Yggdrasil Chronicles

de Cédric Lefebvre
Yggdrasil Chronicles
9.30 
6 avis

Description du jeu :

Ouvrez le livre des Sagas, qui chante le crépuscule des Dieux. Yggdrasil, Frêne cosmique soutenant les 9 mondes, est menacé. Le Ragnarök approche. La dernière bataille, annoncée depuis l’aube des temp... En savoir plus

Prix de vente conseillé : 50,00 €

Le NIRVANA.... euh, le VALHALLA plutôt !

Bon, autant le dire tout de suite, ce jeu est un chef-d'oeuvre absolu, à un niveau d'aboutissement que je n'ai encore rencontré dans AUCUN (et je pèse mes mots) autre jeu....

Alors la promesse est simple : incarner Thor, Freyia, Odin, et/ou d'autres dieux du panthéon nordique pour affronter Loki et ses forces du mal pendant le Ragnarök et sauver Yggdrasill, l'arbre-monde, et ainsi rien de moins que l'univers... Quelle promesse !

Et cette promesse est-elle tenue, ludiquement parlant ? Eh bien Ouiiii, ouiiiiii, ouiiiiii, mille fois ouiiiiiii....

Alors par quoi commencer ? Par le matos ? Ben ok, allons-y, puisque c'est la chose la plus évidente (et celle qui m'a furieusement donné envie d'acheter le jeu à la base). Alors le matos est juste top. Les meeples, les illustrations (Oh mon dieu !!!), le livret de règles, le livre de campagne, tout, tout, tout est parfait, impeccable, immersif, beau, somptueux... Et puis cet arbre !!!! Parlons-en de cet arbre !!! Bon OK il est en 3D... alors, gadget ? Eh ben non figurez-vous. Le matériel est superbement disposé sur cet arbre, avec un degré d'ergonomie rarement vu... L'immersion est totale, grâce à cet arbre. Quand on envoie un héros en Asgard, eh bien il y MONTE littéralement. Et quand on descend aux enfers récupérer les âmes perdues pour les renvoyer en Midgard, eh bien on fait réellement le chemin ! La 3D n'est pas un gadget non plus au niveau gameplay, le plateau du milieu tourne et il faut vraiment prendre ça en compte avant de jouer son tour, et les échelles de puissance de certains démons prennent tout leur sens en 3D.

Et du sens, parlons-en justement... TOUT, absolument TOUT fait sens dans ce jeu. Je n'ai JAMAIS vu un jeu dans lequel le thème est aussi bien intégré.
Je m'explique : chaque jeu repose sur un univers : tuer des monstres, gagner les faveurs des dieux, obtenir le pouvoir au conseil des abysses, collectionner les oiseaux, conquérir un territoire perdu, assembler des golems, échapper à une pandémie... bref... Seulement dans tous nos jeux, on peut, de près ou de loin, remplacer tel thème par un autre... Tuer des monstres... ou des bandits ? Gagner les faveurs des dieux... ou des clients de mon restaurant ? Obtenir le pouvoir au conseil des abysses.... ou de la mafia locale ? Collectionner les oiseaux... ou des artefacts ? Échapper à une pandémie... ou à une montée des eaux ?
Eh bien là non, chaque mécanique de jeu correspond VRAIMENT à un aspect de la mythologie nordique. Quand on monte chercher l'aide des Elfes dans leur royaume, quand Iormungand passe d'île en île pour dévorer les âmes des pauvres humains pour les envoyer chez Hel, déesse des morts, augmentant ainsi son pouvoir, quand Loki apparaît ici, puis là, fidèle à son caractère fourbe et manipulateur, eh bien tout est retranscrit en terme de mécaniques de jeux qui sont tellement imprégnées du thème qu'au final, on n'a plus l'impression de jouer à un jeu mais vraiment de VIVRE l'histoire. Quand un humain meurt, avalé par Iormungand, on n'a pas l'impression de bouger une figurine et un meeple, on imagine vraiment le monstre se déplacer, dévorer les îles, et ce n'est plus un meeple qu'on déplace sur un plateau mais bien une âme humaine qu'on envoie au royaume des morts...

Quant aux mécaniques du jeu en elles-mêmes, il est difficile de ne pas comparer Yggdrasil à son illustre prédécesseur : GHOST STORIES, que j'aime beaucoup également. En effet, on a toujours ce système de lieux où les héros peuvent faire des actions (récupérer des bonus) pour contenir les vagues successives de monstres générés par une IA dans une sorte de course contre la montre, tant le jeu devient puissant au fil du temps. D'ailleurs niveau challenge, je n'en vois pas un plus complexe que l'autre.
Mais je vois 3 différences majeures entre ces deux jeux, qui font que, si j'adore Ghost Stories, Yggdrasil est selon moi très nettement au-dessus :

1. La mécanique des règles : autant je trouve que Ghost Stories, même après de nombreuses parties, peut parfois s'avérer fastidieux ou laborieux à jouer (toujours bien penser à tout, ne rien oublier...), autant Yggdrasil, après avoir bien intégré les règles et fait quelques tours en partie d'initiation, se révèle totalement fluide à jouer. On peut très bien commencer, faire 3-4 tours, puis y revenir pour 1 ou 2 tours plus tard, puis finir le lendemain sans perdre le fil. Les tours s'enchaînent vraiment avec fluidité, tout est très clair, servi par une ergonomie exemplaire, ça aide ! Et là encore, niveau règles, c'est un sans-fautes, aucun angle mort, c'est nickel !
D'ailleurs il faut rajouter que j'ai toujours trouvé le facteur chance un poil frustrant dans Ghost Stories, alors que ce n'est pas le cas avec Yggdrasil, car même s'il y a des dés, le facteur chance est beaucoup plus gérable, grâce à des aides (héros, Elfes) mais aussi des équipements (artefacts) et les interactions entre les Dieux.

2. L'immersion : Comme je l'ai dit plus haut, c'est un énorme point fort du jeu. Autant je trouve que Ghost Stories peut être un peu froid, mécanique (remplacer les figurines par des cubes par exemple ne me ferait ni chaud ni froid...), autant Yggdrasil est épique, immersif, envoûtant, obsédant presque. Bref, unique !

3. La campagne : Gros point fort du jeu que je n'ai pas encore mentionné : le livret de campagne (52 pages, s'il vous plaît...) propose une expérience de jeu sans cesse renouvelée, avec des quêtes qui (là encore !) font parfaitement SENS avec le thème, et permet une réelle progression des persos. D'ailleurs, notons que les 7 Dieux jouables ont TOUS des capacités et compétences propres, PLUS une fiche de perso qui leur permet d'en développer d'autres, alors autant dire que la campagne est rejouable quasi à l'infini si l'on veut tester toutes les interactions possibles entre les Dieux. D'ailleurs, petit point faible à ce propos chez Ghost Stories : les pouvoirs des moines sont finalement très mécaniques. Alors que dans Yggdrasil les Dieux peuvent même nouer des relations (d'amitié, de soutien, de voyage...) ENTRE EUX au fur et à mesure que la campagne avance.

Bref vous l'aurez compris : pour moi, Yggdrasil est un coup de coeur énormissime. L'alchimie, l'imbrication est parfaite entre matos superbe (les illustrations, oh mon dieu !!!!) , règles limpides, tension permanente, immersion totale... On a vraiment là un réel chef-d'oeuvre, une perle rare, et le sentiment d'avoir entre les mains un objet ludique totalement abouti. Chapeau l'artiste, et MERCI !!!!!
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