Chudik sa mère !

10,0

Il avait commis Glory to Rome, avec le succès qu'on connaît désormais au jeu, pour lequel j'avais aussi laissé un avis absolument hilarant et écrit d'une telle manière que Victor Hugo en resterait tout coi, oui je m'aime, mais seulement au 4ème degré, bref passons.

Il avait donc commis GtR, mélange de chaos foutraque et de combos outranciers. Un jeu ravageur, qui n'eut pour seul défaut que l'immobilisme dans lequel deux joueurs de même niveau pouvaient finir par tomber.

Quelques temps plus tard, donc, le nouvelle parcourait le monde ludique initié à GtR, de la même manière qu'un frisson vous caresse l'échine : Chudik revenait avec, dans sa malle, un nouvel effort, un nouvel opus. Stupeur et tremblements.

Premiers avis lapidaires sur la toile de quelques joueurs pressés de s'exprimer, premiers retours dégueulasses donnant autant envie de découvrir Innovation, puisque c'était le titre de ce nouveau Chudik, que de bouffer en tête à tête avec Martine Aubry en string.

A l'exception de certains qui semblaient avoir rapidement vu clair dans le jeu, le nouveau Chudik était : chaotique, incontrôlable, sans thème, nul, crotte en stock, passez votre chemin, amenez-moi Martine Aubry ! La naissance en VF d'Innovation puait l'arnaque, à en croire les précoces et les pisse-froid qui, parfois, ne sont qu'une seule et même personne, les pauvres.

Je me rendais toutefois chez mon dealer du coin, et tombais nez à nez avec cette boîte estampillée Iello, d'un superbe format bouquin, dont le rabat est aimanté à la manière de leur précédent Biblios. Nom d'un chien, j'en aurais le coeur net, il me fallait ce jeu, moi l'adorateur de GtR. Chudik ne pouvait pas avoir craqué son slip du jour au lendemain, impossible, le string de Martine n'aurait pas raison de ma fidélité à Carl.

Quelques semaines plus tard, après une lecture de règle franchement claire quoiqu'un peu lacunaire, partie à deux. Et le verdict est tombé. Immédiat. Aussi froid qu'une mise à mort dans Dexter. Quelle bombe. C'est bien simple, ce jour-là, vous m'auriez mis, côte à côte, la boîte d'Innovation et Alessandra Sublet (à ce moment de mon récit, certains tapent déjà ce nom sur Google images ; allez-y, c'est de bonne guerre), pas sûr que j'aurais choisi cette femme magnifique au charme très français. Innovation était une bombe, un jeu à nul autre pareil.

Fini le joyeux bordel de GtR, Innovation a comme mis un peu de sagesse au fond de son chaos. Et pourtant, à un néophyte peu habitué aux jeux à combos, le jeu semblera toujours aussi bordélique, aussi docile qu'une meute de lions en rut.

A l'usage, il s'avère néanmoins ultra-technique quoique simple dans ses mécaniques. Terriblement addictif. Source de tellement de rebondissements. Haletant. Et potentiellement violent.

Depuis, Innovation a semble-t-il rencontré le succès qu'il méritait, non sans un certain prosélytisme, d'abord léger, de certains TTciens parmi lesquels Fdubois (et même moi). Jusqu'à ce qu'un des nôtres sorte la très grosse artillerie à coup de posts dédiés ou traitant des stratégies, absolument vertigineuses, que réserve le jeu. Innovation lui doit beaucoup, probablement, il se reconnaîtra, et les habitués de TT aussi...

Jeu dense, foisonnant, mouvant, où se mêlent combos, majorité, superbe édition, relativement rapide (compter 45 minutes à 1 heure à deux), Innovation se pose-là.

Son seul défaut, mais c'est désormais de notoriété publique, est que la configuration 4 joueurs est à fuir comme un tête à tête avec Martine Aubry en string, à moins de lui préférer la variante en équipe (mais toujours pas avec Martine Aubry, non, n'insistez pas).

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