La Terre est le berceau de l'humanité. Mais qui voudrait passer sa vie dans un berceau ?

Civilization est de très loin le jeu PC auquel j'ai le plus joué ces vingt dernières années. Le genre de jeu pour lequel il m'est arrivé de commencer une partie en début d'après-midi, et de me rendre compte au petit matin que le jour venait de se lever. Autant dire qu’il m’a toujours passionné, peut-être parce que son système de tour le rend après tout assez proche d'un jeu de plateau, en beaucoup, beaucoup plus compliqué. Le défi était donc de taille pour restituer autour d'une table la folle ambiance d'un jeu pour un, avec des trouzaines de paramètres à gérer sur quatre ou cinq cents tours, en un jeu pour quatre, jouable sur une vingtaine de tours, avec un temps de jeu et une complexité raisonnable. Et bien, pari tenu !

Les vieux briscards nourris depuis l’enfance aux pixels du jeu éponyme se trouveront donc en terrain connu. Exploration, exploitation, administration de cités, doctrines politiques, recherche technologique, développement, conquête, diplomatie, personnages illustres, merveilles merveilleuses, tout y est, ou presque, et ce sur une période s'étalant de l'invention de l’alphabet à la conquête spatiale. Fichtre. Les autres découvriront avec délice les joies de bâtir un empire sur plusieurs millénaires, jusqu'à conquérir l'hégémonie dans des domaines aussi divers que le militaire, l’économique, le scientifique ou le culturel. Quatre conditions de victoire, donc, relativement équilibrées (si on prend bien garde à éviter les disparités militaires), et des peuplades aux avantages dissymétriques. Les trouvailles allant dans le sens d'une simplification du jeu sont assez bien vues, notamment la pyramide technologique, la production sur un tour, ou l'avancement automatique des bâtiments et unités. Même le système de combat, assez contre-intuitif (avec la distinction entre figurine et unité), se révèle à l'usage agréablement ingénieux.

Alors certes, y'a d'la règle. Plutôt plein, même. Mais si elles sont longues à absorber, elles sont faciles à digérer. L’ensemble n’est finalement pas trop difficile à jouer : on est bien loin de la complexité stratégique d’un TTA, ou de la durée mastodontesque du vieux Civ’ des années 1980. Le hasard est présent mais largement tolérable, et la boîte foisonne de matériel, qui, ce qui ne gâte rien, est fort joli.

Bref, Civilization est un vrai jeu à thème mais avec de la gestion dedans, un jeu esthétique et fort épique. C’est certainement mon coup de cœur 2011, et j’attends avec impatience les extensions avec de nouveaux peuples et de nouvelles merveilles.

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