Le Havre
Ce jeu est sorti le 26 mai 2009, et a été ajouté en base le 18 mai 2009 par Monsieur Phal

édition 2009
Par Uwe Rosenberg
Illustré par Klemens Franz
Édité par Ystari Games
Distribué par Millennium

Standalone 1 extension 3 éditions
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Dans le port, dame, du Havre, y'a des marins qui triment

Avertissement : Je préviens tout de suite, la filiation de Le Havre avec Agricola et Caylus est tellement forte que cet avis va faire nombre de comparaisons avec ces deux autres jeux.

Le Havre, c'est un jeu pour optimisateurs fous !

On y reconnait la patte de l'auteur d'Agricola, avec son graphisme limite enfantin, ses multiples ressources, ses phases de récolte et la nécessité de trouver de la nourriture. L'ascendance de Caylus y est encore plus forte qu'elle ne l'était dans la version fermière, avec des bâtiments qui sont construits (ou achetés) par les joueurs et constituent autant de cases où l'on pourra par la suite envoyer nos... notre ouvrier (eh oui, dans Le Havre, on n'en a qu'un).

Toutefois ce que le Havre pousse à son paroxysme à un point que je n'avais encore jamais vu avant, c'est cet aspect de gestion des ressources qui peuvent toutes évoluer et remplir plusieurs objectifs. Les boeufs peuvent être expédiés pour rapporter de substantiels bénéfices, ou envoyés à l'abattoir pour se nourrir. Le bois peut servir de matériau de construction, ou apporter de l'énergie. Il n'y a pas moins de huit ressources différentes existant toutes en deux états (argile/brique, boeuf/viande, fer/acier...), plus l'argent (des francs, un joli petit goût de nostalgie). Le seul jeu auquel je peux penser qui se rapproche de cette façon de voir les ressources, c'est Roads & Boats, mais là si les ressources se transforment également, elles servent toutes à la même chose : la construction.

Le jeu tourne bien, il est facile à expliquer, mais il faut deux ou trois parties avant de mieux voir comment les bâtiments peuvent "comboter" entre eux. Car c'est en effet là que se situera la clef du succès, trouver le cheminement entre les bâtiments qui permettra le mieux de faire fructifier son pactole de départ. Quels bâtiments construire ? Ou bien plutôt les acheter ? Quels bateaux ? Une alimentation à base de pain, de viande ou de poissons ? Tout comme Agricola, les choix ne manquent pas, et le tout s'enchaîne avec une fluidité, une logique et une cohérence déconcertantes pour un jeu de ce calibre.

La façon dont les bâtiments arrivent en jeu, pas toujours dans le même ordre, est le moyen choisi par l'auteur pour faire varier les parties, là encore un peu comme les actions de chaque période dans Agricola. Ceci plus quelques bâtiments spéciaux venant chambouler l'équilibre des bâtiments standards. Mon premier doute se situe là : même si on ressent bien l'effet de leur présence, je crains que l'on n'utilise qu'un trop petit nombre de ces bâtiments spéciaux à chaque partie pour que le jeu se renouvelle pendant aussi longtemps que ce que l'association des aménagements mineurs et des savoirs faire permet dans Agricola.

Ma seconde réserve, c'est que contrairement à Agricola, le thème de Le Havre est bien moins universel. Dans le Havre, on ne s'amuse pas à bâtir notre quartier en posant les bâtiments sur des cases de rues, ni à stocker nos poissons dans un bassin. La manipulation du matériel reste abstraite, les bâtiments sont des cartes alignées devant nous, et les ressources sont des pions carrés empilés les uns à côté des autres. Tout ce matériel est bien pensé en termes d'ergonomie, il contient tout ce qu'il faut pour jouer confortablement (un pion ressource porte un icône indiquant combien de nourriture il apporte, ou d'énergie, et sa valeur en francs, et si on le transforme il suffit de le retourner), mais il paraît plus "froid" et ne séduira pas un public aussi vaste et autant en dehors de la cible initiale que ne l'a fait le "jeu de dinette" Agricola.

En conclusion Le Havre est indéniablement un excellent jeu, mais peut-être un peu trop calculatoire à mon goût pour surpasser d'autres jeux pourtant moins parfaits. Mais si vous êtes fans de Caylus et de Dominion, alors à moins que vous ne soyez allergique à son thème, c'est un jeu qui devra absolument entrer dans votre ludothèque.

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