Asteroyds
7.33 
109 avis

Description du jeu :

Dans le système Ujitos, un champ d’astéroïdes aux trajectoires plus que chaotiques, l’Essaim Perdu. Nulle richesse, nul filon minéral précieux.Ujitos n’a aucune valeur stratégique, ni pour la Fédarchi... En savoir plus

Prix de vente conseillé : 40,00 €

Dans l'espace, personne ne vous entendra VROOAAAAARR !!!

Tout d'abord, je sais : il n'y a pas de bruit dans l'espace... Et puis s'il y en avait, des vaisseaux spatiaux ne feraient pas "vroar". Et à tout ça, je n'ai qu'une réponse : On s'en fout ! :)))

La plus grosse surprise, c'est que fait ce jeu dans la gamme Ystari ? Cyril Demaegd, "monsieur Ystari", l'a lui-même expliqué : ce jeu fut pour lui un coup de coeur, et il a donc tenu à l'éditer. Un risque pour ce jeu qui pourrait alors passer à côté de sa cible, mais nul doute que le buzz qui commence déjà à bien se faire entendre saura remédier à ce handicap bien mineur.

Alors Asteroyds, c'est quoi ? C'est une boîte à outils. C'est un Lego avec quelques exemples pour commencer, qui vous donneront vite envie d'en inventer d'autres. Après, comme pour les Lego, certains se contenteront peut-être de reproduire les exemples fournis, puis passeront à autre chose ("aux filles" me répondront certains connaisseurs d'humour de cour de récré...).

Asteroyds est donc un jeu de course de vaisseaux dans un champ d'astéroïdes (oui, c'est comme ça que ça s'écrit, normalement), où chaque joueur va se mettre dans la peau du pilote qui voit évoluer devant lui ces rochers en dérive dans l'espace et va devoir en déduire quelles voies vont pouvoir s'ouvrir à lui. Le tout bien évidemment très vite, car aucun vaisseau n'est équipé de la commande "Arrêt sur image". Dans la boîte on trouve les vaisseaux, les tableaux de contrôle (des fiches de pilotage) et des pions pour marquer les commandes, quelques éléments de décor fixes, et tout un tas d'astéroïdes de différentes couleurs (rouge, blanc et bleu), aux propriétés de déplacement variées. Et puis surtout : un chronomètre. Le jeu est un petit peu long à mettre en place quand on n'en a pas encore l'habitude, mais ensuite il est très fluide, et bien prenant. Il s'explique vite, et une partie dure généralement de 30 à 45 minutes, ce qui en fait un format très accessible, et qui encourage les parties successives. De plus, c'est un jeu où l'on progresse au fur et à mesure des parties, quand notre cerveau s'habitue à la gymnastique de suivre ces satanés rochers, et c'est là un sentiment extrêmement gratifiant quand on a correctement anticipé une trajectoire un peu compliquée.

Le jeu est simple, je l'ai dit : Un, on lance les dés. Deux, on démarre le chronomètre. Trois, on a quelques dizaines de secondes pour observer le déplacement des astéroïdes en fonction de ce que nous indiquent les dés et pour programmer nos propres actions. Quatre, on déplace les astéroïdes conformément aux dés (grimaces, exclamations de surprise ou de joie...). Cinq, on déplace notre vaisseau conformément à notre programmation. Puis on recommence.

Certains joueurs s'inquiètent de l'interaction dans tout ça. D'autant que l'on ne peut pas tirer sur les vaisseaux adverses (faux: on peut. Juste, cela ne leur fait rien). Elle est pourtant présente, d'une manière quelque peu insidieuse : la prise de risque. Celle qui vous fera programmer quelques déplacements de plus dont vous n'êtes pas sûr si vous vous sentez un peu à la traîne, ou au contraire vous fera lever le pied si vous pensez avoir une avance confortable (le lièvre, la tortue, tout ça... vous connaissez ?). Autre prise de risque : la petite règle très bien trouvée de l'énergie prise au bouclier.
Un scénario propose également de jouer en équipe, et là il vous faudra communiquer avec vos coéquipiers pour optimiser vos actions (à deux sur la même cible, c'est du temps perdu)...

Et le Lego ? Eh bien la règle d'Asteroyds vous propose trois modes de jeu, dont un se dédouble selon que l'on utilise le tir ou pas. On a donc 4 expériences de jeu différentes. Mais cette règle vous encourage également à aller plus loin en imaginant vos propres scénarios originaux. L'éditeur envisage même de récompenser et publier sur son site les meilleures idées qui lui seront proposées. Il ne fait aucun doute qu'une communauté bien active va faire vivre ce jeu...

Des défauts ? Oh, on peut toujours en trouver. Côté design, les graphismes sont superbes, mais je ne suis personnellement pas super fan de l'ambiance assez sombre que dégagent les illustrations des pilotes. Et pour les vaisseaux, je trouve qu'ils font penser à un croisement improbable entre une chaussure et un fer à repasser, mais bon, tout le monde ne peut pas se payer Syd Mead. Trouver de jolies figurines en remplacement pour personnaliser son jeu rentrera dans l'aspect boîte Lego de l'ensemble, et fera de jolies photos dans les forums...

On peut se demander quelle est la place de ce jeu par rapport à Roborally : ce sont deux jeux de programmation, deux jeux de course dans une thématique plutôt science fiction. C'est sûr qu'ils partagent plusieurs points communs, mais je les trouve quand même suffisamment différents pour qu'ils ne se fassent pas trop d'ombre. Asteroyds est plus facile à sortir grâce à son accessibilité et sa durée, et il est également un meilleur choix avec un petit nombre de joueurs. Mais Roborally conserve certaines qualités qui lui sont propres, comme la variété des éléments de décor (surtout si on possède les multiples extensions), et l'interaction forte des joueurs les uns sur les autres. Autre point commun : Roborally aussi est une boîte à outils avec laquelle de nombreux joueurs ont déjà élaboré de multiples variantes trouvables un peu partout sur le net.

Simplicité, fluidité, incitation à la créativité, tension et surprises. Tout cela fait d'Asteroyds une véritable petite bombe ludique si vous appréciez les jeux un peu (mais pas trop) casse-tête et où il faut réagir dans l'urgence. Dans le genre Jungle Speed ou Ricochet Robots par exemple. Attention cependant, une petite difficulté est à prévoir si vous ne distinguez pas instinctivement votre droite de votre gauche...

Han Solo ? Quand il veut je le prends dans l'arène, et en vol inversé même !

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