il peut attendre pour le Pulitzer
En association avec la RTS, la Radio Télévision Suisse et ses journalistes, Reporter propose un jeu d'enquête sans la puissance des moyens policiers (rapport d'autopsie, banque de données...). Ici, il faut compter sur ses contacts et, surtout, sur son flair, le bon sens et la logique. La démo "L'Arnacoeur" esquissait le principe et c'est avec envie que l'on aborde cette boîte de deux enquêtes. Le matériel se partage des documents auxquels on a accès si on trouve l'entrée qui nous y mène via des calepins bien fournis. Si l'accès à des vidéos existe, le jeu n'utilise quasi pas d'appli. On se réfère à des logos qui symbolisent les recherches sur la toile, le coup de téléphone, le déplacement sur le lieu etc. Le temps est limité, et c'est tant mieux, cela recentre le journaliste et le force à se concentrer. Le premier cas, un tutoriel évolué, nous confronte au monstre du Loch Ness suisse. On sera aidé par notre collègue Rinaldo qui connaît tout le monde. L'auteur, rompu à ce genre d'exercice sait rendre le récit vivant, même si (partenariat oblige ?) les références perpétuelles à la culture helvétique sont un peu lourdes et omniprésentes. Fluide, plaisant à lire et à creuser, ces lignes sont mêmes pédagogiques puisqu'on y apprend que les lacs (Leman et Constance), malgré leur magnificence sont aussi victimes de pollution et de trafic maritime intense (50 000 bateaux de plaisance).
Le second cas, une histoire de déchets, tisse ses fausses pistes, se sert de l'actualité tentaculaire mais en rajoute des couches qui finissent par noyer le récit. Si certains points sont livrés à l'appréciation de chacun, d'autres sont plus ennuyeux. J'avoue être mitigé sur le fait de proposer des récits axés écologie tout en citant, à la façon d'un placement de produit, les logiciels d'IA existants et, surtout , de les utiliser pour illustrer le propos (on peut argumenter que cela aide à plus de vérité). Plus gênant sont le bug internet qui ne mène nulle part du premier cas et surtout cette erreur éditoriale d'une entrée qui ne figure pas dans le carnet et empêche l'accès aux informations. Dans la lignée d'un Crime Zoom ou de Suspects, Reporter est travaillé, bien écrit, instructif mais, hélas, il est également faillible par endroit et cela gâche le plaisir.
+REPORTER DEMO
L'infatigable Stéphane Anquetil (aidé ici du multi Ludo Achraf), revient, après Crime Zoom et Pixel Aventures avec un nouveau concept d'enquête. Nouveau, c'est peut être un bien grand mot, on y retrouve l'esprit de Crime Zoom et de Suspects (Guillaume Montiage). Des enquêtes plutôt narratives, même si, dans cette démo, nous ne sommes pas noyés par le verbe. Nous voilà journaliste, pas de base de données policière, d'insigne, tout se fait au bon sens. Cartes allongées, on y trouve à la fois des photos, des articles, des extraits de compte internet, de la publicité, mais aussi des réponses quand on se penche plus précisément sur un détail et que son numéro nous renvoie piocher une carte explicative. Dans cette démo, pas de fausses pistes, il n'y a que 18 cartes, le récit sera clair à suivre. Pas d'appli non plus. Si on utilise internet ou le téléphone, ce sera une réponse papier. L'histoire, inspirée d’un triste fait divers, est bien construite et la solution se tient. Reporter ne surprend pas vraiment dans sa façon de faire si vous avez déjà tâté des titres cités en introduction, mais on reconnaît la patte de l'auteur et cela suffit pour que l'on aille regarder la boîte officielle de plus près.