Ce jeu est sorti le 26 janv. 2003, et a été ajouté en base le 7 août 2002 par Monsieur Phal

édition 2003
Par Serge Laget
Illustré par Franck Dion
Édité par Jeux Descartes et Eurogames
Distribué par Descartes

Standalone 2 extensions 2 éditions

La 8e merveille du jeu de société ?

Non, tout juste… à deux impôts, peut-être, ou à quelques ressources près. Je me rabats donc sur la carte «Colosse» pour parler de ce Manifeste du jeu français, une réalisation splendide, un véritable monument moderne (pas trop moderne au fait, mais avec Mare Nostrum nous sommes déjà dans l’anachronisme, autant y rester).

Le plateau émerveille d’entrée de jeu, certes, mais c’est avant que les premières cartes ressources nous tombent entre les mains. On a peine à les jouer par la suite, on a plutôt envie de humer le « parfum » ou de s’enduire de «l’huile» (voire, de soudoyer quelque jolie « esclave » pour la tâche). Voilà pour l’ambiance ! Il suffit ensuite d’un petit Chianti, de quelques loukoums, d’olives Kalamata et d’une ambiance sonore, puis le tour est joué et le fauteuil magique fait son œuvre : Hannibal lance ses éléphants sur Rome pendant que Cléopâtre trahit César; le Babylonien enfonce l’arrière-pays du Grec alors que ce dernier répand la terreur sur la Méditerranée.

Les mécanismes du jeu, basés sur trois phases liées de manière organique, introduisent un ingénieux système de détermination de l’ordre des actions. Un parfait équilibre entre tactique et stratégie fait en sorte qu’ils s’écartent en arrière-plan pour que la diplomatie triomphe, et le jeu est à ce point de vue tout simplement remarquable.

Comme tout jeu de conquête, par ailleurs, Mare Nostrum comporte quelques problèmes liés au nombre et à la complexité des mécanismes qui interagissent. Notre groupe de jeux en a relevés quelques-uns, tous très subjectifs, et donc très contestables. Nous avons choisi d’employer des variantes pour rétablir l’équilibre : je crois qu’il s’agit là, non d’une déformation, mais d’une adaptation nécessaire pour qu’un tel monstre puisse plaire à tous. Elles concernent, respectivement, le pouvoir des Grecs (un peuple assez faible), la carte Hélène de Troie (un peu trop puissante) et l'option de saccager un territoire.

Certes, quelques problèmes persistent: d'abord, la collecte des ressources peut parfois devenir fastidieuse et répétitive. Ensuite, la règle de jeu lacunaire vous obligera à visiter les forums de discussion. Aussi, le jeu n'étant pas axé sur l'aspect militaire, certains restent frustrés de ne rien pouvoir tenter d'impressionnant à cet égard. Enfin, un joueur écrasé par ses adversaires perd presque toutes possibilités d'actions et risque de s'ennuyer pendant plusieurs tours.

Mais je ne veux pas terminer sur des critiques: ce jeu magnifique, à défaut d'être parfait, mérite une superbe mention. Chapeau, Serge Laget !

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