Shogun
Ce jeu est sorti le 8 nov. 2006, et a été ajouté en base le 7 oct. 2005 par Monsieur Phal

édition 2006
Par Dirk Henn
Illustré par Michael Menzel
Édité par Queen Games
Distribué par Oya et Atalia

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OU

Il était une fois dans l'Est

S'il est une guerre encore plus féroce que celle qui opposa les daimyos de l'époque shogunale, c'est bien la lutte sans merci à laquelle se livrent les disciples des jeux à l'allemande et ceux des jeux à l'américaine. Et bien, il semblerait que les deux camps aient trouvé en Shogun leur jeu pacificateur, hybride de wargame rageur à base de « paf, dans ta face » et de jeu de gestion « je construis plus pour gagner plus ». Car Shogun n’est pas le genre de jeu qui, étiqueté par ses mécanismes, se range dans des cases bien connues, mais une alchimie subtile faîte de conquêtes, de placement, de majorité, d’enchères, de gestion, et de programmation. Un jeu ni totalement tactique, ni totalement stratégique, mais un jeu d’adaptation permanente qu’il faut comme tous les grands apprendre à dompter.

Servi par un matériel époustouflant, Shogun se démarque tout d’abord par sa fameuse tour, cette bête indomptable qui n’en fait qu’à sa tête, sorte de dé géant et intelligent qui se souvient de tout. Avec elle, rien ne se perd, tout se transforme, et les cubes morts aujourd’hui forgent les victoires de demain. Hasard, donc, oui, mais hasard justicier. Côté cervelle, les neurones eux aussi en prennent pour leur grade, avec les phases de programmation faites de dilemmes toujours plus déchirants, si l’on se donne la peine de rendre maîtrisables les nombreux imprévus.

Les nostalgiques de Wallenstein apprécieront les nombreuses améliorations dont bénéficie cette nouvelle édition : un thème plus exotique et sexy, magnifiquement rendu, la disparition des évènements géographiques vraiment trop inzustes, et un ingénieux système de détermination d’ordre du tour. Bref, que du bon, de ceux qui font d’un jeu excellent un jeu indispensable.

La richesse de ses mécanismes fait qu’on pardonne aisément à Shogun sa durée et sa mise en place difficile : car avec ses trois heures de jeu, Shogun est un jeu que l’on ne sort pour les grandes occasions, mais que l’on savoure en oubliant le temps, et auquel on rêve jusqu’à la prochaine partie.

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