Déséquilibré mais engageant et joyeux, surtout si on aime écrire des variantes
Cette cité d'or roule clairement sur les pas des Aventuriers du rail, avec ces cartes qui permettent de créer des routes sur une carte, le but étant d'accéder à la cité au centre de l'île. Les comptoirs que l'on pose nous donnent des bonus immédiats ainsi que différés en plusieurs fois, déterminés par des objectifs tirés à chaque manche ainsi que ceux de fin de partie.
Même s'il se raccroche un peu au wagon des aventuriers, Schacht avait déjà développé ce style avec de nombreux jeux de conexion plus austères et calculatoires comme Kardinal & König et quelques autres. Ici, il rend sa formule plus familiale, avec une réalisations soignée.
En tentant de simplifier au maximum, il se tire pas mal de balles dans le pied au niveau des règles. La chance joue hélas un rôle important à la pioche, et les objectifs sont déséquilibrés, apparaissant qui plus est au début d'une manche très courte qui ne laissera guère de possibilités pour les accomplir. Il faudra donc absolument connaître à l'avance le deck d'objectifs et laisser ceux déjà réalisés bien visibles, afin de prévoir ce qui a des chances de tomber. Au final, ce jeu familial demande pas mal d'explications si vous ne voulez pas que les joueurs se plaignent d'une certaiune injustice.
Avec tous ces défauts, vous allez sans doute penser qu'il est très mauvais? En fait nion, car il possède un charme enfantin comparable à Elfenland, lui aussi placé sous le signe de l'arbitraire et de la gratification chaotique. Vous ne séduirez pas beaucoup de joueurs experts avec ce jeu, mais il diffuse une bonne humeur communicative et ses dessins colorés/mystiques de Hoffman et Stefan sont vraiment réussis. De plus, il reste quand même une règle de scoring cohérente qui laisse du contrôle, celle des objectifs dits "bonus" que l'on pioche en les choisissant directement dans toute la pile.
Etrangement, le bilan est pluitôt positif, mais la vraie raison pour laquelle je garde ce jeu dans ma collection est dans le post scriptum.
PS: A noter que ce jeu simple et pas très bien équilibré s'avère un terrain de jeu très fertile pour les créateurs de variantes. On dirait un exercice du type: "ce jeu est bugué, comment allez-vous l'arranger?". Je ne vous souffle pas mes propres variantes, mais je peux vous assurer qu'il existe peu de jeux aussi propice au procesus de réécriture. D'habitude, les variantes sont dures à mettre en place car si vous bougez quelque chose, ça décale tous les mécanismes qui deviennent bancals. Allez essayez d'arranger un jeu bancal de Colovini comme Islas Canarias, vous allez vous taper une sacré migraine! Ici, rien de tout cela, les défauts étant tellement simples et évidements que les solutions s'imposent un peu d'elles-mêmes. De l'autre côté, comme ce jeu ne manque vraiment pas de qualités, ça donne vraiment envie de le faire fonctionner de façon plus efficace.