Ce jeu est sorti le 30 sept. 2014, et a été ajouté en base le 25 avr. 2014 par Docteur Mops

édition 2014
Par Sebastian Bleasdale
Illustré par Denis Zilber
Édité par Space Cowboys
Distribué par Asmodee

Standalone

Ne pas tirer à boulet rouge sur Black Fleet mais comment ne pas cacher une certaine déception...

J'attendais de Black Fleet un jeu suffisamment abouti pour répondre tant à des exigences d'ordre familial (faire jouer 3 enfants entre 8 et 12 ans) qu'à des espérances liées à la première édition de Space Cowboys qui nous avait ravi : Splendor avait en effet su mobiliser toutes les énergies ludiques de la famille au centre d'un jeu à la fois beau, rapide et intelligent...

L'ayant donc acheté spécialement le jour de sa sortie lors d'un voyage dans notre capitale ensoleillée en ce jour béni, je ramenai le précieux au sein du cocon familial avec la fierté d'un farfadet ramenant à sa progéniture une cueillette abondante de fruits sauvages....

Lecture en soirée des règles : extrêmement simples et très claires comme prévu, nous commençons une partie dans une attitude collective empreinte d'émotions diverses tel le navigateur approchant des terres.

Cependant contre toute attente, au fur et à mesure des tours, le doute s'installe : Le premier joueur se voit d'emblée dans une position délicate puisque potentiellement victime des trois autres, le choix du port d'attache ne constituant a priori pas un contre-poids suffisant pour équilibrer les forces initiales du plateau. Aussi l'absence d'un système de revenu différencié selon l'ordre de jeu paraît incongrue... Ensuite au bout de trois tours, une impression de chaos se fait jour, les bateaux s'entremêlant et concentrant dans un espace réduit des tactiques assez aléatoires, elles mêmes très sujettes à l'intervention des cartes (fortunes de mer en particulier, mais également via les bonus reçues après l'achat des améliorations). Par ailleurs, un fâcheux sentiment d'iniquité s'introduit progressivement en raison des combinaisons permises par ces améliorations, selon la distribution de départ de celles-ci. En effet, certains combinaisons de 2 ou 3 de ces cartes sont tout simplement énormes en terme de puissance de jeu, alors que d'autres se révèleront moins percutantes, malgré la possibilité de choisir l'ordre dans lequel on souhaite implémenter ces bonus, puisqu'il suffit d'en payer le prix pour en bénéficier.

La déception se confirme ensuite lorsqu'il est clair qu'il devient quasiment impossible de rattraper les deux leaders de milieu de partie, ceux ci accumulant les actes de pirateries et les doublons associés, eux mêmes permettant de renouveler de nouveaux bonus et combinaisons... Une seconde partie de jeu difficile donc à supporter : d'abord le caractère chaotique des tours des autres joueurs enlève toute pertinence d'une planification anticipée de ses propres mouvements ou pire de sa stratégie maritime ; ensuite la forte dépendance entre positions des différents bateaux et le tirage des cartes de mouvements fait que certains tours consistent à éviter de se faire aborder par l'ennemi plutôt qu'à vendre des marchandises ou enterrer des trésors, par instinct de survie, et non par choix stratégiques... Or dans ce jeu, ne pas faire de doublon c'est mourir petit à petit...

Votre salut en somme viendra donc de l'usage du port (salut) et de vos pirates MAIS surtout du tirages des cartes, toutes confondues.

Pour finir, le jeu est tout de même long (même dans sa version courte avec la carte de victoire à 10 doublons). Cette longueur est toutefois adoucie par l'esprit convivial qu'inspire le jeu et ses illustrations, encensé de l'euphorie provoquée par poutrage collectif tel le rire graveleux d'un Barbe Rousse doté de deux actions par tour et d'un combo lui permettant de cumuler 7 déplacements et le droit de poutrer malgré des cales pleines...

Que reste-t-il à Black Fleet au final ? (i) potentiellement un bon prix de revente en occaz étant donnée la communication lors de sa sortie et avant celle-ci ; (ii) un jeu pour jouer avec des jeunes enfants ou bien qui n'ont pas l'habitude jouer (l'indication d'age +14 est un non sens, limite une publicité mensongère) ; (iii) les doublons sont en métal !

J'en venais même à m'interroger sur l'efficacité réelle de présenter ce jeu à des "non-joueurs"... Là où Splendor excelle, Black Fleet déçoit : il ne réunit ni les attentes d'un joueur habitué demandeur d'un minimum de maîtrise, ni celles d'un joueur très occasionnel qui risque d'être surpris par la répétitivité des actions et la longueur du jeu.

Bien sûr ce n'est que mon avis.

K.

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