Hadara

de Benjamin Schwer
Hadara
8.65 
26 avis

Description du jeu :

Hadara vous entraîne dans le monde des cultures et des pays de cette planète terre. En savoir plus

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Hadara, une vision très allemande du jeu de civilisation ?

Comme La Couronne d’Emara du même Benjamin Schwer, Hadara paraît assez inaccessible au début, quand une manche seulement suffit à convaincre de la fluidité étonnante d’un pourtant jeu très codifié, dont les étapes s’écoulent très naturellement. Il faut dire que, derrière la quantité de jetons et de chiffres, se cache une grande volonté de lisibilité, d’autant plus admirable qu’elle est parfois très discrète. Ainsi les pistes économique, militaire, culturelle et alimentaire sont-elles par exemple ordonnées sur notre plateau personnel dans l’ordre dans lequel on réalise les étapes correspondantes, faisant figure d’aide de jeu implicite, tandis que le matériel est intégralement non-textuel et adopte des pictogrammes peu nombreux, dont le sens est immédiatement évident.

Même matériellement, notre plateau individuel inspire le désir de faire progresser sa civilisation, avec ces pistes sur lesquelles on éprouve spontanément le désir de pousser notre marqueur, avec des trous que l’on peut combler en y posant des bustes et des sceaux, avec de fines barres de couleur dictant où placer nos cartes… Tout cela participe à l’impression de croître, de partir de rien et de développer petit à petit tout le potentiel d’une civilisation prometteuse. Sans même se perdre, puisque Hadara a le bon sens de nous octroyer dès le début de la partie un avantage personnalisé amené à influer sur notre tactique, et de toujours limiter nos choix juste assez pour qu’on ait la sensation de créer sciemment quelque chose qui nous ressemble.

Beaucoup comparé à 7 Wonders, Hadara n’en partage en fait pratiquement rien. Bien entendu, l’idée de réaliser quelque chose qui ressemble à du draft sur trois époques afin de développer une civilisation dans différentes directions suffit à prouver une influence du premier sur le deuxième, mais Hadara s’en désolidarise sur chaque point, déjà en affichant une abstraction presque totale, tout ce qui a trait à l’Histoire étant immédiatement évacué pour une oeuvre strictement mécanique, ensuite en refusant toute interaction, même indirecte, enfin en reposant sur une véritable salade de points, aisée à calculer en fin de partie bien que très peu visible pendant.

Hadara peut alors légitimement sembler moins « vivant »… et c’est tout à son honneur. Il est en effet captivant qu’au lieu de copier simplement 7 Wonders, même pour le « corriger », plusieurs auteurs en reprennent des éléments aussi directement reconnaissables pour des résultats aussi différents et personnels. Dire de Hadara qu’il est un 7 Wonders abstrait, polaire, mais aussi nettement plus rigoureux, sans doute un peu moins frustrant et excellent à deux, c’est bien avouer qu’il n’a plus, au fond, rien à voir avec 7 Wonders et vaut par une puissance propre assez flagrante.

L'intégralité de mon analyse de Hadara est lisible sur le blog VonGuru : https://vonguru.fr/2020/05/22/hadara-le-7-wonders-mieux-que-7-wonders/
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