Ce jeu est sorti le 7 nov. 2007, et a été ajouté en base le 24 mai 2007 par limp

édition 2007
Par Thomas Lehmann
Illustré par Claus Stephan et Martin Hoffmann
Édité par Rio Grande Games et Ystari Games
Distribué par Millennium

Standalone 9 extensions

L'ivresse de l'infini

Si je devais écrire une critique complète et purement subjective de Race for the Galaxy, ça ressemblerait plus à une déclaration d'amour qu'autre chose. Depuis ma vingtième partie de RFTG, je sais enfin répondre du tac au tac à la question « quel est ton jeu préféré ? ». En vingt ans de jeu, jamais je n'ai ressenti cela. C'est aussi le premier jeu avec lequel j'enchaîne autant les parties (plus de 100 en moins d'un an), au point de jouer seul si je ne trouve pas d'adversaires (la variante solo de l'extension sonne comme une bénédiction !). Je ne sais pas si ça provient de sa parenté, volontaire ou non, avec les jeux de cartes à collectionner, ou de la délicate alchimie qui ressort du jeu, ou encore de la variété infinie que ces règles relativement simples procurent, ou bien, ou bien…

C'est bien simple : je ne vois même pas comment quelqu'un qui se dit « joueur » pourrait ne pas apprécier ce jeu, pour peu de faire l'effort de passer le cap des quelques premières parties, il est vrai parfois laborieuses. Plusieurs concepts s'entrecroisent, ce qui rend l'explication des règles délicates. Les symboles présents sur les cartes, pourtant magnifiquement logique et épurés à l'usage, rendent les premières marches de l'apprentissage du jeu assez élevées. Mais que diable, rien d'insurmontable, au contraire.

Ce jeu réussit la magie d'être plus riche qu'un JCC pour un coût dérisoire (par rapport à un JCC), tout en gardant la finesse et l'équilibrage, à la fois dans les mécanismes et dans l'interaction entre les joueurs, des meilleurs jeux de gestion « à l'allemande ». Chaque partie de RFTG m'apporte les mêmes sensations que les meilleurs JCC que j'aie eu l'occasion de pratiquer (Magic en tête), et tout particulièrement des fameux tournois « en draft », où chaque joueur doit construire le meilleur jeu possible à partir des quelques cartes qu'il a à sa disposition. On retrouve aussi tout le plaisir et le fun qu'on a à découvrir un JCC entre amis, armés de seulement un « starter » et quelques boosters, loin de la prétention et la compétition qui devient trop rapidement l'apanage de ces jeux.

Reste le délicat problème de « l'interaction ». Alors certes, les thèmes SF nous ont habitués aux grands combats dans l'espace de Star Wars, aux constructions d'empires militaires de Twilight Imperium. Autant de clichés associés aux conflits directs et aux jeux essentiellement diplomatiques.

Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. La thématique de Race for the Galaxy est particulièrement réussie : le format cartes permet d'évoquer de très nombreuses facettes de ce qui rend la SF le thème le plus riche qui soit, de l'anticipation dénonciatrice de Georges Orwell à l'optimisme scientifique d'Asimov, en passant par les mondes oniriques de Vance ou le fantastique à grande échelle d'Herbert ou Star Wars. Les fans du genre retrouveront avec plaisir les clins d'œil à leurs œuvres préférées, alors que l'ensemble reste parfaitement cohérent.

Du coup, l'interaction subtile de RFTG ne choque pas le moins du monde, d'autant qu'elle est très loin d'être absente, pour peu que l'on daigne lever le nez de son jeu (ce qui est, admettons le, difficile lors des premières parties, et absolument pas indispensable si l'on ne souhaite pas améliorer ses statistiques de victoire). Avec le temps, c'est clairement ce qui va faire la différence entre un bon joueur et un joueur moyen, et ce plus particulièrement quand le nombre de joueurs est faible (2 ou 3) et que la maîtrise du jeu par au moins l'un d'entre eux entraîne un fort raccourcissement des parties.

Et il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue qu'avant d'être un jeu de développement, RFTG est un jeu de course (c'est pourtant marqué sur la boite) ! Et quid de l'interaction dans un jeu de course ? Avant tout une question de rythme : imposer le sien, s'adapter à celui des autres quand c'est nécessaire, lancer l'échappée au bon moment, profiter de l'aspiration quand c'est possible.

Quant à la part de hasard, comme au Poker d'ailleurs, c'est bien en statistiques de victoire qu'il faut compter, et la faible durée des parties (très vite moins de 30 minutes) et surtout l'énorme renouvellement de celles-ci permet largement de les enchaîner jusqu'à ce qu'un vainqueur clair se dégage (encore une fois, surtout à deux).

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