Mombasa
Ce jeu est sorti le 15 janv. 2016, et a été ajouté en base le 22 sept. 2015 par Monsieur Guido

édition 2015
Par Alexander Pfister
Illustré par Andreas Resch et Klemens Franz
Édité par Gigamic et Eggertspiele
Distribué par Gigamic

Standalone
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OU

Logorrhée à Gorée

Joué à deux seulement.

La règle du jeu, une fois comprise, est plutôt simple.
La façon dont elle est rédigée la rend aussi indigeste qu'un foufou pas cuit.
Le rédacteur a mélangé la mécanique du jeu, le fluff, des conseils et des redites de tout cela dans un même paragraphe. Je ne comprend pas comment des textes pareils peuvent accompagner nos boîtes de jeux. Qu'un auteur ne sache pas écrire et remette un tel manuel à l'éditeur, pourquoi pas, mais ensuite c'est à l'éditeur de structurer, élaguer, clarifier si nécessaire. Pour Monbasa, en plus, c'est une traduction.

Heureusement que la Tric-Trac TV est là, merci M. Guillaume.

Heureusement encore, cette logorrhée cache une mécanique claire, compréhensible facile à mémoriser. (Ça y est, vous avez compris le titre logorrhée pour un jeu qui se passe en Afrique, donc à Gorée. Oui... on doit pouvoir faire mieux. Merci quand même à Jean Bruce).

Le matériel est de bonne qualité. L'iconographie est claire.

J'ai longtemps hésité à jouer à ce jeu. Encore un jeu à l'allemande, avec 40 façons de marquer des points, avec des mécanismes alambiqués et usés jusqu'à la corde. Puis, le bouche à oreille à fait son œuvre. J'ai essayé.

J'ai bien fait. D'essayer pas d'hésiter. L'équilibre et réussi, les mécanismes s'enchevêtrent bien sans exception rébarbative, c'est un excellent cocktail. Il faut autant savoir profiter des petits coup juteux qu'avoir une vue d'ensemble, avec quand même une priorité sur la vue d'ensemble.

J'ai lu ici ou là qu'à deux chacun jouait, de son côté, sa compagnie. Je n'ai pas joué au même jeu que monsieur ici ou madame là. Avec ma partenaire, si un joueur développe une compagnie, soit il la voit se faire pourrir, soit il se fait parasiter par son adversaire qui vient profiter de la mane. C'est un jeu avec beaucoup d'interactions, même si elle est indirecte.

Il y a une évidente courbe d'apprentissage. Il nous a semblé presque impossible d'avancer bien loin sur les pistes diamant ou livre lors des deux premières parties. Lors de la troisième, le déclic est venu et les scores explosent (première partie, 95-97, deuxième 102-104, troisième 170-150...).

Il y a quand même cette petite frustration qui m'est peut être personnelle dans ces jeux à nombre de tours pré-déterminé : celle de "ha, si il y avait encore un tour , ma stratégie aurait payé ", celle de l'inachevé. Dans beaucoup de jeu, nous finissons parce que des conditions de victoires sont atteintes, parce que un joueur a gagné. Dans beaucoup de jeux à l'allemande, nous faisons X tours et nous comptons les points. Je trouve cela limitant, cela ne permet pas de mettre en œuvre toutes les stratégies, cela fait une fin de partie artificielle : pourquoi x et pas x+ n tours ?.
Parfois même, cela permet des stratégies suicidaire ! Par exemple, lors de la partie 170 - 150 ci dessus, le vainqueur a fait son avant dernier tour avec 4 cartes et son dernier tour avec 3 cartes (pour 5 emplacements) et allait être condamné à jouer plusieurs tours comme le dernier si la partie avait duré plus longtemps, perdant ainsi rapidement tout avantage, une victoire à la Pyrrhus (Bon, c'est pas grave : c'était moi, mais quand même).

Je suis interloqué par la réaction négative que l'on trouve parfois au sujet du thème. Je comprend qu'on n'ai pas envie de jouer à un jeu à cause de son thème, mais de là à condamner ! Soyons sérieux, nous ne jouerions qu'à des jeux abstrait. Ce jeu n'est pas une apologie. Et il ne me semble pas dénué d'intérêt qu'un jeu mette en lumière un événement même peu glorieux. Peut être que quelques joueurs vont apprendre quelque chose, c'est mieux que le silence autant respectueux qu'hypocrite. Pour donner l'exemple, j'ai fait une référence à Jean Bruce dans mon avis. Ce n'est quand même pas l'auteur le plus glorieux de la littérature française. Est ce une raison pour oublier ses jeux de mots vaseux ? Non, d'autant plus qu'il n'en faisait qu'un par bouquin.
Bon, c'est pas tout ça, j'ai du découpage à faire pour mon "secret hitler".

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