Ce jeu est sorti le 18 mars 2016, et a été ajouté en base le 27 juil. 2015 par Docteur Mops

édition 2016
Par Bruno Cathala et Christian Martinez
Illustré par Jérémie Fleury
Édité par Bombyx
Distribué par Asmodee

Standalone 2 éditions
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Dans une telle anarchie, point de fourberies

Voilà, je m'y attendais un peu après avoir vu la tric trac TV et après avoir lu les règles, Fourberies m'a déçu autant qu'Abyss. Ce n'est pas étonnant puisqu'il sort de la même écurie et que c'est encore une association entre Bruno Cathala et un autre auteur.

Venons à ce qui est réussi : l'édition et le matériel. Vraiment de belles illustrations et du bon matériel (pièce en plastique, carte toilée, figurines en plastique dur, théâtre à monter). Vraiment on est dans la même réussite qu'Abyss (on sent le gros travail dans la conception de chaque élément).

Mais voilà, n'en déplaise à toute cette politique du "je veux du matériel à tout prix, le reste étant un peu accessoire", défendu avec perte et fracas par une bonne partie des acteurs du secteurs ludiques (sans doute émerveillé par les promesses juteuses de Kickstarter), un jeu n'est jeu que si il a une mécanique (sinon autant aller acheter un jouet). Et là malaise, à part être relativement vite pris en main et être fluide, le jeu ne tient aucune de ses promesses et surtout pas celle de son titre.

Typique des jeux familiaux "+", on passe son temps à aligner des points par ci par là au petit bonheur la chance. "Tiens j'ai une carte objectif qui fait ça : cool, j'ai déjà les critères requis je marque 8 points, "Ah mince, j'ai cette objectif qui est irréalisable, bon ben c'est 0". On compte à la fin pour s'apercevoir avec effroi que l'on se sépare de quelques points (bien heureux celui qui expliquera pourquoi)

Je n'ai dit pas qu'il n y a rien dans ce mécanisme. J'ai bien saisi les idées de départ (et l'importance de se placer selon les cartes à disposition et selon la place de la ville pour changer l'humeur du roi au bon moment). De beaux dilemmes tactiques sur le papier mais qui dans les faits ne se réalisent pas du fait d'un manque totale de contrôle. Ce jeu est juste anarchique (une dose d'aléatoire ne nuit pas mais là c'est juste le foutoir). A l'image d'un Romans go home, il faut parfois mieux programmer son tour totalement au pif, on s'en sort souvent mieux que si on se met à réfléchir. En tout cas, c'est ce que j'ai fait en milieu de partie, ce qui m'a permis d'être deuxième (c'est pas si mal).

Voila comment faire des coups de putes, des fourberies quand on ne contrôle vraiment rien du jeu adverse. Impossible. Effectivement, on en fait involontairement tout au long de la partie sans vraiment s'en rendre compte, du coup le plaisir n'y est pas vraiment.

Si vous appréciez Abyss (vive le matériel et peu d'exigence sur la mécanique) vous trouverez sans doute votre plaisir dans Fourberies. Sinon....


Comme Géronte dans les Fourberies de Scapin, après m'être fait rosser à coup de pub et de révolution ludique présupposée (Abyss, Time Stories, Bâtisseurs...), j'ai sorti la tête hors du sac, comme d'autre j'espère. Messieurs les éditeurs n'oubliez pas qu'un jeu est avant tout une mécanique. Il faudrait peut-être un peu plus privilégié le développement de cet aspect (équilibrage, rejouabilité) avant de prévoir de passer à la planche à dessin et d'appeler le figuriniste.

On a souvent décrié les jeux allemands (mécanique au poil mais fadeur des univers et mocheté des plateaux ). Je pense qu'avec Fourberies notamment, on atteint la caricature du jeu français (superbes univers et graphismes et mécanique au rabais). De quoi imaginer le meilleur si on envisage un rapprochement franco-allemand !!!

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