N'hésitez pas à aller au charbon

9,2

S'agissant du Wallace le plus majoritairement apprécié et le mieux noté (trustant le top 10 de BGG pendant plus de 5 ans), il me tardait d'essayer la bête. Parfaitement, une bête, et je pèse mes mots.

Une bête à l'habillage austère, Wallace oblige.
On a toutefois vu pire, et je m'étais préparé au fil des années via divers visuels de parties.
Bien que le plateau se charge assez rapidement de divers jetons, l'ensemble de la carte reste parfaitement lisible tout au long de la partie.

Une bête où on retrouve également deux autres constantes du maitre : un thème peu glamour et un mécanisme d'emprunt/revenu pour le côté économique. Ce dernier est plus réussi que celui de Steam à mon gout, car moins sévère. L'argent restant le nerf de la guerre, quelques emprunts (à rembourser au plus vite) pour financer ses investissements initiaux semblent d'ailleurs le passage obligé du début de partie.

Une bête avant tout exigeante, que ce soit en terme de règles (pas mal de petits cas particuliers) ou en terme de réflexion, tant les paramètres et éléments de dilemmes sont nombreux.
J'aime beaucoup l'idée des "piles" de tuiles de puissance croissante, associée à l'action de développement permettant d'aller chercher plus vite de meilleurs rendements.
L'interaction à la fois spatiale via les connexions et l'utilisation des tuiles ou ressources adverses est très présente et la source de dilemmes (est-il vraiment avantageux de faire un cadeau à tel adversaire pour me faire progresser moi-même ?).

Une bête où la bonne gestion de sa main de cartes est parallèlement la source de multiples choix. A ce titre, une première partie ratée m'aura appris qu'il vaut mieux adapter sa stratégie/tactique à ses cartes que de s'arc-bouter sur une idée et attendre la carte correspondant. En cas de blocage important, ne pas négliger la possibilité de sacrifier ses deux actions pour en faire une seule dans un lieu de son choix.

Une bête finalement peu commune avec son enchainement de deux périodes distinctes, et les subtilités qui en découlent. La bonne réussite de la période du Rail doit en effet se préparer en amont. C'est la course pour implanter des entreprises de "niveau 2" qui survivront à la transition et permettront d'aborder l'époque ferroviaire avec une implantation initiale optimale.

Unique en son genre avec ses deux périodes successives, Brass est peu aisé à maitriser et propose une grosse courbe d'apprentissage qui fait tout son intérêt.
Il vaut largement le coup de passer outre son esthétique moribonde et la lourdeur apparente de ses règles, qui coulent finalement de source à 90%. J'y rejouerai avec grand plaisir.

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