Ce jeu est sorti le 27 avr. 2007, et a été ajouté en base le 21 déc. 2006 par Monsieur Phal

édition 2007
Par Michael Rieneck et Stefan Stadler
Édité par Filosofia
Distribué par Asmodée

Standalone 2 extensions 2 éditions

Le Tsar de Serpillière

En reprenant à son compte des mécaniques largement éprouvées, Les Piliers de la Terre revendique un glorieux héritage. Une bonne louche de Caylus et de Leonardo da Vinci pour le placement et la construction, un zeste de Sankt Petersburg pour le recrutement d'artisans, un peu de Funkenschlag pour la production, secouez bien fort et vous obtenez un jeu qu'on croirait connaître avant même d'y avoir joué.

Que du gros jeu, certes. Pourtant, les auteurs ont osé un véritable blasphème pour un jeu de gestion : y introduire une part d’aléa non négligeable. Le tirage des bâtisseurs dans un sac pour le placement est en effet la véritable originalité du jeu ; c'est à la fois ce qui lui donne son identité, et ce qui le maintient dans l'antichambre du jeu pour gros joueur. Car j'entends ceux qui disent "ce jeu est une passerelle entre les Colons et Caylus", et je réponds "c'est pas faux". J'entends aussi ceux qui parlent de "génération des jeux taillés pour une spieldesjahrisation", et je réponds "c'est pas faux non plus". Mais pour moi, avant tout, le plaisir de jouer est là, d'autant que les choix sont nombreux et l'interaction plutôt forte.

Ce qui frappe de prime abord, c'est évidemment le matériel, d'une qualité et d'une esthétique remarquables. Le rendu graphique du plateau et des cartes est somptueux, loin de l'habituelle austérité allemande; la cathédrale compte-tour, complètement superflue donc carrément indispensable, est d’ailleurs un vrai plaisir pour les yeux. Du coup le thème semble plus crédible, d'autant plus que de nombreux mécanismes s'y intègrent parfaitement (paiement des impôts, recrutement d'artisans, protection du clergé..).

Les Piliers de la Terre n'est donc pas un jeu stratégique, mais un jeu tactique et opportuniste : on est à des années-lumière de la profondeur d'un Caylus. Avec la contrainte de 5 cubes, il est même presque impossible d'avoir une vision de long terme. Mon seul vrai regret concerne en revanche la linéarité des parties, et une sensation de manque de renouvellement. Du coup il est presque certain qu'après une dizaine de parties, ce jeu ne sortira plus de mes étagères que très occasionnellement. Mais d'ici là, je vais continuer à me faire plaisir, parce qu'il le vaut vraiment bien.

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