qui oblige à un équilibre constant et subtil entre développement inévitable et temporisation nécessaire.

On peut parfois finir une partie sans qu'il y ait eu de réels combats, ou peu. En effet, les moyens de s'imposer à l'adversaire sont multiples et bien représentatifs de ce qu'a été la guerre du Péloponnèse où les batailles rangées d'importance furent en définitives assez limitées. La déstabilisation politique, les sièges sont d'autres moyens parfois moins risqués d'arriver à vos fins. L'interaction entre les deux joueurs est en tout cas constante et très tendue : la course à l'hégémonie est de fait réelle. Mais qui veut aller loin devra ménager ses hoplites et ses trières.

Alors certes, Polis demande un investissement en temps qui peu paraître un peu conséquent, mais pour ceux que cela ne rebute pas, le plaisir sera pleinement au rendez-vous. Avec un adversaire motivé ou régulier, il sera possible d'appréhender toute la saveur du jeu qui n'en finit pas de se renouveler à chaque partie.

A noter : je n'évalue que les jeux que je possède.

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