La città, ville ouverte

8,0

Un concept qui rappelle un peu les jeux de développement de cités sur ordinateur du genre "Civilisation", mais avec un temps de jeu bien moindre. Je rappelle qu'avec une partie de "Civilisation", vous en prenez pour de 15 à 30 heures. Il est difficile de réunir 4 ou 5 personnes pour autant de temps autour d'un plateau de jeu et il est bien fini le temps où un auteur comme celui de Civilisation (jeu de plateau) pouvait imaginer que quelques fous puissent l'envisager.

On reste donc ici dans le jeu de développement mais aussi dans le raisonnable bien que "La città" soit considéré en regard du reste de la production actuelle comme un jeu lourd; c'est d'ailleurs dire si "notre temps ludique" est à la légèreté. Il fait compter quand même au moins 2 bonnes heures, tout du moins pour vos premières parties, le temps d'intégrer tous les mécanismes et leurs conséquences.

La Città est un jeu où il faut équilibrer les divers aspects de ses cités, en fait il s'agit de gérer au mieux les différentes contraintes (thunes, production de nourriture, croissance de la population, son placement et ses aspirations. C'est celles-ci qui génèrent l'interaction entre les joueurs et qui remplacent avantageusement les sempiternels conflits armés dans les jeux de conquêtes: mécanisme malin donc; mais aussi mécanisme léger puisque régit en bonne partie par le hasard. Et c'est là peut-être son tendon d'Achille, qui rebutera peut-être les vrais stratèges, les purs et durs. Ce que fera aussi l'aléatoire des cartes d'actions à l'étalage.

La Citta vous frustrera sans doute aussi pour deux autres raisons, une bonne et une mauvaise. La bonne raison: on a envie de tout faire en même temps et très souvent les choix d'actions sont très cruels, puisqu'on est obligé d'en abandonner certaines. Il faut donc avoir le sens des priorités, et comme au jeu de "Go", savoir accepter des pertes à un point du plateau, du moment qu'on sait qu'elles seront contrebalancées avantageusement par ailleurs par des gains. La mauvaise raison: 6 années dans le jeu soit 6 fois le nombre de joueurs, c'est finalement court; la fin arrive toujours trop tôt et on en voudrait encore et encore et encore...

Fausse mauvaise raison donc, car si on était prêt à aller jusqu'au bout de la nuit avec "La città", c'est que le plaisir était au rendez-vous, après tout.

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