La pioche au coeur de votre stratégie

9,2

Contexte

Dans Orléans, vous incarnez un notable de cette région à l’époque médiévale et devez vous adjoindre les services de différents artisans qui participent à accroitre votre renommée. Dix-huit tours, qui passent au final bien rapidement, permettent de collecter marchandises et deniers, de créer des comptoirs et rassembler des citoyens pour une montée en puissance de son développement.

Mécanique

Orléans utilise une mécanique de pioche dans un sac (après le "deck building", voici le "bag building") encore rarement utilisée dans un jeu de gestion. En effet, chaque joueur dispose d’un sac qui se remplit au fur et à mesure de la partie avec 6 types d'artisans. Au début de son tour, on en pioche un certain nombre puis on les dispose sur les emplacements correspondants de son plateau personnel (phase programmation). Pour éviter que son sac ne se remplisse de trop avec le risque de ne pas piocher l’artisan d’un type bien précis, le jeu propose une mécanique élégante de défausse car elle permet de gagner des deniers ou des précieux citoyens pour peu que vos artisans défaussés répondent aux bons critères.

En plus des emplacements sur son plateau personnel, il existe des bâtiments supplémentaires qui seront un apport indispensable à votre stratégie (marchandises, développement, deniers, déplacement sur la carte centrale). Il ne faudra pas les négliger pour espérer une victoire.

Un autre aspect très important du jeu est sa course au développement puisque les artisans sont en quantité limitée ! Cela entraîne une tension et une compétition permanente entre joueurs. Si en début de partie, la phase de programmation peut s’effectuer simultanément, elle devient plus critique vers la fin de partie lorsque les places restantes sur le plateau central ou à l’hôtel de ville deviennent rares.

Matériel, règles et illustrations

La première édition ne contenait que des éléments en carton mais il existe maintenant un kit d’amélioration disponible sur le site de l’éditeur (payant) pour transformer les jetons en meeple en bois ainsi que les technologies. Cette amélioration est intéressante car les éléments en bois sont plus agréables à manipuler dans le grand sac et offrent une longévité plus grande. A noter que la prochaine édition française chez Matagot (fin juin 2015) ne disposera pas de ces éléments en bois mais de jetons en carton plus épais (pour améliorer leur longévité).

Les illustrations sont dans le style médiéval et sont cohérentes avec le thème, l’iconographie est claire mais certains bâtiments supplémentaires nécessitent tout de même un retour à la règle pour bien comprendre leur fonctionnement.

Suite à un début de polémique sur la prédominance d'un bâtiment, les règles en sont maintenant à leur deuxième version, elles proposent une variante permettant aux joueurs d’exclure chacun un bâtiment de la pioche.

Conclusion

Dans sa catégorie, Orléans est assurément une franche réussite et apporte avec succès cette nouvelle mécanique d’optimisation de sa pioche à un jeu de gestion et de développement. Il offre un très bon équilibre entre développement personnel (son « sac » d’artisans) et interaction avec les autres joueurs (un seul comptoir autorisé par villes, nombre limité d’artisans). Le jeu fait partie de ceux dont la mécanique peut rapidement prendre le pas sur le thème ou l’histoire qu’il raconte mais cela ne lui porte pas préjudice tant celle-ci est bien rodée. Orléans est très plaisant à jouer et offre à chaque partie un challenge intellectuel motivant.

Un léger bémol concernant le calcul des scores finaux, un bloc de feuilles de score aurait été le bienvenu car il n'y a pas de piste de score et tous les points sont décomptés en fin de partie.

A noter qu’une extension est programmée pour Essen 2015, elle apportera des nouveaux bâtiments ainsi que le matériel nécessaire pour un cinquième joueur.

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