Daltonien quand tu nous tiens !

8,0

La première réaction lorsque l'on ouvre la jolie boîte de Magna Grecia est de se dire : mince ils n'ont mis qu'une couleur, il y doit y avoir une erreur. En y regardant de plus près, on constate qu'il y a bel et bien 4 couleurs : marron, rouge, orange et jaune. Etant daltonien, j'ai hésité à acheter le jeu, et finalement ces couleurs assez proches ne m'empêchent pas de jouer et me gênent moins que ce que j'aurais cru. Je conseille quand même de suivre les conseils de Francois Haffner :
tracer des traits au feutre sur les bords des routes et d'utiliser des dés pour indiqué le nombre de connexion de chaque ville/village. Cela améliore grandement la lisibilité et rend le jeu moins prise de tête.
Une réédition est en cours avec une plateau verdatre afin de palier à ce petit problème de couleur.

Côté règles, même si celle-ci ne sont pas vraiment compliquées, elles sont particulièrement difficiel à ingurgiter lors de la 1ere partie car très peu intuitive. Il faut notamment bien insister sur la manière de marquer des points car il n'est par rare qu'un joueur s'apercoive qu'il a mal compris une fois la partie terminée...

Côté tactique, c'est chaud, surtout à 4 joueurs :
On connait l'ordre du tour présent ainsi que le suivant. Ceci est determiné de façon aléatoire par le tirage des tuiles. On peut se retrouver à ne pas jouer pendant 6 tours de joueurs, ou au contraire jouer 2 fois de suite. C'est très important à maîtriser car pour pouvoir faire un gros coup, il faut parfois attendre cette opportunité.
Il faut aussi surveiller les possibilités des autres joueurs si on ne veut pas qu'un joueur par exemple fusionne 2 villes qui en fait une tellement importante qu'elle contrôle beaucoup d'Oracle. C'est quasiment partie gagnée lorsque cela arrive.
C'est facile à dire, mais vu le nombre de possibilité, la planification, la gestion difficile des ses tuiles et de ses points de victoires (nécessaire pour construire des villes et mettre des marchands), maîtriser son jeu ainsi que celui des adversaires tient de la gageure.

Côté stratégique, là aussi ça assure :
il faut savoir choisir les meilleurs emplacements pour ses villes : près des oracles, avec de l'espace de façon à pouvoir grossir pour avoir un maximum de connexions, pas trop près du bord à cause du manque d'espace, à côté d'une de ses propres villes pour pouvoir les fusionner. Mais contruire des villes et les faire grandir coûtent de précieux points de victoires, il faut donc jouer habilement ses marchands de façon à spéculer sur un village qui promet. Le nombre de routes étant très limité, il faut savoir économiser en mettant faisant beaucoup de petites routes plutôt que quelques grandes routes qui rapporteront moins de points.

A 3 joueurs le jeu ne s'éclate pas sur l'intégralité du plateau alors pensez-y lors de votre 1ere partie de façon à éviter de se retrouver un peu seul...
Je suis d'ailleurs étonné que le plateau soit le même à 2, 3 ou 4 joueurs. Un plateau de différentes tailles tel que celui de Durch Die Wuste aurait été appréciable.

En résumé un grand jeu stratégique et un peu prise de tête, qui aurait mérité ses 5 étoiles avec un matériel plus pratique.

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