Kanterbraü ho ho !

10,0

Woa ! Trop la classe ! Je suis le prem's à laisser un avis sur ce jeu ! Comment que j'suis ému !!! Allez ! Pour fêter ça, je lui colle un bon 5/5.

Disons que ça les vaut presque. Etayons un peu !

Canterbury est un jeu de placement et de majorité. Jusque là, rien de bien folichon parce des jeux de placement et de majorité on en a des palanquées. Seulement celui là, et bien il est à la fois simple dans ses règles (on exécute une seule action à son tour de jeu parmi trois possibles), et hyper calculatoire dans son déroulement. Il faut en effet réfléchir pas mal, repérer les différentes options qui s'offrent à vous... La pose d'un bâtiment va faire entrer en jeu plusieurs paramètres : des gains de points directs à la pose, et, selon sa taille, il va donner le droit de poser un certain nombre de pions qui vont eux-mêmes offrir la possibilité de pécho des majorités en différents endroits du plateau. Chaque bâtiment va en outre influencer le développement des quartiers adjacents... Déjà là, on commence à entrevoir une profondeur qui ne demande qu'à être explorée... Allez ! Encore une couche ? Et bien on peut aussi améliorer les bâtiments...

Bon, graphiquement, je le trouve assez chouette, quoique sobre. Disons que Canterbury est d'une élégante sobriété qui permet de rendre la vision d'ensemble du jeu limpide et saisissable au premier coup d'oeil, ou presque. C'est très agréable de poser ses pions sur ce plateau comportant de jolies nuances de vert. Les sensations ludiques sont excellentes. Ajoutons à cela que la prise en main est assez aisée, que l'on n'attend pas des plombes pour jouer son tour de jeu, parce que je le rappelle : on n'a qu'une action à faire (et elle peut être réalisée très très vite, surtout si cette action ne consiste qu'à prélever des fonds), mais nécessite de se creuser le citron pas mal. Une bonne dose de réactivité sera également demandée car la tension s'accroît au fil de la partie, les scores restant assez serrés jusqu'au bout. Ce n'est que lors des derniers tours que l'écart peut se creuser de manière significative. Enfin, comme dans Lewis & Clark, il n'y a pas ici de notion de tour : on joue alternativement, sans plus se soucier d'être premier ou dernier joueur. Simplement, le fait de construire peut déclencher un décompte. Il faudra ainsi garder un oeil sur cette perspective diabolique qui ne fait qu'ajouter d'avantage de tension ! Franchement une très belle découverte !

Maintenant, on pourra regretter une fin susceptible d'arriver plus rapidement qu'un orage en montagne (la perspective diabolique !), au point que certains joueurs pourront se retrouver le bec dans l'eau sans avoir eu le temps de dépenser les nombreuses piécettes accumulées. Cela pourra créer de la frustration chez certains, ce que je veux bien concevoir. Mais la grande finesse de l'ensemble permet selon moi d'équilibrer tout ça, ou au moins de faire oublier ces menus désagréments.

Autour de la table, tous ne partagent pas nécessairement mon enthousiasme immodéré, il faut le reconnaître, même si le jeu plait bien. Personnellement, je lui trouve un charme absolument irrésistible.

Canterbury n'est pour l'instant disponible qu'en anglais. Pas grave puisque le plateau ne comporte aucune écriture en dehors des noms des bâtiments (et on sait tous ce qu'est un marketplace, une citadel ou une guild hall, non ?), et il est facile de se procurer les règles françaises (liens sur ce site). Un grand merci d'ailleurs à Jean-Michel Auzias et à sa petite famille pour la traduction !

Je terminerai là dessus !

PS : c'est marrant mais jusqu'à présent, je me méfiais des jeux qui, sur Tric Trac, ne comportaient qu'une seule critique élogieuse. J'avais tendance à me dire "ouaih, c'est sûr, c'est un pote du concepteur du jeu qui a déposé la critique, voire le concepteur lui-même !...". Et bien pour le coup, j'ai été bien eu, et je jure que je ne connais absolument pas Monsieur Parks !

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